Joëlle Deniot, une nouvelle anthropologie de l'art passant par une sémiologie

 Ouvriers de Saint-Nazaire
 La Star Ac 2005
 
L'envers du décor
 
De la bricole à l'œuvre
 La passion de l'automobile
 Militer pour exister
 Parlers ouvriers 

 Nicolas et Ségolène 2007
 Le marché des services

 Ethos de la juste mesure
 Militer au féminin
 Europe et main d'
œuvre 
 Le parcours des étudiants   

 Images pour une voix E Piaf

 

Essais de Joëlle Deniot Jacky Réault

 Inter-dit sociologique

 Alter/Anti-mondialisme   
 Enjeu d'un dépassement
 Rapport à l'écriture
 Apocalypse à Manhattan
2001

 Du commun Du populaire

 Ethos de la juste mesure

 

 Les peuples de l'Art
 Libre prétexte
 De
Bretagne... d'ailleurs
 D'encre et de lumière
 En bordure de voix
 Compétences relationnel ll es
 French popular music
 Territoire&profession

 Espaces,Temps-Territoires

 
Tribune libre suivi d'un essai de Jacky Réault, Retour des peuples Voir aussi Sociologie politique (nouvelles)

Retour des peuples  ?
-Les milieux populaires

du Non français

 à l'Europe oligarchique 

 Etude sur l'évènement 2005 :

 

-Peuple politique

 peuple social

 peuple sociétal

Essai de sociologie politique.2009

__________________New-York 2011 

     Eros turannos

L'autre  pays du mensonge déconcertant

DSK  l'hyperbourgeois

ou le hoquet de la  toute puissance

dans la crise systémique de la mondialisation

_____________________________

A mes trois mères

-A propos de l'abandon

programmé de la langue française

dans la recherche.

Un manifeste de fureur amoureuse

 D'abord diffusé sur la @ liste

 de l'Université de Nantes

le 21 février 2008-

_______

Joëlle Deniot 1997 La chanson réaliste. Colloque Lestamp Université de Nantes Photo jr.

Joëlle Deniot

 La Chanson réaliste  Colloque Lestamp Université de Nantes 1997

Edith Piaf, la voix, le geste, l'icône Esquisse anthropologique

Joëlle-Andrée Deniot,

illustrée par  Mireille Petit-Choubrac

Lelivredart Edition Paris 2012

Une neuve

socio-sémiologie

de l'art 

 


Encre et Gouache Mireille Petit-Choubrac Copyright Lestamp Edition-  Pour l'Edith Piaf de J. Deniot. 2012

_____________

L'Eté du Lestamp 2012  s'est déroulé les 28 29 et 30 juin 2012

  sur le thème 

Des  Hommes Des Femmes  Inerties et métamorphoses anthropologiques


 

T 06 88 54 77 34,
0977093713

 email: jacky.reault@wanadoo.fr

Lestamp Association, Laboratire d'Etudes et de Recherches Sociologiques sur les Transformations et Acculturations des Milieux Populaires depuis 1995


 


 

 


 
 

 Enjeu d'un dépassement

 
 
 

Marc CHATELLIER
Professeur des Écoles AIS
Docteur en Sciences de l'Éducation / Chargé de Cours
Département des Sciences de l'Éducation
Université de Nantes
Lestamp-Association


Sciences Sociales: Enjeux épistémologiques d’un dépassement

Qu’en est-il donc aujourd’hui de la hiérarchie dans les Sciences Sociales en France et des conséquences de la classification, mise en place à la fin du XIXè siècle par le mathématicien et philosophe français Auguste Comte ? Ce faisant comment les Sciences Sociales, discipline jeune puisque tout juste trentenaire- ont-elles trouvé leur place dans cet ordre et quelles réticences ont-elles fait émerger du point de vue épistémologique, condamnées qu’elles étaient (par l’objet complexe qu’elles avaient choisi d’étudier) d’emprunter à plusieurs disciplines ? Posant par là même la question de la validité des modèles qu’elle proposait. Comme discipline reconnue au croisement de plusieurs autres, elle a naturellement fait émerger la notion d’interdisciplinarité (1987-1992) puis celle plus récente de transdisciplinarité (2000-2005)

Extrait d’une actuelle recherche au sein du Centre de Recherches en Éducation de Nantes (CREN), en vue d’Habilitation à Diriger des Recherches – cet article se propose d’examiner en quoi les Sciences Sociales n’échappent pas à l’héritage des disciplines qui la composent et comment elle peut dépasser ce déterminisme par l’adoption d’une posture invitant à fonder épistémologiquement  une  transdisciplinarité créatrice de savoirs méta quand l’interdisciplinarité ne sait qu’agréger.



L’Héritage de l’Histoire : l’impuissance des mots et la fausse dichotomie des finalités.

« Le sujet peut-il être purifié et non objet lui-même de subjectivité ? »

(E. Kant, Critique de la faculté de juger, Paris, Gallimard, 1985)


« Quand à l’autre aspect du devenir de l’esprit (l’Histoire), c’est le devenir qui sait - ou connaît et qui se médiatise : c’est l’esprit aliéné ou extériorisé dans le temps. Mais cette aliénation ou extériorisation est tout autant aliénation ou extériorisation d’elle même. »

(G.W.F. Hegel : Phénoménologie de l’esprit, Paris, Gallimard - Tel, 1981) :


Considérons la division épistémologique qui oppose deux écoles scientifiques en Europe depuis le XVè siècle :

> d’un côté l’école Française, qui à partir de Descartes, préconise une approche linéaire causale et logique (mathématique) en vue d’un accès à la connaissance par la division et l’analyse.

> de l’autre l’école anglo-saxonne, qui envisage la connaissance dans sa globalité, faisant sienne l’appréhension du tout avec celle des parties (et inversement.) dans un mouvement dynamique et dialectique, dont Hegel[1] conceptualisera le socle théorique.

Cette division, cette opposition, qui génère en chacune des deux communautés des références, des praxis et des attitudes spécifiques, détermine en même temps des institutions (systèmes) qui :

> pour la première école procèdent d’une hiérarchisation, tant dans les attributions que dans les représentations sociales qu’elles (se) donnent d’elles mêmes. Ainsi en France, la persistance encore opérante de nos jours entre « les savants » - regroupés dès 1866 sous l’autorité du très cartésien Fontenelles - sous la coupole de l’Académie, tandis que les enseignants (pourtant chercheurs dans leurs statuts contemporains) sont assignés à l’Université et que les « artisans » de la technique moderne sont invités à échanger leurs connaissances dans les nouvelles « corporations » que constituent les espaces spécialisés de la recherche appliquée. Tous sont issus pourtant d’un corps considéré comme l’élite, ils participent chacun dans leur clan, à l’appréhension (et à la circulation de cette représentation) d’un mode de connaissance basé sur une spécialisation qui confère « l’illusion du »  Savoir. Le système est de type clôturant.

> pour le monde anglo-saxon, veillant - tant que faire se peut - à ce que chaque institution reste un système ouvert, non clos, qui touche à tout système qui lui est concomitant, sans pour autant en adopter la logique.

Cette configuration à la fois cognitive et socio-historique de la construction de la science occidentale, accélérée et confirmée depuis la fin dix-huitième, semble pourtant marquée dans les deux écoles par le sceau d’un invariant structurel : une référence commune au judéo-christianisme, à son Livre (la Bible). Dans celui-ci, la première connaissance, celle qui est procurée par le fruit interdit, est « LA connaissance du Bien et du Mal  ».  Cette connaissance est en fait une faculté de jugement, elle rend l'homme égal à Dieu, c'est pourquoi elle est interdite. Il n'y a pas d'arbre du bien et d'arbre du mal, mais un seul "arbre de la connaissance du bien et du mal". Et c’est bien ce clivage - et la question ontologique qui y est associée - qui va alors marquer le processus historique de classification des sciences. Comme si s’inspirant des méditations de Goethe, chaque école cherchait à  repérer, isoler et marquer LA discipline « gnose du monde ». Oubliant l’une et l’autre dans leur recherche que la science n’est pas tant un produit qu’un processus, qui questionne l’humanité du point de vue éthique.

En France après l’essor des Lumières ( dont on oublie parfois un peu trop souvent l’intention globalisante du projet Encyclopédiste), on va voir germer la première opposition entre « sciences dures » et « sciences molles », puis à l’intérieur de la première voir émerger au nom de la logique causale et de l’atomisation, les mathématiques comme phare de la démarche scientifique. Auguste Comte à la fin du XIXè, marquera la définitive hégémonie de la discipline, à travers sa classification toujours opérante de nos jours.

> Dans les pays anglo-saxons en revanche, on valorisera la chimie, montrant à travers les expériences de combustion-réduction (au XVIIIè) les premiers effets de la réversion et de la rétro-action, premiers pas vers ce qui ne s’appelle pas encore systémisme. Cette opposition toujours tenace questionne aujourd’hui plusieurs points :

1/ Celui de la naissance, puis celle de la vie des disciplines :  les connaissances scientifiques circulent dans l’espace et le temps, se modifient et transforment les disciplines qui, à nouveau, affectent l’état des connaissances. Dans ce processus spiralaire (dialectique ?) sont-ce alors les disciplines qui déterminent les sujets qui travaillent sur elles ? Ou y a-t ‘il au contraire, une prédominance du sujet (pensé comme éthique) sur ce qu’il travaille et comment il le fait ?

2/ celui de la querelle des tentatives globalisantes : doit-on parler d’interdisciplinarité comme d’une rencontre heuristique (im)probable, où sans cesse les scientifiques se heurtent à des problèmes de codes et de référence ? Où bien plus de transdisciplinarité, au sens où comme l’entendent E. Morin et Jean Louis Le Moigne, il s’agit de
« dépasser le sous développement de notre conscience dans l’acte de la connaissance »[2]
.

3/ enfin celui du regard et des représentations : la question des attitudes scientifiques renvoie finalement à celles des représentations de constructions codées , et du regard que l’on pose sur ces  constructions. Aussi rigoureux soit-il du point de vue épistémologique, le scientifique reste un sujet dont l’éthique est un va-et-vient permanent entre certitudes et incertitudes.



La Naissance des Sciences Sociales en France : du positivisme Comtien au mythe de la recherche–action ?

«La connaissance du réel est une lumière
qui projette toujours quelque part des ombres.
Elle n’est jamais immédiate et pleine »
(G. Bachelard, Le nouvel esprit scientifique, Paris, Vrin 1989)

Rappelons pour mémoire qu’à travers ses cours de philosophie positive, A Comte avait distingué - fidèle en cela à l’école française - les « sciences concrètes » qui se devaient de décrire la réalité, des « sciences abstraites » qui avaient pour finalité, elles, de dégager les lois qui composent cette réalité. Sa classification - et la hiérarchie causale, linéaire qui la sous-tend - dégageaient donc six disciplines dites des sciences abstraites, dont la matrice restait la mathématique (Venaient ensuite et dans l’ordre, l’astronomie, la physique, la chimie, la biologie puis la physique des faits sociaux à laquelle Comte aspirait et qui devint la sociologie). Cette classification aux yeux de son auteur, n’avait pas tant pour finalité d’établir un ordre inclusif, que de montrer les liens de dépendance qu’entretenaient les disciplines entre elles.

Constatant que toute classification qui perdure, détermine une hiérarchie sociétale, interrogeons donc la persévérance de cette classification de nos jours. Outre qu’elle sépare les champs et les pratiques, elle génère des sous-divisons à l’intérieur même de son ordre et isole le scientifique visant une analyse globalisante et inter-disciplinaire par des conflits de code et d’appartenance communautaire.

Une sorte de  « cartographie » scientifique française du XXè siècle confirme ainsi, que le modèle Taylorien de la division du travail a grandement pénétré et formaté le monde des chercheurs, isolant encore davantage les équipes et les disciplines, reléguant même derrière le qualificatif « d’appliquées » toutes les recherches liées aux techniques. Paradoxe d’autant plus frappant à l’heure où les techno-sciences (formes modernes des sciences concrètes) se développant de façon considérable depuis les années 1945, et se diffusant à l’échelle planétaire, questionnent tant les savoirs construits, les structures qui s’y agrègent que les modèles (les lois chez Comte) qui les expliquent. Si la hiérarchie et la division peuvent s’entendre du point de vue de l’action, elles renvoient le scientifique et son travail au processus de réification.

Dès lors reprenant l’idée Maussienne d’une dérive utilitariste des sciences, mais aussi celle d’une dialectique du processus de la connaissance qui rend exsangue l’opposition sujet/objet, rappelons la singularité du point de vue des Sciences Sociales. Elle sont à la fois une pratique ancrée dans une réalité de terrain, qui  cherche à objectiver les faits, propos, et interactions des acteurs qu'elle observe, mais aussi tentative théorique de modélisations des dites observations en vue de produire des savoirs pensés comme "caisse à outil conceptuelle" (cf P. Bourdieu) à destination des mêmes acteurs. Dans ce mouvement circulaire et paradoxal qui l'anime la discipline doit alors tenir compte à la fois de :

> la description objective des structures  sociales d’une époque donnée, leur hiérarchisation, leurs dépendances, leurs rapports de forces, etc..;

> l’analyse de  la psycho-socio-genèse des structures ainsi isolées et étudiées : dégager les notions d’invariants sur ce qui perdure et sur ce qui se transforme.

> la mise en relation des structures avec les sujets (agent ? acteur ?) qui les composent et l’analyse des interactions et/ou rétroactions entre elles et eux.

Peut-il y avoir une pratique de recherche en sciences sociales qui puisse aider les acteurs à construire leur réalité. ?

Le contexte dans lequel la recherche en Sciences Sociales s’inscrit aujourd’hui, reste (comme pour d’autres disciplines) celui des moyens humains et financiers, dégagés de toute finalité instrumentale. la question du financement de la recherche devient alors pierre angulaire d’une garantie éthique dans l’attitude scientifique des chercheurs. Puis à l’intérieur de ce cadre, il s’agit  de viser à dépasser la querelle  très stérile entre transdisciplinarité et interdisciplinarité par un réel décloisonnement des codes et des pratiques, invitant selon la subjectivité du chercheur à  des démarches  rigoureuses toichant à la question du rapport à l’immédiat.

Une question reste cependant posée pour le chercheur en Sciences Sociales. Celle de sa posture, enchevêtrée à celle de son attitude dans sa discipline.  La question est d’importance historique tout autant que géographique, tant il est vrai que les « attitudes scientifiques » paraissent marquées du sceau des contextes où elles sont nées.  Pour nous chercheurs en Sciences Sociales, y a-t-il une attitude scientifique ou des attitudes dans une posture scientifique ?

Quelles préoccupations et quelles valeurs sous-jacentes (souci d’utilité, de nouveauté, "croyances" ?) fondent nos démarches scientifiques actuelles ? Des démarches scientifiques nouvelles peuvent-elles émerger, et si oui ? sur quelles attitudes scientifiques sont-elles fondées ? Quelle place la science laisse-t-elle à la subjectivité ?

Outre la question de l'attitude du scientifique vis-à-vis de la discipline qu'il étudie, sa place dans la cité est définie par rapport à son attitude vis-à-vis d'un public (dans le travail d'expertise par exemple), et par rapport à la société en général. Ainsi on peut se poser la question du rôle de telle ou telle discipline dans la société et dans l'université, que ce soit en termes d'aide à la décision, de pouvoir explicatif, ou encore de ce que son étude révèle sur cette société.



Les Sciences Sociales : le pari épistémologique de la  transdisciplinarité

« Si toutes les îles sont liées, l’explorateur en découvre de nouvelles oubliées par les cartes trop récentes... »

(J.L. Le Moigne : Le constructivisme : des épistémologies (tome 2), Paris,  Ed ESF, 1995)


Depuis l’adoption définitive (avec Galilée et Descartes) de la méthode hypothético-déductive comme processus cognitif dominant dans la construction de savoirs objectifs (dénués de toute dépendance à un dogme religieux et/ou idéologique), le sujet humain, dont Kant affirmait qu’ainsi « il ne serait plus tenu en laisse par la nature », est représenté comme un sujet totalisant dont la capacité réflexive associée à celle d’analyse, permet une maîtrise sur les objets (ou ensembles de causes) qui l’entourent. Parler des attitudes scientifiques questionne donc la séparation entre les notions de sujet et d’objet, mais au delà, le statut d’autorité du discours scientifique construit par un sujet, (lui même condamné à l’incomplétude) et la croyance dans le (ou les) discours de la science.

Un étonnant paradoxe gît au sein même de la pratique scientifique et de son analyse historique : pratiquée par un sujet (ou ensemble de)  sur un objet (ou ensemble de), se rappelant sans cesse à la rigueur positive (dont la notion bachelardienne de rupture épistémologique reste la dernière formulation), elle emploie pourtant avec un étonnant sens de la polysémie les deux termes pour parler d’elle même : « singularité du sujet scientifique », « objet de recherche », Karl Popper[3] tient la science pour « un code contextualisé  dans un espace-temps donné. Il indique par là que cette séparation entre sujet et objet, apparue comme moment fondateur de la modernité, (au sens où il s’agissait d’émanciper la nature humaine) est aujourd’hui davantage un argument d’autorité qu’une réalité.

Tout se passe comme si construisant la connaissance d’une communauté de semblables, le scientifique distinguait ceux qui y contribuent de ceux qui n’y contribuent point, tout en restant aveugle à sa propre posture face à ses semblables. Mais en vue d’asseoir une forme d’autorité et de pouvoir sur eux. De son côté, interrogeant cette question du pouvoir par le discours,  Isabelle Stengers[4], (reprenant Max Weber) montre qu’il s’ s’agirait alors de décrire l’activité passionnée du scientifique pour comprendre son rapport au pouvoir.  L’autorité de compétence d’un chercheur n’exclut en rien sa part de subjectivité. Tout scientifique s’adresse de fait à d’autres sujets humains comme lui : ce qui le motive, c’est la construction de liens autours d’objets. L’enjeu du pouvoir au sein des communautés scientifiques renvoie donc au débat politique.

Ce qui semble confirmé par la tradition de la « raison oraculaire » du discours scientifique, de l’ordre qu’il installe dans et autour de sa communauté et des croyances que cette raison oraculaire génère. La division et la classification des sciences (processus qui s’est accéléré au cours des XIXè et XXè siécles) répond-elle à une raison objective du point de vue des disciplines ? Le contexte sociétal dans lequel elles prennent place, les entraîne-t-elles vers une logique utilitariste[5] qu’en son temps Marcel Mauss dénonçait ? Y a-t-il comme le souhaitaient les encyclopédistes pleine lumière en l’une des sciences ? Ou au contraire toute construction scientifique (aussi codée soit-elle) n’aspire-t-elle pas à l’idée de clôture opérationnelle, de science « toute puissante », de raison arraisonnée, manquante de la part aveugle de  celui ou celle qui l’énonce et la déclame.

Il y a bien là un objet qui fait obstacle, qui échappe, au discours de la science. Formulé dans la seconde moitié du XXè siècle autour du théorème d’incomplétude de Gödel[6] (et c’est encore un théorème), la science pousse donc le sujet à ses limites. L’esprit libérateur, émancipateur, voire subversif de la science serait donc, dans sa capacité à amener le sujet à conjointement :

> mener la propre autocritique de son attitude scientifique.

> accepter la dimension de point aveugle que constitue sa posture au sein du champ.

> renoncer à l’idée de clôture du champ, dans lequel se déploie son objet d’étude.



Les Sciences Sociales  comme plate-forme expérimentale de la connaissance de la connaissance

«En effet la vie sociale exige que nous nous comportions comme des machines triviales. Bien entendu, nous n’agissons pas comme des purs automates, nous recherchons des moyens non triviaux dès que  nous constatons que nous n’arrivons pas à nos fins »

(
E. Morin, Introduction à la pensée complexe, Paris, ESF, 1990)

Il s’agirait donc de chercher à recréer du lien (réel et symbolique) là où la science emprunte une démarche aveugle, mais surtout d’adopter un méta-point de vue cherchant à réunir ce qui est séparé. S’inscrivant donc radicalement dans le pari de la transdisciplinarité, en vue d’une dé-territorialisation des connaissances, et la construction d’un champ transversal aux disciplines, un certain nombre de chercheurs en Sciences Humaines, issus des pays dit « développés » comme des pays du Sud dit  « émergents », approfondissent conjointement leurs démarches, en s’appuyant sur  l’interactionnisme méthodologique issu de Chicago après la seconde guerre mondiale.. Pointant fort à propos l’impérialisme historique des sciences européennes depuis 1492, ils postulent que les connaissances et les savoirs circulent et qu’ils s’hybrident au contact des déterminismes culturels des territoires qu’ils traversent. Ayant en quelque sorte « métissé  » les modèles occidentaux dominants,  des paramètres culturels (conscients ou inconscients) qui traversent leurs champs de pratiques, ces chercheurs montrent  conjointement que :

> le subjectif intervient dans le champs de la recherche scientifique (exemple de l’analyse juridique du dispositif européen de contrôle des flux migratoires baptisé Schengen)[7]

> que ce même subjectif nourrit une culture d’ensemble d’une communauté qui génère autant qu’elle transforme la discipline qu’elle travaille.

> que le processus de routinisation des conduites et comportements (A. Giddens) est un espace-temps repérable par la science comme instance fondatrice de constructions des systèmes et modèles.

Cherchant à traquer les conséquences non intentionnelles de l’action (du sujet comme d’une institution), les effets tant réflexifs que rétroactifs des connaissances appliquées sur le champ social, ces chercheurs se situent dans le paradigme de la complexité et du constructivisme (Varela[8], Atlan[9].

Rappelant que tout conflit des modèles de construction de la réalité se traduit par des conflits entre des institutions et des communautés, ils plaident pour une « science subversive », réhabilitant le retour de la subjectivité, tout en maintenant une exigence de rigueur (opposée à tout dogmatisme) cherchant à inscrire l’homme et son avenir au centre de leurs préoccupations. C’est dans cette posture d’une attitude scientifique cherchant à déceler « la nature de la nature »,  « la vie de la vie », « la connaissance de la connaissance » ainsi que « les vies et mœurs des idées »[10] que les chercheurs en Sciences Sociales pourront dépasser les habituelles impasses de la discipline atomisée pour enfin envisager les Réformes de la Pensée nécessaires à la formation autant des enseignants que des élèves.


 

[1] Hegel (GWF) :  Phénoménologie de l’esprit, Paris, Gallimard - Tel, 1981
[2]  Morin (E) / Le Moigne (J.L.) : L’intelligence de la complexité Ed l’Harmattan, Paris, 1999[3] Popper (K)  : La société ouverte et ses ennemis, (Tome 1 et 2), Paris, Seuil, 1989
[4] Stengers (I) : L’invention de la science moderne, Paris, Seuil 1999 I
[5] Bounan (M) : Sans valeur marchande, Paris, Ed Allia, 2000.
[6] Hofstadter (D) : Godel, Escher et Bach : les brins d’une guirlande éternelle, Paris Inter-éditions/Masson, 1996
[7]  Dispositif trans-européen, impliquant L’Allemagne, La Belgique, la France, le Luxembourg et les Pays Bas, en matière de coopération policière , douanière et judiciaire, concernant les flux migratoires. Entériné par Le parlement européen depuis 1995.
[8] Varela (F) : Autonomie et connaissance : essai sur le vivant, Paris, seuil, 1989
[9]  Atlan (H) : Tout, non, peut-être, Paris, Seuil 1991
[10] Morin (E) :  La Méthode, Tomes 1,2, 3, 4, Paris, Seuil, 1977, 1980, 1986, 1991 

 






 


LIENS D'INFORMATION

 
 

Contact  I   Équipe d'enseignants   I   Master culture 1   I   Master culture 2   I   Conférences culture    I  Infos étudiants master  I  Accueil  I  Libres opinions   Sociologie cultures   I   Publications lestamp  I  Sociétés de mondialisation  I   Publiez vos textes  accueil  I  abc de la chanson francaise  I  abc parole de chanson  I  anthropologie de la voix  I  auteur chanson francaise  I  chanson populaire  I  contact master cultureecouter chanson  I edith piaf et chanson infos master culture   I   parole chanson   I   parole de chanson francaise   I   parole et chanson  I  partition de chanson  I  starac chanson  I  lca consultants
management public   I  sociologie cultures  I  association lestampchanson réaliste  I  lca formation  I   formation formateur   I  formation communication  gestion ressources humaines  I  devenir consultant  I  texte de chanson  I  lca performances ltd  I formations gestion ressources humaines  I  prise de parole
knowledge management  I  Formation de formateur  I  Formation communication  I  Formation management  I  Formation consultants I  Gestion du temps
Bilan des compétences  I  Art  I  Formation ressources humaines   I   Formation gestion stress   I   Formation coaching    I  Conduite de réunion   I   Gestion des conflits  I  Ingénierie de formation  I  Gestion de projets   I  Maîtrise des changements   I  Outplacement   I   Formation Ressources Humaines   I   Prise de parole en public   I   Certification formateurs   I   Orientation professionnelle   I   Devenir consultant   I   Sociologie de culture    I   Laboratoire  lestamp
Master culture   I   Formation management   I  Info culture  I  Lca consultants     I   
Formation de formateur    I    Formation gestion conflit     I    Formation communication   I   Formation coaching   I    Ressources humaines Formation management   I   Conduite de réunion  I   Formation consultants   I  Gestion stress   I   Gestion du temps   I  Devenir formateur   I  Certification formateurs Consultant indépendant  I  Ingénierie de formation  I  Outplacement  I  Bilan de personnalité   I   Bilan de compétence   I   Évaluation manager 360°   I   Coaching de progression  I   Stratégies internet E-commerce   I  Management internet marketing   I   Création site internet   I   Référencement internet  I  Rédiger une offre internet Gestion de projets e-business   I   Droit des nouvelles technologies    I    Intelligence stratégique    I    Négocier en position de force   I   Conduite des changements  Management de la qualité   I    Orientation professionnelle   I   Gestion ressources humaines   I   Ingénierie de formation   I  Gestion des conflits   I  Management et performances    I    Communiquer pour convaincre    I    Développement personnel    I    Intelligence émotionnelle   I   Prise de parole en public    I    Gestion stress   I   Conduite de réunion
Formation coaching   I   Gestion du temps   I  
Conduite des entretiens   I   Réussir sa gestion carrière    I    Communiquer pour convaincre    I   Prospection commerciale   I  Formation coaching commercial   I   Formation vente  I  Management commercial  I  Négociation commerciale  I Responsable formation
Knowledge management   I   Formation leadership  I  Recrutement consultants  I  Gestion de projet internet   I   Toutes les formations LCA  
  Formation consultant  I  Direction ressources humaines  I  Formation devenir consultant  I Directeur ressources humaines  I  Formation consultant formateur   I   Vente en ligne  I  Formation marketing internet  I  Internet management  I  Stratégies internet  I  Manager commercial  I  Information et communication  I  Force de vente   I   Stratégie.communication   I   Communication entreprise   I  Stratégie de communication   I  Communication interne   I    Vendre sur internet
Formation commerciale     Conduite du changement   I   Ressources humaines   I   Gestion des connaissances   I  Formation gestion connaissance  I  Chef de projet internet  I  Management des connaissances  I  Performance management  I  Formation manager  I  Manager  I  Métier consultant   I   Consultant expert   I   Devenir formateur   I   Formateur   I   Projet web   I    Communication internet   I   Gestion de projet   I   Management de projet   I   Conduite de projet  I  Chef de projet  I  Accueil chanson réaliste  I  Contact  I Infos chanson réaliste  I  Colloque mondialisation  I Art populaire  I Newsletter sociologies
Lestamp sciences sociales  I chanson realiste star academychanson realiste silence de la voix  I chanson realiste toile noire  I  Auteur chanson francaise   chanson realiste damia frehel piaf   I   Chanson realistee
voix secrète   I   Chanson realiste orient voix   I  Chanson realiste proche et lointaine   I  Chanson realistes et peuples de l'art  I  Chanson realiste et voix de femmes  I  Chansons  I  Formation formateur  I   Formation communication  I    Gestion ressources humaines   I   Devenir consultant   I   Prise de parole en public  I  Lca consultants  I  Management public  I  Lca formation  I  Contact master culture  I  Infos

 


© Site web réalisé par lestamp association, tous droits réservés