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Du commun, ou critique d'une sociologie politique

suivi de   Des Cultures Populaires, métamorphoses précarisation pérennisation.
Deux essais de J. Deniot&J. Réault
(2007, 2010)

Dernière modification 24  février 2010

 Dans une série  ainsi ouverte, Projets et utopies Lestamp -                     

 LestAmpAssociation Laboratoire d'Etudes Sociologiques des Transformations et Acculturations des Milieux Populaires. //www.lestamp.com/ ; Newsletter  www.sociologie-cultures.com
Joëlle DENIOT&Jacky REAULT, Du commun suivi Des cultures populaires   Jacky REAULT&Joëlle DENIOT, Du commun suivi de Des cultures populaires
 

« Il y a forcément entre les individus, même des classes les plus opposées ou castes les plus distantes, un fond indivisible d’impressions, d’images, de souvenirs, d’émotions. L’âme individuelle soupçonne à peine tout ce qui entre en elle de vie sociale, par les oreilles et par les yeux, par les habitudes collectives, par la communauté du langage, du travail et des fêtes, par les tours de pensée et ces passions communs à tous les individus d’un même groupe que les influences multiples de la nature et de l’histoire, du climat, de la religion, de la guerre, de l’art ont largement façonné ». (la patrie) « la multiplication de l’âme individuelle par l’âme de tous »

Jean Jaurès, cité part J P Rioux Jean Jaurès, Perrin 2009. Via Philippe de Saint Robert, Valeurs actuelles 8 au 14 octobre  2009-

   
Jacky Réault (Rome aôut 2009) L'Hermès des Medicis entre terre et cosmos  

Le commun homérique de la parole ailée

 

 

 

 

Hermès des Medicis, Photo de
Jr Rome 2009

 


Préalable réflexif sur le sens du commun,  vers à un Manifeste Pour un lieu commun des sciences sociales vers une revue en ligne du

 Lestamp Association

Ce texte constitue un appel à contribution vers revue en ligne Lestamp-association
[1]

 ___________________________

Du commun …
ou critique d’une sociologie politique


Sur fond de dogme établi de la « coupure épistémologique », toute une sociologie bien-pensante s’est mise en devoir de débusquer le commun, toutes les formes du commun : langage, représentations, expériences, formes d’existence d’être et de vie. Cette rupture des clercs par rapport à la connaissance ordinaire (Michel Maffesoli), la transforme en tradition nostalgique ou tissu de préjugés. Cette rupture des clercs par rapport au peuple en fait un objet d’étude à désigner et à normaliser.

Cette logique débouche sur une intériorisation de toutes les coupures, incluant la censure de sa propre intuition et de ses propres savoirs. La sociologie se donne alors comme métalangage de la prénotion. Dans cette perspective constructiviste fortement métaphysique, malgré ses déclarations, l’enquête de terrain n’est plus perçue comme simple source d’information, devient une sorte de mythe - alibi de la réalité toujours gommée. L’obsession de légitimité militante par le terrain est alors l’effet pervers de la négation du réel par le construit.

Depuis plusieurs décennies d’autres réflexions y compris sociologiques se sont interrogées sur les arrière-plans, les impensés et les conséquences d’une telle séparation de l’ordinaire, du commun, assimilés au vulgaire et à l’insignifiance, c’est dans le fil de cette raison ouverte que nous situons notre appel à communication autour de quatre axes indicatifs. 
 

Tensions entre le commun et la totalité

Le premier sens de commun passé en français est celui de « relatif au plus grand nombre ». Aussi le commun nous parle t-il du populaire mais de façon usuellement péjorative. La perception du commun ne s’abolit- elle pas d’entrée dans l’opposition Plebs/Populus de la tradition juridico-politique ? La plebs dans ce schéma devient, dans les temps modernes, redoutable métonymie du peuple. On la retrouve en acte dans les dérives totalitaires de révolutions, on la voit régner dans une sociologie du mépris avec ses classes supérieures qui appellent des inférieures(Lower classes), avec sa phraséologie du haut et du bas, son romantisme frelaté des classes paria. L’actuelle opposition peuple/élite, durcit encore ce partage alors que la notion d’élite est transversale, alors que le peuple a ses élites, ce qu’une telle vision lui dénie. Le peuple ne serait-il pas désormais à penser dans une articulation entre le tout et de nouvelles oligarchies, elle-même définies comme groupes ou appareils séparés de pouvoir ? Mais une difficulté nouvelle pourrait résider dans l’éventuel délitement du tout référentiel : territoire, langue, civilisation, religion, société …Et ne faudrait-il pas aussi réinterroger le rapport classes/nations à l’instar d’Emmanuel Todd (Aux origines du malaise politique français, Cahiers de la Fondation Saint-Simon octobre 1994.) ? Le commun ou le troisième terme du populaire, à l’interférence du peuple social et du peuple national sur fond de culture et de mémoire ?
 

Les raisons du commun

Com-munis : le mot légué par Rome lie le partage des «charges», de la matérialité de l’existence sociale et le partage d’un devoir. Il lie raison du réel et raison morale.

On peut considérer la notion de Common Decency (George Orwell) comme l’intuition partagée de formes civilisatrices élémentaires d’une inter-humanité sans cesse menacée de régression et sans cesse à reconquérir. Cette strate du commun, un populaire transversal, ne se résout pas dans la fragmentation sociale des classes, elle est la base d’une normalité anthropologique dont seules les classes mondialisées revendiquent la séparation, « la libération ». De ce point de vue les média ne symbolisent plus une scène commune. Les classes populaires entendues comme nébuleuse aux frontières floues et dans un pluriel non classificatoire, à l’opposé de leur victimisation, et malgré l’écart à la norme de violence, d’emploi, constaté dans les familles apparaissent très engagées dans la défense de leur image (l’honneur, une requête populaire ?). Classes populaires gardiennes des fondamentaux moraux, scandalisées, agressées par le mépris lancé du haut. Non pas le peuple rousseauiste, mais un peuple contraint à des mobilisations morales pour survivre. Qu’en est-il d’une politique du peupleretrouvée sur le temps long par l’historien Roger Dupuy, virtuelle ou réelle selon les conjonctures ?

Loin d’être reléguable dans « un bas », le populaire en tant que commun renvoie aux grandes fonctions de reproduction de la société. Dans la culture, n’est-il pas le porteur d’une raison réaliste, celle qui selon Georges Devereux hiérarchise les pratiques sociales, leurs valorisations et leurs symbolisations? Ou le pari d’un populisme théorique, disant qu’il existe dans les classes populaires et dans d’autres une mobilisation conservatoire autour des fondamentaux ?

Mais la raison a ses envers… Ne peut-on pas aller jusqu’à établir un lien avec l’anthropologie de René Girard, de la violence fondatrice toujours latente et aussi devoir affronter l’irréductible ambivalence du commun, coagulé en communautaire de survie, éventuellement jusqu’à la désignation d’un des siens comme victime sacrificielle ?
 

 Les communs de l’expérience

Les auteurs qui se sont préoccupés de réhabiliter le commun, l’ont d’abord pensé comme monde sensible (Michel de Certeau, Pierre Sansot), ou bien comme cette trame de la vie ordinaire (Claude Javeau), ou encore comme cette trace de ritualités primordiales où s’ancrent et se transmettent des cultures de l’oralité, du langage, du silence, de l’émotion, du corps, de ses modes sexués d’apparaître et d’être. Sur ces communs de l’expérience, dont les modalités sont multiples, il convient entre autres, de s’interroger sur différents thèmes qui font débat :

•D’abord, dans le cadre des restructurations actuelles de la vie salariale et familiale, dans le cadre de cette métamorphose des temps sociaux qu’en est-il des temps communs, cadre des interactions vivantes ? Qu’en est-il des jours partageables et des fêtes communes ?

 •Qu’en est-il des repas, des pratiques alimentaires et notamment en milieu populaire ?

•Qu’en est-il des jeux communs ?

•Qu’en est-il des arts communs ? Sont-ils ces arts de rue récemment institués comme Royal de Luxe ?Ou est-ce encore la chanson, quand, à la mort de Pierre Bacheley au printemps 2005, tout le stade reprend  « Au Nord c’était les corons », on peut le penser ? Ou bien est-ce le festival de Lorient, pris ici comme simple exemple de tout ce mouvement de « revival » que l’on ne peut biffer d’un trait en le désignant comme folklore ? 

•Qu’en est-il des lieux communs :

- ceux de la langue dans un contexte médiatique, sociétal où est entretenue la plus grande confusion entre langue du clan et langue commune (cf. toute la démagogie réitérée autour de la langue « des banlieues » et l’apologie des 500 mots pour tout dire)

- ceux des espaces tels les centres commerciaux qui drainent des foules, et dans cette logique que deviennent les centres ville se dépeuplant au double sens du terme ?

•Qu’en est-il des communalités d’une autre nature (tchat, texto etc …) ?

• L ‘usage de la loi a-t-il cessé d’être un commun ?

•Qu’en est-il  de la religion populaire (Alphonse Dupront « Du sacré’ ) ?
 

Communalités historiques

Le commun, c’est aussi ce qui institue en différents moments historiques, tout ou partie des communalités issues de la « société ». C’est l’encellulement d’abord, de l’espace français dans les plus de 40000 paroisses qui deviendront les communes de la révolution qui restent, et pas seulement dans l’étendue rurale, le cadre le plus vivant et le premier identifiant de la vie démocratique moderne. C’est la construction autour de ce thème d’une chaîne de formes qui, de la revendication antiféodale de la commune bourgeoise médiévale jusqu’à la Commune de Paris, développe de l’utopie réaliste entre démocratie de base et liberté à l’égard des féodaux ou des appareils d’Etat centraux ; c’est sa cristallisation fédérative, proudhonienne et anarchisante.

C’est la lente émergence et la cristallisation révolutionnaire du concept de nation, peuple constitué, comme monarchie parlementaire puis comme république. C’est le branchement de l’idée des communalités de classes, voire d’ensembles populaires (milieux à bases diverses), sur l’idée nationale et révolutionnaire et au-delà internationale. Mais après l’impression d’un affadissement républicain, voire pour certains, d’une obsolescence qui serait un fatal et positif effet de la mondialisation via l’européisation, sur l’organicité de la nation et sur la souveraineté du peuple, n’est-ce pas le retour d’un républicanisme de résistance anthropologique, maintien de la transcendance de la loi sur les privilèges ethniques ou régionaux, contre les re féodalisations (le réseau contre le commun ?) ? N’est-ce pas aussi le retour d’un républicanisme de résistance politique, la requête de la souveraineté comme mode d’affrontement actif à la mondialisation, la reviviscence d’une mémoire nationale après le temps immobilisé « des lieux de mémoire » ?

C’est le retour peut-être de communalités plus culturelles entre ethnicisation des revival et celui de plus redoutables identifications en de vastes ensembles religieux ou civilisationnels (l’occident, la chrétienté, l’Europe peut-être, au delà du marché). C’est l’interrogation inévitable sur le rapport de l’utopie et de la réalité du communisme avec d’autres communalités territorialisées ou familiales, seule interrogation capable de permette des hypothèses sur son épuisement historique éventuel. L’idée qui court d’un monde commun surgi de la mondialisation est-elle compatible avec le maintien des communalités concrètes qui constituent depuis toujours le tissu de la vie des hommes ?

 La partie introductive questionnant les sciences sociales dans leur rapport au commun en tous ces modes, thématique forte pour ce numéro de lancement de la revue, constitue de fait un cinquième axe de réflexion pour cet appel.

[1]joelle.deniot@wanadoo.fr  et/ou à jacky.reault@wanadoo.fr Titre de la revue Pour un lieu commun des sciences sociales Revue du Lestamp Association

Titre du premier numéro
Du commun … ou critique d’une sociologie politique

Objectifs de création de la revue
Dans le fil du colloque interdisciplinaire « Les sociétés de la mondialisation » des 4.5.6 Décembre 2004, Le Lestamp-Association lance, dans le fil de son site, www.sociologie-cultures.com ,  sa revue en ligne « Pour un lieu commun des sciences sociales ». Cette revue électronique en accès libre pour en assurer une meilleure diffusion, sera thématique. Chaque thématique fera l’objet d’une proposition d’axes et de fils conducteurs de la part du comité scientifique. Son premier numéro s’intitule « Du commun … ou critique d’une sociologie politique ». Le texte d’appel figure dans cet envoi. Ce sont tous les universitaires et intellectuels se reconnaissant dans une définition ouverte des sciences sociales et trouvant féconde, au-delà des disciplines académiques, la transversalité des échanges, qui sont conviés à cette revue et ses débats.

Fonctionnement, réalisation La revue aura trois numéros par an. Son premier numéro paraîtra à la fin Novembre 2010. Le comité de rédaction fonctionne comme comité scientifique ; il se compose pour l’heure des membres fondateurs du Lestamp-Association, Pierre Cam (sociologue de l’emploi et du droit social), Joëlle Deniot (sociologue, anthropologue du travail ouvrier, de la vie ouvrière, des cultures et notamment de l'esthétique populaires), Bruno Lefebvre (anthropologue de l’entreprise et des mobilités salariales), Jacky Réault (historien et sociologue des espaces-temps de la prolétarisation, des formes de vies et des cultures populaires en France), Anne-Sandrine Castelot (sociologue, ethnologue du syndicalisme des cadres), Son élargissement à des personnalités extérieures sera rendu public lors du lancement du N° 1. Alexandre Dorna pressenti a donné un accord de principe.

Contenu de la revue autour de trois rubriques

La  revue est organisée autour de trois rubrique -Une dizaine d’articles sélectionnés autour de chaque thème proposé--Deux ou trois articles hors thème donnant une souplesse de publication, - Une rubrique de compte-rendu critique sur des textes majeurs (anciens ou récents) des sciences sociales

Normes éditoriales Les articles ne devront pas dépasser 40000 signes, espaces compris. L’intégration de documents visuels (sous format JPEG)  est la bienvenue. Nous pouvons aussi envisager la réalisation d’insertions sonores, rarement utilisées mais décisives pour certains sujets. -(Les notes et les références bibliographiques doivent être établies selon le système « français », en bas de page et numérotées de façon  continue.

Soumission des textes

Les propositions d’articles doivent être envoyées par voie électronique, en format Word et RTF à joelle.deniot@wanadoo.fr  ou à jacky.reault@wanadoo.fr

Pour le premier numéro, nous proposons l’établissement d’un premier contact sur présentation brève (1500 signes maximum) de la thématique envisagée. Une réponse vous sera faite à ce premier envoi. Le texte définitif de l’article devra être proposé au comité de lecture.
 

[2] Depuis la rédaction de ce texte J Réault a publié Peuple politique peuple social peuple sociétal, dont le troisième terme est un autre mode d'approche du commun et constitution un développement relativement inédit quoique annoncé dans ce texte commun.

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Des Cultures populaires

Métamorphoses précarisation pérennisation

Vous avez dit cultures populaires ?

 Ce syntagme pose toujours problème puisqu’il combine deux notions polysémiques à enjeux sociaux forts. Par cultures populaires au pluriel ( !) nous visons toute une combinaison de pratiques où se donnent à voir, à entendre, à comprendre des types de symbolisations, de stylisations du rapport à soi, à l’unité domestique, aux groupes d’affiliations informelles ou institutionnelles et ce dans des écosystèmes sociaux toujours localisés, toujours historiques [ Jacky Réault, 1989,1996, 2007]. Le terme de cultures populaires ne renvoie pas au concept d’ambition idéologique et homogénéisante de classe, mais au concept plus descriptif de milieux à paysage composite sur frontières floues. Refoulé par les discours sociologiques fuyant l’hétérogénéité (problématique des champs focalisée autour de Pierre Bourdieu en tête et problématique marxiste et néo-marxiste incluses), effacé des discours politiques délégués au novlang des experts, parlé via le seul angle de la dérision sur les scènes médiatiques, le schème du populaire se heurte d’abord à toute une série d’obstacles a priori de la représentation qui en dissuade l’approche théorique exigeante. Ces obstacles sont pourtant un peu vains puisque ou bien réinventées sous le mode du revival (langues, décors, apprentissages) ou bien souterraines (Michel de Certeau ne voyait-il pas le populaire comme cette strate la plus silencieuse de la culture attachée à nos gestes les plus quotidiens ?) ou bien résistantes ou bien simplement, radicalement diffuses, les cultures populaires ne cessent de se manifester. Elles se manifestent dans leur altérité (ne sont-elles pas cet étrange étranger de l’intérieur ? Michel de Certeau, encore) et a contrario dans leur capacité à créer des imaginations communes- cette instance décisive du passage à l’état de société selon Castoriadis. Car le populaire ne se réduit pas à sa plèbe (dans le schéma vertical des stratifications) mais renvoie également à ce qui réunit un populus dans une histoire (selon le schéma horizontal des singularités). Aussi ces cultures populaires dans leur actualité instable sont-elles l’un des topoi décisifs de ce moment critique des sociétés en ce monde contemporain dont nous cherchons les problématisations transversales.  

 

Des identifications déstabilisées

 Le temps n’est plus où l’écrin-écran d’une culture ouvrière [Joëlle Deniot, 1996] d’abord mise en cohérence et en récit par des appareils militants encore largement représentatifs, pouvait servir de fiction positivement identifiante pour des acteurs dont la subjectivité ne s’est d’ailleurs jamais réduite à cette seule dimension de métier et de rapport social. Le tropisme exercé par la culture ouvrière sur des cultures apparentées par lignage, mariage, proximité vicinale ou statutaire (paysanne, artisane, salariés intermédiaires) est par là même menacé de désuétude. Les cultures populaires ayant perdu cet emblème historique leur permettant de faire face au désaveu, à la minoration quels sont les ancrages conservatoires, les lieux et les modes renouvelés de leurs expressions, de leurs pratiques, de leurs mobilisations ?

 

-          N’est-ce pas dans ces mondes ruraux, si déniés du modernisme, que les ethnographes de la consommation (Nicole Tabard), les sémiologues de l’espace continuent de trouver le tissu le plus serré de représentations, d’émotions, d’actions, noyau d’un populaire encore rayonnant face aux cultures sans sol des mégapoles ?

-          N’est-ce pas là aussi ou dans ces ambivalents univers rurbains qu’un ultime et vivace sanctuaire se manifeste sous nos yeux, de ce que Roger Dupuy (Fayard 2002) nomme la politique du peuple, à travers les révoltes usinières ?

-          N’est-ce pas aussi ce commun du populaire que l’on retrouve sous le marqueur si trivial de la quantité marchande des cultural studies (Stuart Hall, Eric Maigret) ?

 

 

Vers un monde d’hommes dépeuplés ?

 Cette part de déréalisation du populaire est au centre du questionnement de l’habiter pris en ses sens allant du plus spatialisé au plus intime. Ce qu’un « bon sens commun » désigne comme fuite du sens, n’est-il pas la perte de ces fondamentaux anthropologiques, des sexes, des âges, des ascendances, auxquels s’accrochent – ce n’est peut-être pas seulement un préjugé- les milieux populaires qui persistent à s’identifier eux-mêmes ?  Car il s’agit de penser un monde non pas polarisé entre culture populaire et culture savante, mais un monde où se joue une mise en crise réciproque des cultures populaires et des cultures lettrées, également menacées par le nivellement médiatique et central du monde et cherchant séparément ou conjointement des modes de résistance. 

Joëlle Deniot,  Jacky Réault, 27 janvier 2010, Projet de présentation d'un axe de recherche pour l'ea Habiter-Pips de l'Université de Picardie Jules Verne 

 

  Marché aux tissus à Istanbul hiver 2008-2009 Photo PM Réault.
 Le populaire du commun Femmes et tissus à Istanbul P Manuel Réault 2009   

Le populaire ou le commun Les femmes et le tissu Istanbul P Manuel Réault 2009

 


 


 


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