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Le retour des peuples ?
Les milieux populaires du Non français à l'oligarchie européenne 2005. Etude sur l'évènement : Peuple politique peuple social peuple sociétal 2009 Essai sociologie politique.
 J. Réault  

 


 Tél :   06 88 54 77 34
 email: jacky.reault@wanadoo.fr
 



 



 


Retour des peuples ?
dernière modification 5 mai 2010.

Jacky Réault


Deux articles de sociologie politique
juin 2005 et décembre 2008-Juillet 2009 par Jacky Réault


1. Les milieux populaires du NON français à l'Europe oligarchique prétendant constitutionaliser la mondialisation d'avant sa crise - juin 2005.
2. Peuple politique, Peuple social, Peuple sociétal : pour un lieu commun des sciences sociales - février 2009, Bibliographie juillet 2009

 

Jacky Sociologie politique des territoires Université de Nantes Université d'Amiens

 
Peuple politique peuple social peuple sociétal : pour un lieu commun des sciences sociales

Cette newsletter  constitue l'édition originale de cet essai complémentaire au texte d'analyse immédiate et immédiatement politique de 2005 (Copyright 28 janvier 2009). Quoique ayant déjà sa cohérence fondamentale autour de la trinité du populaire et du peuple il peut être l'objet d'élaborations supplémentaires lors de l'hiver 2009. Consultez régulièrement ce titre (dernière intervention de lissage graphique et infirmes compléments 21 novembre 20099
 

Retour
des peuples

1. Les milieux populaires du Non français
à l'Europe oligarchique prétendant  constitutionnaliser la mondialisation d'avant sa crise

Jacky REAULT
Maître de Conférences - UFR de Sociologie à l'Université de Nantes, LESTAMP-Association
Droits de reproduction et de diffusion réservés © LESTAMP - 2005- 2009

Dépôt Légal Bibliothèque Nationale de France N°20050127-4889


Réflexions de premier moment, analyse spatiale et multivariée du Non français au référendum européen de 2005 à l'encontre des oligarchies régnantes jusque dans l'Ouest catholique et européiste - Avril -Juin 2005, Revu et complété décembre 2008

M
on intuition globale d’historien est que cette journée du 29 mai 2005 vaut bien celle de la prise de la Bastille quoiqu'elle soit strictement défensive et que son débouché politique est bien peu assuré si l'on considère le niveau et la largeur d'esprit des récupérateurs qui prétendent l'orienter et l'absence de tout véritable leader populaire capable d'unifier cette marée de liberté retrouvée. Dans cet article on ne boudera pas notre jubilation de citoyen, le plaisir du premier degré, mais on cherchera aussi plus méthodiquement les composantes historiques sociales et culturelles d'un rapport Oui/Non qui risque d'être longtemps structurel dans la pérennité et les métamorphoses à venir de la société française. La spatialisation des votes sera notre principal mode d'expérimentation sociologique ici, sur un territoire français à la fois unitaire et structuré par des espaces-temps, une spatialisation que nous avons dans de nombreux autres travaux croisée avec la canonique analyse statistique de corrélations sur une corpus de centaines de variables sédimentées sur trente ans. C'est pourtant, en considération de plus que l'esprit du temps, une de ses fondamentales structures gnoséologiques, après la "Galaxie Gutenberg", celle qui passe par l'image diffusée par les media de masses, par l'image que nous allons pénétrer médiatiquement donc aussi dans ce qui n'est qu'un premier niveau d'analyse, trop contemporain pour prétendre être histoire, d'un évènement historique de première grandeur.

Torrents d'images  médiatiques réduites à l'anecdote désignifiante. Rares icônes porteuses de récits débordant de sens au delà de l' allégorie .

On commencera par deux images à faire encadrer d’urgence pour un livre d'histoire illustré à destinations des nos petits enfants refusant de devenir les post-citoyens d'un empire formé des pays de la soumission, cet archipel mondialisé tout autant virtuel que réel.

La formule qui semble aller comme un gant à la démocratie désubstantialisée (Guy Bois) qu'engendre la mondialisation est, il faut le rappeler  l'expression fondatrice autant que réductrice de sa propre œuvre beaucoup plus contradictoire, de l'André Siegfried des Tableaux politiques de la France de l'Ouest, lorsque son républicanisme de combat s'irritait de ce qu'il pensait être un destin éternisé (l'asservissement volontaire supposé des peuples de l'ouest français, aux maîtres de la rente foncière et du catholicisme unanimiste). Aucun destin de soumission  (ou de domination dans la vulgate démobilisante du sociologisme) n'est jamais adjugé quand il s'agit d'humains non massifiés et il y a désormais un demi-siècle que l'historiographie a retrouvé la fierté d'une résistance jusque chez les chouans de la contre-révolution Piètres sociologues ceux qui n'ont pas intégré l'apport le plus profond de la pensée de ... Marx. Voir et penser  la contradiction dans l'essence même des choses.  La contradiction au sein du réel, n'est-ce pas l'inverse gnoséologique de l'injonction binaire des media massifiant comme des discours de désubstantialisation de la démocratie des politiciens de media et de la publicité marchande et manipulatrice dont ils s'inspirent.

Revenons à nos images. Toutes les images médiatisées ne doivent pas être fétichisées, comme irréductiblement addictives ;  sur ce point Régis Debray a raison contre Guy Debord, le spectacle est une fonction anthropologique de toute société normale, ne serait-ce que comme moment spéculaire de son unité (Lacan et Durkheim) et certaines images peuvent être radicalement libératrices ou sublimantes (l'icone) ou irrémédiablement tragiques. On s'arrêtera ici sur  deux seulement, car la troisième n'est que la tautologie  textualisée de la deuxième, tautologie (lire sur cela Clément Rosset) ne signifiant pas épiphénomène de la connaissance, en l'occurrence lorsque l'assertion redondante s'inscrit, et avec quelle efficacité, dans le performatif de l'action politique, redoublée de sa composante la plus subversive possible, l'humour, et le rire induit, qui verrouille l'effet de ridiculisation de l'adversaire.. L'une, celle qui nous montre avec quel bonheur Nicolas Sarkozy et Françoise Hollande en compères satisfaits, n'est rien d'autre que la couverture d'un magazine de très large diffusion, Paris-Match, certes on donne ici en plus sa version quelque peu subvertie par un texte diffusé sur le web, mais c'est pour le plaisir autant que pour la démonstration l'image "dit" tout et plus encore.

L'autre, produite de l'agence France-Presse, se passe de tout commentaire, le texte étant purement informatif. Le premier ministre (Lionel Jospin) l'homme de la gauche plus rien (plurielle) comme le qualifiait ses critiques de gauche) met gentiment la main sur l'épaule du président de la République, Jacques Chirac, qui le devance suscitant le rire du président du dit MEDEF, Mouvement des Entreprises de France, à distinguer de l'antécédent patronat français. C'est le baron Ernest-Antoine Seillières, du lignage de maîtres de forge des Wendel, dont la vaniteuse contribution à la mondialisation prédatrice de l'industrie française, soumise aux injonctions libérales et impériales du centre du monde, qui a oublié que c'est le renfort de l'Etat français, bon prince toujours pour le capitalisme défaillant, qui sauva au début des années 80 le groupe séculaire de sa grande famille du cruel entonnoir de l'histoire des faillites. Honneur au photographe anonyme : Belle brochette, indeed, si l'on veut bien nous pardonner à la fois cette familiarité et cette soumission ironique à la langue que tous tendent plus ou moins à nous faire substituer à la notre tant dans "l'entreprise" que dans la "recherche", réduite de facto au quantitatif et aux idées transférables et sans sols, donc simples.

Nous vivons le temps de l’ambivalence des images. La majorité celles que déverse en chaos de sens et de non sens le flux médiatique, chaque jour dans l’œil du cyclope télévisuel au sein des vies privées, sont les leurres de l’enfermement interprétatif réduit à l’anecdote excluant tout récit (Christian Salmon, Verbicides Climats). Elles s'adressent à des individus structurés par les formes de (dé) subjectivation de la mondialisation, psychotiques et acritiques  (Dany Robert Dufour, L’art de réduire les têtes. Fayard 2002 ) et elles alimentent leur dé subjectivation. A l'inverse, il en reste de plus rares échappées à la moulinette du nivellement de masse et de planète, qui  ramènent aux mémoires identificatrices et aux symbolisations de l’appropriation possible d’un monde à connaître dans les limites des raisons de l’individu moderne, névrosé et critique. On part ici de deux photos subjectivantes en ce qu'elles induisent le regard d'un sujet libre en mouvement de gai savoir et de surcroît un citoyen (adulte libre fondé en droit au sein d'un peuple souverain) parce qu'elles condensent plus qu'elles-mêmes dans un feuilletage de sens inépuisable embrayeurs d'associations libres et  disponibles pour la réflexion autant que pour les respirations de l'imaginaire. Elles sont virtuellement des œuvres elles sont inséparablement des actes.

Qu'est-ce qu'une date ? D'abord ces marqueurs de réalité et de mémoire qui condensent les transformations opérées dans l'opacité des structures dans un évènementialité qui les visibilisent ce qui n'exclut pas la nécessité de les interpréter. Les dates, ces data par excellences qui font référence doivent plus que jamais structurer le savoir sur les sociétés en un temps de retour fulgurant de l'histoire en pieds-de-nez à ceux qui l'avaient enterrée, avec ses sujets personnels et sociétaux, nations, peuples ensemble civilisationnels, tribus de l'effervescence juvénile, les classes peut-être mais celles des sociétés de la mondialisation,

1995, novembre-décembre la révolte nationale et sociale des classes moyennes salariés des services publics et des classes populaires solidaires contre le dépeçage de la société salariale (Aglietta Brender 1984)  française.

2002  Le 21 avril, la révolte populaire légale aux élections présidentielles après les accords de Barcelone, le PS cosignataire passe aux oubliettes et y est encore (février 2009),

Avril 2005, le Non radical français à la désouverainisation, passant par la constitutionnalisation du libéralisme, un non Etat européen asservi au pouvoir financier.

Entre ces deux moments qu’il est légitime de relier sinon de confondre, les élections présidentielles françaises d'avril 2002, et le referendum sur la « constitution européenne » de juin 2005, deux photos se sont révélées dès leur production, à valeur historique parce qu’elles ont condensé des flux de sens et de valeur probatoires qui ont été réappropriées par des multitudes à qui leurs représentants naturels ne donnent depuis longtemps plus rien à penser. Ces deux élections ont, contre toute prédiction évolutionniste des tenants de l'abolition des sociétés humaines dans une humanité d'avant Babel, réduite à l'espèce, de la fin de l'histoire, ont manifesté l'irréductible dynamique de l'historicité des sociétés. La première à évincé spectaculairement le représentant d'une gauche qui depuis vingt ans prétendait se passer de peuple, - et sur ce point le fugace vainqueur populiste (?) avait beau jeu - et l'humiliation sera difficile à inverser. La seconde a vu un peuple désouverainisé par ses propres représentants et qui n'avait pu dans le premier épisode que résister par la dérision, se manifester de nouveau en souverain de lui-même sur un vote radicalement univoque et de facto révolutionnaire quoique que l'on puisse parier que toutes les forces possibles des bureaucraties continentales, des media monopolisés, de l'argent, vont tout faire pour lui faire oublier comme elles vont tout faire pour abattre, ceux qui dans le camp des compères en euro-mondialisation, ont eu le courage de faire sécession et d'abord Laurent Fabius qui n'y pourra mais, ca r il n'a ni la configuration sociales ni les ressources personnelles pour oser un appel au peuple qui mettrait en pièce toute le carcan idéologique et institutionnel que depuis 1983 il a lui même, comme premier ministre de François Mitterrand, largement contribué à édifier.

Image de campagne du Non français de 2005. AFP
 
Cette première image demande, dans le cadre de cette analyse du retour des peuples, un complément d'exégèse ; c'est celle d’une certaine Europe en pratique. Elle réunit de nouveau le trio de l'Accord de Barcelone entérinant le double recul des Etats et des peuples sur le systèmes de retraite et sur la communalité des services (publics), J. Chirac, L. Jospin, E. A. Seillières, du temps de la campagne des Présidentielles de 2002. Nous l’avons ressortie pour qu’elle prenne l’air avec tout lecteur névrosé et critique encore disponible ;  elle n’a rien perdu de son éclat ! Décidément on vit une époque formidable et la mondialisation nous offre des photos superbes, exclusivement masculines ici et hélas ! .. oh Reiser ! La mondialisation si joliment illustrée ce n'est pas tous les jours que ses media nous la donne  voir.  Avec l'image quand elle rejoint l'icone, Tout pour moi devient allégorie : Le pouvoir financier rigolant de bon cœur de la désymbolisation si naïvement fraternelle du représentant d'une opposition et de la tête d'une majorité dans une démocratie désubstantialisée en mondanité élyséenne.

Image de campagne du référendu de 2005 en France
 
Dites leur Non, disait l’autre en subvertissant à peine ce qu’induisait sans le savoir la couverture de Paris Match ou les deux compères avaient eu l’imprudence, mais aussi la fatuité, de se montrer ensemble. Même costume même chemise même cravate, même sourire, même oui ! La suite coulait de source et le fleuve populaire a trouvé son cours et sa mer. C'est fait et la mondialisation ne sera plus jamais comme avant !
 
Image subvertie par la campagne Web du Non de 2005
 
Ce fut Non, et quel non ! L'histoire des peuples est repartie et c'est vraiment cette fois-ci dans une campagne de résistance à la mondialisation. Guy Bois et ses analyses qui ont radicalisé notre perception et ont enfin permis d’unifier tant de forces disparates et de phénomènes apparemment éclatés, (Une nouvelle servitude, essai sur la mondialisation 2003, François-Xavier de Guibert) n'ont jamais été si nécessaires et si confirmés. Le colloque du Lestamp aussi qui se déroulait à la Médiathèque de Nantes-centre du monde, en décembre dernier n'aurait pu viser plus au centre de la contradiction principale du temps actuel. Notre communication y annonçait « Le retour des peuples ». Il va venir ! Elle va venir, ou plutôt pour l'essentiel on en donne ici la moitié de la teneur, nous réservant de développer plus tard l'autre dimension de l'antagonismes des peuples et de la mondialisation, celui des pays et de l'empaysement voire celui de l'éventuellement fin des paysans.

Un rêve citoyen et de sociologue ? si les sociologues rêvaient et si les majorités populaires étaient un objet, comme ils disent, légitime.

On y est dans ce
retour !. Ce vote, même analysé à la diable et de haut, s’avère un vrai rêve de citoyen et  de sociologue ; enfin de ceux d'entre eux qui s'intéressent plus à la réalité sociale et à l'histoire vivante plutôt qu'à la "(re) construction" de cette réalité et à l'évolution (un seul sens dont seule une cléricature érigée, en secte disciplinaire possède, seule, la clé) et qui cultivent cette culture de la rupture épistémologique d’avec les prénotions du sens commun ; culture devenue l'alibi imposteur de leur séparation méprisante d’avec la communauté de leur peuple.

Pour le citoyen un peu sociologue, ce vote « c'est la très nette volonté de  protestation des classes populaires » doit reconnaître  un des ténors de la classe parlante, Roland Cayrol lui-même (La Tribune du 30 mai 05 ) pourtant expert en promotion des élites de la pensée unique. Mais pourquoi de protestation ?  sinon, pour insinuer les bornes populistes - cette insulte suprême des oligarchies régnantes - et la dimension sous-politique où l’on veut confiner tout cela ; la protestation sociale ce n’est pas si grave, cela ne touche pas au dogme de la nullité politique adjugée des peuples, alors qu'en l'occurrence il s'agit ici de la conjonction convergente des trois angles du populaire la nation politique, le peuple des rapports sociaux les dites (et très floues) classes populaires, le peuple des cultures communes.

Volonté générale nous suffit (hein Jean Jacques !) ; c'est qu'en l’occurrence ces classes populaires que là encore, la chirurgie sociologique habituelle délie confine comme plèbe, voir comme "bas" M. Verret, O Schwartz), sont inséparables de peuple, Populus.. Sujet collectif, auteur (auctor, auctoritas), de la souveraineté et pas seulement depuis les révolutions modernes et d’abord la nôtre.

Volonté du peuple ! Rien de moins, rien de plus. D'’un peuple retrouvé, clé de toute résistance, même si, comme toujours, ce sont d'abord les classes populaires et d'abord, los olvidados par excellence, les ruraux, ces périphérisés de l'intérieur, ouvriers (la moitié) et chasseurs (le seul mouvement social populaire et démocratique né depuis la mondialisation), même si ce sont ces deux évocations repoussées par la bien-pensance qui manifestent le plus clairement cette volonté. Ce qu’ils refusent et toujours plus de vote en vote depuis 1984, (en changeant à chaque fois la majorité politique entre les deux pôles du pareil au même) et  avec le plus de conséquence, maintes observations permettent de l’expliciter, ce qu’ils refusent, pour le moins trois violences qui leur sont faites depuis que l’air du temps de la mondialisation a conquis les oligarchies des très grandes villes accaparant les pouvoirs de scènes et les paroles médiatisées.

- La première est celle de l’injonction à leur disparition comme nation libre et indépendante. La seconde reconnaissance attendue, comme au temps du progrès social des Trente Glorieuses de la société salariale, c’est la reconnaissance de leurs intérêts spécifiques à la fois différenciés de classes, essentiellement des producteurs, c’est la reconnaissance de droit à la territorialisation (empaysement J Réault Coll. Lestamp 2, 4 Décembre 2004) protégée.

- L’unité de l’ensemble, dans des sociétés modernes démocratiques, aptes à gérer leur légitime conflictualité, est la nécessité organique mais aussi la valeur plus ou moins universelle, en tout cas dans l’universel concret de la nation, du lien entre les classes et les nations dans leurs luttes solidaires retrouvées.. Ce lien entre luttes de classes (c'est peut-être vieillot mais plus robuste que luttes de classement), et constitution nationale de la société salariale, c'est Emmanuel Todd, (un des rares sociologues ayant échappé à la neutralisation de la politique par le monopole de Sciences Po) qui en a radicalisé l'expression scientifique dans  l’analyse des votes de 1981 à 1994 (Sur le malaise politique français, Fondation Saint-Simon), prélude théorique  à l'élection de Jacques Chirac sur la fracture sociale, et au sursaut populaire de l'automne 1995. Mais il retrouvait ainsi ce qu'avait t
héorisé l’œuvre fondamentale qui pense et clôt les Trente glorieuses de la normalisation démocratique des rapports du capital et du travail sur fond de progrès social :  Les métamorphoses de la société salariale (Aglietta et Brender, Calmann-Lévy 1983),  publiée l’année de la renonciation des « élites » de scène en France, et à échéance les auteurs eux-mêmes, à toute  résistance conséquente à la mondialisation.

- Le troisième refus est celui des fondamentaux de l’humanisation, sur le rapport de la loi et des communautés (qu’indique mais que ne résume pas l’inceste), sur les grandes différenciations fondatrices de la raison, parents/enfants, hommes/femmes, âges de la vie et de raison interférant, sur la légitimité de l’indigène sur le territoire qu’il a façonné pour paysager le pays des humains. (P. Legendre, De la société comme texte. Fayard 2002)

Tout ce que, sous couvert de tolérance absolutisée, de dénégation nihiliste, de rejet de tout rapport nature et culture, d’Antinationisme, on fait norme le piètre et mortifère modèle de la pensée zéro (Todd, l’illusion économique, 2002, P A Taguieff, Résister au bougisme 2001). Les oligarchies mondialisées imposent avec violence et mépris, au sens commun populaire disqualifié et méprisé, certes peut-être de très loin à partir de l’épicentre californien- si justement repéré, de sa prison par Régis Debray identifiant le noyau libéral absolu de la pensée 68 - mais surtout relayé par les post-intellectuels de l'identité négative monopolisant les scènes de la financiarisation uniforme des media de la mondialisation.

- Brèves remarques intermédiaires sur le peuple et le populaire pour un lieu commun des sciences sociales.

  On a reporté en annexe sous le titre Retour des peuples -II-, Peuple politique peuple social peuple sociétal,  pour un lieu commun des sciences sociales, le développement beaucoup plus ample qu'il nous a paru nécessaire d'apporter à cette réédition de décembre 2008, qui n'a plus l'alibi du faire vite de la réaction à chaud  sur un évènement historique, quoique l'histoire, en l'occurrence en cette nouvelle crise du solstice 2008 (après celle prémonitoire de 1995), se soit remise à galoper, telle qu'en ses révolutions et que chaque jour nous livre pour le moins un nouvel "évènement historique" On renvoie notamment dans cette newsletter à la suite de Tribune libre, Comment résister à la débandade de la raison, sur les sens possibles du pacte entre Ségolène Royal et Georges Frêche. //, et à notre texte Apocalypse à Manhattan, pour la première grande crise de la mondialisation, celle du 11 septembre 2001) prodrome à maints égards de l'actuelle crise systémique. (2009)

Quel (s) peuple(s) sociaux dans le vote de juin 2005 pour le sociologue ?

Chiffrons  donc, c'est l'approche la plus simple mais le nombre pensé dans la mobilisation démocratique des sociétés est toujours plus que lui-même, il y a de quoi faire, quoique les institutions de sondage ont presque toujours au cours de la campagne dissimulé leurs croisements avec les catégories sociales et spatiales pour nous enfermer dans l’indexation aux boutiques politiciennes radicalement hors sujet. Quel est le vote supposé des "électeurs socialistes" etc.. Ce type même de questionnement abolissait du même coup la conception citoyenne du vote et la démocratie pensée dans son rapport, également fondateur, au peuple social, indexant  les identités aux modalités identifiants du travail et de l'emploi.

Mieux que l'évidence affichée par les sondages, de stratifications économiques, un vote d'actifs, de travailleurs.

Le oui est certes aussi la réponse de la grande aisance et de la richesse quoiqu'il serait réducteur de se borner à cette perspective économiste élémentaire, à virtualité démagogique quand elle est moniste. On en éprouve d'abord l'heuristique avant d'en venir à beaucoup plus complexe l'indexation à des territoires culturels, anthropologiques, historiques.

Ont dit NON, on commence désormais à le savoir en épluchant vraiment beaucoup de papier,  66 % de ceux qui gagnent moins de 1000 euros par mois, 66 % de ceux qui gagnent moins de 1500 (notons que la scission misérabiliste qu'affectionne la deuxième gauche et les réseaux dominants nantais, des "exclus" opposés aux salariés n'existe pas face à l'avenir d'une nation, il n'y a ni "banlieue" ni "pauvres" mais une milieu populaire solidaire) 55 % votent non, de ceux qui gagnent entre 1501 et 3000, mais plus que 40 % de ceux qui gagnent entre 3000 et 4500 et 26 de ceux qui gagnent plus ( CSA La Tribune ). C'est beau comme à la revue ;  y = ax pour les amoureux des fonctions statistiques.

Mais mieux encore vaut l'aune du rapport au travail, près de 70 % des ouvriers plus de 60 % des employés, la majorité des professions intermédiaires.. Quant au rapport du Oui et du Non  à l'emploi, cet autre marqueur des "rapports sociaux de production" du peuple social de l'après-classe ouvrière historique, il est tout aussi parlant en bloc : 60 % du salariat cadres compris (64 pour ceux du public et même 58 % pour ceux du privés ont voté non. ( Où se trouve la scission que tentent, depuis une génération de creuser ensemble, les media la CFDT, le patronat et leurs respectives dames patronnesses (les humanitaires) entre ces deux pôles du travail libre en France ? ) ; quant on passe au niveau du détail, l'intensité du rejet se manifeste comme un véritable hurlement, 71 % des intérimaires ont voté non, 69 % des CDD (dont pourtant la majorité sont des femmes) et les CDI sont encore 58 % cadres et fonctionnaires compris .Il n'est jusqu'aux inactifs dont 54 % ont voté non; malgré le pilonnage niais et sénile des universités bien pensantes, la majorité des étudiants n'a pas suivi alors qu'elle est en train éprouver l'Europe des masters, celle du nivellement intellectuel par le bas des Universités, de la reféodalisation, de la déstructuration radicale du temps de l'apprentissage intellectuel (semestrialisation).

Seuls donnent une très courte majorité au non les  patrons, - ce qui donne une large part de Npn dans le peuple des petits entrepreneurs condamnés par la mise en concurrence mondiale de la normalisation européenne - encore est-ce en fin de campagne et par tropisme chiraquien, et les retraités, irréductibles à une tiroir d'économisme sociologique, dont le légitimisme et le besoin de conformité s'ajoutent à une provisoire protection maintenue, acquis pourtant précarisé de la France de l'indépendance nationale et de la croissance des Trente Glorieuses, du compromis social de société salarial entre le communisme et le gaullisme. L'Ouest de la contre- révolution, sur lequel on revient plus loin, a bénéficié de ce point de vue de son suréquipement clientéliste en maisons de retraite sous la coupe des notables des deux grands partis du consensus libéral et mondialiste. Qui  n'a pas vu hier les cars entiers affrétés par quels fonds publics ou occultes, déplaçant les pensionnaires des maisons de retraite vers les isoloirs du bon vote dans la ville de Nantes qui donne 60 % au oui ?

Ce sont bien plus globalement et plus génériquement les actifs (les travailleurs au sens large d'une respectable sociologie indigène) qui sont en même temps les adultes chargés de famille - et donc d'avenir - qui  sont, comme à l'automne 1995, le socle de cette nouvelle résistance à la mondialisation qui, pour la première fois et grâce à cette seule forme du suffrage universel national direct, n'est plus affaire de minorités ésotériques, les sympathiques mais si radicalement dépopularisés intellectuels et militants d'Attac. Beaucoup de ces derniers d’ailleurs n'osent plus se dire antimondialistes et veulent tant se faire montrables pour ne pas déplaire aux media financiarisés qui les ont transformé en gentils "alters," incapables de solidariser avec les autres formes de résistance populaire anti-américaines au niveau mondial, ou à leurs yeux trop conservatrices au niveau national, en invoquant comme si souvent la social-démocratie pour masquer ses trahisons colonialistes, une laïcité alibi de la xénophobie anti-arabo-musulmane, ou un évolutionnisme progressiste qui archaïse le volant d'inertie anthropologique rural en particulier, populaire en général, résistant sur tous les fondamentaux anthropologiques que le processus de mercantilisation, le poids des classes culturelles centrales, les media, et ceux qui s'enferment dans une anachronique identité progressiste, prétendent inverser. Alors que la grande question actuelle des peuples et des classes populaires est celle de la résistance et d'abord de l'autoconservation. Le premier devoir de surcroît.

Quel(s) peuple(s) sociétaux ?

Du nombre au peuple dans des variations territoriales autant que sociales des milieux socio-spatiaux-mémoriels concrets : Les polarisations spatiales du oui et du non

Le Non vient de reproduire un lieu commun, autour d'un bien commun menacé ;  il a rappelé au monde que voulait toujours vivre  le peuple français, il a montré à ce peuple que le mépris et la tyrannie des nouvelles oligarchies n'était pas une fatalité. Commune commune ! c'est le premier cri de l'émergence des peuples modernes au sein même du féodalisme.

Une souveraineté empaysée dans les territoires de temps longs d’une France-diversité au sein de l'économie- monde qui, tout à la fois,  centre et périphérise. Dans le macrocosme de  l'économie-monde de Fernand Braudel, nous ajoutons l'idée, éprouvée par de multiples travaux, de l'heuristique des microcosmes sociétaux (sociétés pensées comme microcosmes du monde mondialisé, ce qui n'épuise pas le monde), au sein desquels se structurent tout aussi intensément cette clé de l'organicité du monde total, la centration et la périphérisation, tout aussi bien dans la société centre (Etats-Unis) que dans le premier cercle des sociétés centrales (dont la France), que dans les sociétés des périphéries. La mondialisation, son multiplicateur bruxellois, sa monnaie de financiers, ses serviteurs de tous les "partis de gouvernement", en gros grands et petits oligarques, engendrent des faits sociaux et politiques d'une intensité et d'un éclat démonstratif à la hauteur de ce leur colossale imposture culturelle et politique qui se présente aussi comme une véritable révolution de la décivilisation. Le Non populaire  d'hier se singularise avec une prodigieuse évidence comme inséparablement territorial et social et dans les deux cas, le tout et ses fractionnements civilisationnels (espaces-milieux des genres de vie de la ville et de la campagne) et sociaux (séparations en milieux de classes) sont l'unité d'analyse.

Vitalités des résistances rurales face à l'injonction du dépaysement (JR 2004)

Sécessions des centre-villes de l'archipel de la mondialisation

Ce vote est donc un vrai rêve réalisé de géographe social aussi. Le non est d'abord et à un point insolent, celui des campagnes qui une fois de plus assènent aux monopolisateurs de la parole des scènes médiatique ou sociologiques qu'elles existent bel et bien, savent encore chasser, entre hommes, et savent que même en cours d'extermination euro-mondialistes des petits agriculteurs sont encore les indispensables empayseurs, producteurs de paysages et de pays.

Les ruraux n’ont pas oublié le "charbonnier maître chez soi" long idéal millénaire (presque) arraché une certaine nuit du 4 Août 1789 après le plus puissant mouvement populaire victorieux de l'histoire de France, trop abusivement réduit à une expression que l'on croirait déjà empruntée aux media de Maastricht et de la constitution de Giscard, vilipendant les attardés et les crétins : "la grande peur". La plus puissante réalisation historique jamais réalisée de ce que Roger Dupuy a fortement élaboré comme Politique du peuple (Fayard 2002), cet impensable ou plus précisément ce refoulé de la science politique, science naine, appendice des chapelles médiatiques et même de l’histoire progressiste, l'autre histoire sainte se drapant dans l'empire du bien pour domestiquer et moderniser les peuples, à l'égal des libéraux.

Les résultats spatialisés offrent un vrai festival de révélations plus riches en un seul jour que dix ans de production de sociologues, ces gens qui ne savent rien d'organique sur leur société pensée comme un tout.. En un mot, l’unique bloc cohérent de  départements qui donnent une majorité au OUI au milieu d'un océan de Non a constitué, il y a deux cent ans, l’espace principal de la Contre-révolution ; ( l'histoire profonde et fondatrice rejoue de bien loin - relisons Braudel -).

Les choses se sont bien éclaircies depuis la répétition générale du vote autour du traité de Maastricht ; le poids de l’Eglise catholique constituait encore le principal discriminant et le vote hors Paris correspondait à deux siècles de catholicisme post-révolutionnaire ; les réalités de la mondialisation on fait un sort à l’emprise de la plus ancienne multinationale.  Ce qui reste une constante en revanche, c’est la deuxième matrice de l’acquiescement majoritaire à la solubilisation des peuples dans l’alcool du marché : les bobo-lands des très grandes villes les plus mondialisées - Paris-plage-vélo, Lyon la fédéraliste et quelques autres métropoles peuplées de cadres supérieurs et de ces si commodes "sans papier".

Rapportée à cette toujours si vivante grande polarisation de la révolution néolithique, entre ville et campagne et malgré ces interpénétrations digitalisées qui semblaient les dédifférencier, la géographie du non et du oui est tout aussi massivement exclusive (même dans les départements de l’Ouest à oui majoritaire, on la retrouve aussi) Les bien éduqués du Oui, des villes de l’archipel de la mondialisation s’opposent au Non ruraliste, osons le dire rural voire ruraliste. C'est pour les Verts, et n’est-il pas à la fois savant et citoyen d’adorer rendre verts ceux qui nous disent que l’espèce humaine est de trop sur la 3° planète),mais plus encore impénitent historien d’esprit, c’est avec une double jubilation « scientifique » que je vois réactualiser cette constante, dans les moments-clés de résistance nationale, le populaire de tout le territoire, peuple urbain compris, et le rural forment un ensemble-milieu organique (que les économistes de la consommation telle Nicole Tabard, ont repéré depuis longtemps). Et dans ce tout c’est - contrairement à toutes les analyses technocratique et évolutionno-progressistes la ville, ou ce qui en reste, disons l’espace artificialisé du résidentiel urbain qui est tirée par le rural-, c'est le peuple rural qui est le noyau dur, "conservatoire" du peuple-nation,qui donne le ton, et non les villes d’où viendraient tout initiative et force d’attraction si l’on en croyait ceux qui nous les présentent depuis deux siècles comme en mission de civiliser les campagnes, tant chez les marxistes courts comme chez les libéraux (Encore Michéa et son Impasse Adam Smith !). Entre la Vendée et la dékoulakisation !

Recul de l'emprise d'église sinon des réminiscences de l’Ouest de la contre-révolution ?

C'est  cependant  de Nantes, que nous écrivons. Il y paraît bien clos ce cycle des révolutions dans l’Ouest, notre territoire d'études de temps long biographique, où les villes républicaines résistaient aux piques vendéennes et à l'invasion étrangère. Ce sont désormais les campagnes qui résistent et les villes qui se laissent envahir. Nantes ou Rennes (on hésite) paraissent désormais comme l’épicentre de l’onde de l’anti-tremblement de terres du OUI. C’est de là que ressurgissent des vassalités et oligarchies d'Ancien régime, mais toujours dans ce seul espace de l'Ouest ( Bretagne et Pays de Loire à l'exclusion de toute autre région française ) :  pays de la soumission disait un peu  méchamment A. Siegfried qui savait pourtant aussi les réserves démocratiques qui y coexistaient avec ceux qui veulent toujours des maîtres-notables, monarchistes puis socialistes veillant sur leur salut, pays de la "déférence sociale", pour E Todd qui, quoique anglophile, ne répugne pas à la litote, joyau stylistique de notre classicisme.

Ici, nous l'avons écrit depuis longtemps, les forces dominantes, anciennes et nouvelles bien unies, deuxième gauche (CFDT, majorité du PS) et première droite (les Verts, les Bayroutistes, la majorité de l'UMP) a écrit si joliment Todd, s’engouffrent dans la logique délétère de la fusion dans le grand tout mercantile bruxellois, sous une bureaucratie plus bornée et plus inhumaine que toutes celles qui l'ont précédé dans les Etats-nations, dans la décentralisation dévoyée et dans une rampante et quasi ethnique Europe des régions. Ce bloc de l'abolition de la France toujours à l'avant-garde de la transmission d'une identité négative substituée à sa grande histoire,  tente de nouveau d'en finir avec la loi républicaine. Il n'y a pas d'alternative au raffermissement de l'unité de la loi et du bien commun, dans son acception moderne et française de service public pour balayer les ententes de copains pour contourner l'une et l'autre pour en finir avec l'omerta locale à virtualités lyncheuses jusqu'au sein des institutions, pour dénoncer sous les oripeaux anarcho-libéralistes qui n'est jamais ici que l'avènement d'une "féodalité de marché", qui ne connaîtrait que la loi du plus fort et l'asservissement du plus faible dans la recherche d'une sécurité privée sous les apparences du contrat. Entre le fort et le faible c'est la loi seule qui protège et le contrat qui asservit.

Jacky REAULT Juin 2005.

En guise de postface réflexive sur l'implication de l'auteur sujet dans le "sujet" analysé.
Ce texte émane d’un universitaire improbable écrivant du sein de ce double ensemble, l’Ouest intérieur retrouvé de la contre-révolution et  Université de Nantes où précisément la souveraineté  populaire le vive la nation du printemps 1789, le primat de Loi sur les privilèges opaques, les unanimités locales de réseaux tout puissants, la diversité des sources culturelles légitimes, ne sont plus vraiment à l'ordre du jour. Les politiques d’épuration et d’exclusion dans au moins deux départements (Psychologie et sociologie) en sont des manifestations désormais passées au domaine public.

En savent cruellement quelque chose par exemple les enseignants chercheurs d'un laboratoire qui a du devenir associatif  pour maintenir son existence et la liberté d’expression de ses membres et dont l'objet reste précisément la connaissance des milieux populaires et que l'on veut dans tous les sens possibles du terme, (qu’ils ont tous éprouvés depuis trois ans), éliminer comme école de pensée et pour certains d'entre eux comme professeurs, interdits de direction et d'enseignement au niveau des thèses, dont l’une vient d’être « blâmée » par les instances disciplinaires, cette  justice entre soi. Mais c'est à tous les niveaux et pas seulement dans nos régions oui-ouistes que populaire et peuple sont devenus l'interdit absolu des sciences sociales établies !

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Note de 2008 sur Retour des peuples I, Réflexion de premier moment sur le Non français au referendum....revu et corrigé et complété, en novembre et décembre 2008.Seuls des éclaircissements théoriques sur l'image, et des précisions documentaires et historiques ont été ajoutés au texte de 2005. L'interprétation livrée à chaud en 2005 reste intacte ainsi que les données numériques, elle garde les traces d'une émotion de citoyen appliquée à différents registres de réalités. Loin de nous l'idée de la dénier. Science sociale sans conscience de soi n'est qu'une imposture positiviste (pages roses d'un Larousse de 2084). Le seul complément théorique significatif est l'ajout du "commun" dans l'approche du "populaire". Cette triple entrée complexe d'un peuple et d'un populaire à jamais insaisissable et protéiforme tout en étant irréductible, signifie  dans les travaux élaborés au sein du Lestamp, un refus de s'enfermer dans à la fois l'antinomie, le faux binaire, et la qualification anachronique et stratifiante, du couple d'un millénaire brouillage des sciences sociales enfermées et écartelées entre Populus plebs, L'alibi de ses confusions latentes alimente aussi une post-sociologies méprisantes du haut et du bas, récemment affublées d'un complément misérabiliste, le fragile, par un binôme de mandarins pratiquant la mixité sans doute pour se couvrir du ridicule (voir sur le Web, Haut, Bas, Fragile...

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« Il n’y a pas, il ne peut y avoir une civilisation mondiale au sens absolu que l’on donne souvent à ce terme, puisque la civilisation implique la coexistence de cultures offrant entre elles le maximum de diversité, et consiste même en cette coexistence »

Cl. Lévi-Strauss, Anthropologie structurale II p. 417


 
Anne Réault Homme-drapeau aux couleurs qui fuient 2 Homme au drapeau dans un brouillard Anne Réault



2.
Retour des peuples - hiver 2008-9

Peuple politique peuple social peuple sociétal (du commun)

 Bref essai intermédiaire sur le peuple et les niveaux de médiation du  populaire pour un lieu commun des sciences sociales.

Notre conception du populaire (J. Réault," Mondes ouvriers et peuples horizontaux", in Deniot, Dutheil, Crises et métamorphoses ouvrières L’Harmattan 1994, Les ouvriers nazairiens ou la double vie, in Ecomusée Saint-Nazaire et la construction navale 1991, et Les Trente Glorieuses de la CGT nazairienne Annales de Bretagne 1995), interfère avec celle de J Deniot, telle que nous l'avons croisée dans l'essai sur le commun, In Pour un lieu commun des sciences sociales). C'est au sein du Lestamp alternatif, c'est à dire associatif librement engendré par la destruction institutionnelle du Lestamp, que nous l'avons réélaborée et complétée en janvier 2004. Elle se refuse à  l'absurde opposition des deux termes latins  populus et plebs, dérivant anachroniquement dans, alors que le second est irréductiblement daté depuis 2500 ans et donnant finalement matière au rejet quasi racial du peuple politique par P Rosanvallon (Pour le moins depuis l'article explicite publié dans Les lieux de mémoire), ou la "science politique" personnifiée de l'idéologie de la mondialisation, id est de la désouverainisation des peuples désymbolisés. Elle enjambe la république aristocratique romaine pour retrouver le système d'opposition fondateur, celui d'Athènes. L'antinomique du pouvoir du peuple (démocratia), est le pouvoir d'un petit nombre séparé (oligarchia).  Nous le pensons dans l'unité organique toujours problématique de trois configurations complexes et interférentes, qui signifie la singularité la plus spécifique de toute société, formation sociale, pour mieux conceptualiser, en tout cas une unité d’humanisation.

C'est l'interférence mobile et complexe  et irréductiblement floue puisqu'elle est unité de trois mouvements, de ces trois identifications elles même inégalement floues mais néanmoins réelles, du peuple et du populaire, le peuple anthropologique des nations humanisantes (1) à la fois séparées et condensées-infléchies dans un Etat, le peuple social (2) des sociétés de classes, celui des rapports sociaux, qui interfère avec le premier précisément dans le rapport à l'Etat, l'un et l'autre et leurs rapports dans et hors l'Etat, étant  toujours en interférences avec les milieux symboliques de diverses modalités du commun du peuple sociétal, que la langue les coutumes les rituels temporels et spatiaux, voire le religieux, expriment notamment. (3) On ajoute que si les combinatoires réelles de fait social total des identifications du peuple se saisissent essentiellement dans les milieux matériels, (4) géographiques et pratiqués des espaces appropriés et défendus, dans les quotidiennetés des formes de vie et d'habiter, en un mot dans les petits pays (de l'empaysation, comme on l'a écrit dans un essai sur la ruralité), elles ne sont en aucune façon exclusives mais organiquement complémentaire des modes d'unification à distance ou liturgies politiques mémorielles ou guerrières de la nation en ces moments rituels festifs ou dramatiques d'ostentation de son unité.

1 D'abord il y a Un peuple singulier historiquement singularisé et perçu comme tel dans le concert contemporain, le Populus, romain, français, chilien serbe,.. et dans les démocraties représentatives contemporaines issues des révolutions américaine et française, il est le peuple invoqué et consulté et souvent bafoué dans l'exercice de la souveraineté populaire, celle que précisément met en cause la mondialisation et ceux qui en sont l'avant-garde dans leurs propres nations se définissant de facto comme oligarques l'antagonique des peuples dans la problématique grecque inventant et instituant la démocratie. C'est d'évidence le nouveau concept opérant de la sociologie politique du 3° millénaire, dans le carcan de mépris de la dite construction de l'Europe. En réalité, sa déconstruction.

Tel que le droit romain nous en a transmis le concept, y compris dans la formule qui dans le même mouvement désignait son état donc son Etat, dans la séparation et l'organicité, senatus populusque romanus ; le Tout écrivions nous pour frapper l'auditoire un jour de colloque en 1994. Ce peuple c'est donc d'abord Un  peuple, parmi d'autres, dans le concert babélien qui fonde le socle de l'humanisation, différencié de son voisin, les français, les hollandais etc., qui veut durer sur un territoire spatial et mémoriel et pour cela  s'instituer faire Loi pour être milieu constitutif d'une  nation. Un peuple singulier est toujours la médiation première, l'universel concret, de toute humanisation et de toute identification primordiale, de l'enfant comme de la société ;c'est en son seul sein que la filiation de ego s'inscrit dans une tension féconde entre le monde via ses civilisations au large, larges familles de peuples, et en prise directe et charnelle avec la petite patrie territoriale première expérience, entre microcosme et métonymie de la grande, espace interne des peuples horizontaux vivant en milieux jouant dans l'identification la fonction concrète de première médiation en même temps qu'expérience de l'altérité coopérante ; c'est cette transversalité du populaire qui passe par le commun des milieux spatialisés proches dont nous faisons notre quatrième critère..

Le Populus est rappelons le au passage à un lectorat français qui croit que l'on est encore dans l'héritage des grandes politiques culturelles qui ont fait ce pays depuis mille ans, le  peuple et le  populaire du TNP Théâtre National Populaire, de Jean Vilar et de la fondation du Festival d'Avignon, cette utopie réalisée selon l'expression de Laurent Fleury (J. Deniot A. Pessin,
Les peuples de l'art L'Harmattan 2005), celui qu'institutionnalise André Malraux quand il fonde son ministère, en y intégrant de facto les militants de "l'éducation populaire" qui participent certes, mais dans des équilibres variés selon les organisations, de la deuxième acception de peuple celui qui à l'époque est clairement celui des classes, ouvrières artisanes et paysannes: peuple (2) qu'il est devenu  beaucoup plus approximatif voir trompeur de spécifier  comme classes populaires..

C'est tant le Peuple du Populus  - une identification nationale de résultante nécessairement positive, en un mot les français, leur langue leur histoire, leur culture- , que  le populaire de classes dont les tenants de l'éducation populaire  constituaient l'élite (entre instituteurs et militants ouvriers), ses syndicats, ses mouvements sociaux, ses modes d'appropriation du territoire (la chasse), ses votes, ses gouts, etc. ,  que va s'ingénier obstinément à détruire par la conjonction de la force, de l'assèchement des subventions et du mépris, redoublé et alimenté par les ex-intelligentsia soviétisantes ou maoïsantes, l'Etat culturel de Jack Lang. Il fut en cela à  l'avant-garde de la privation de souveraineté que la mondialisation et le mode de construction oligarchique de l'appareil européen vont développer . Il est probable que nous vivons de cet Etat culturel central, ( ses formes féodales décentralisées lui succèdent en plus nulles et plus tyranniques) les derniers soubresauts avant son absorption résistible dans le secteur culturel et créatif du capitalisme et du nivellement des nations qu'a programmé le Traité de Lisbonne, ratifié sur ce point en actes après avoir été repoussé par tous les votes de
peuples à qui on a laissé le choix. A ceci près que la crise systémique qui déroule les prémisses de son maelstrom pourrait bien être l'heure du retour des peuples.

- 2  Peuple social celui de la production de la société au sein des rapports sociaux, de production et de centre-périphérisation urbaine et rurale, celui des cultures "populaires", virtuellement noyau dur du peuple sociétal

2-Bis Complexification : de la virtualité du peuple social a se constituer comme le socle résistant du vouloir vivre viable de la société comme communalité de formes sociales, de culture et de mémoire, ou peuple sociétal.

Quelques mots d'abord sur cette double formulation, le peuple social celui que l'on a circonscrit  ci dessous dans le  corps de cet essai, se saisit comme partition de la société inséparablement structuralo-fonctionnelle d'une part et inscrite dans des rapports sociaux, d'autre part, au sens, si l'on veut et sous réserve d'inventaire, le plus marxien qui soit : c'est à dire de rapports contradictoires inégaux mais interactifs de par les mobilisations résistantes ou offensives (luttes). Emmêlés concrètement les attributs fonctionnels et les mobilisations résistantes offensives ou passives jouant des contradictions sont logiquement différenciés et leur résultante toujours à analyser dans une conjoncture singulière. L'ensemble forme le peuple social. Cette dualité contradictoire du fonctionnel et des rapports sociaux, plus abstraitement des contradictoire (bases  (?) d'éventuelles mobilisations conflictuelles quand en gros ou en détail l'histoire d'une transformation résistante ou offensive s'ouvre) nous sépare radicalement du marxisme comme idéologie close dans l'exclusive logique des rapports sociaux et à plus forte raison de ses succédanés de café du commerce sociologique sur une essentialisation possible (et exclusive de toute autre logique anthropologique) de "dominants" et de "dominés", catégorie de bazars pour camelots quasi-éthologues. Mais cela ne nous empêche en rien d'intégrer l'heuristique marxienne qui nous semble indépassable des rapports sociaux - dans la production sociale de leur existence les hommes entrent dans des rapports... - au sein de multiples contradictions propres aux positions dans la mondialisation, aux positions dans l'insertion sociétale des modes de production, à leurs interférence et à de multiples autres principes possibles d'exploitation de tentative de contrainte violente de disqualification culturelle ou institutionnelle. Nous ajoutons à cette approche sociale, déjà complexe donc, une autre thèse que nous ne développerons pas ici car elle demanderait des développements trop importants. Les modalités d'interférence des attributs du peuple social et du Populus national comme subjectivation instituée de l'ensemble de la société considérée dans sa souveraine séparation, nous suggèrent la thèse à explorer d'un peuple sociétal. Pour ne pas alourdir le propos nous en renvoyons un profilage rapide en annexe.

Au sein d'un
peuple-populus   se constituant en  Etat - bloc de classes et d'appareils monopolisateurs de violence et de reliances symboliques, pour faire face,  -nous résume peut-être un peu trop vite Engels de l'Origine de la famille-, précisément aux contradictions de la cristallisation de classes dans de contradictoires rapports sociaux, apparaîtrait dans la société Le peuple, dans sa deuxième acception, partition dû pôpulus, à ceci près que c'est, dans cette problématique, de lui multitude le socle de la société, que le bloc historique des classes liées à l'Etat et ''Etat se sont séparées. Dans cette genèse qui n'est pas sans intérêt heuristique nous voyons le double intérêt de fonder la thèse corollaire du lien organique peuple nation et du peuple social dans ce que appelons le peuple sociétal. Dans cette formulation des multitudes majoritaires constitutives du Populus, seraient de ce fait deux fois peuple, Nous hésitons, cependant avec l'essentiel des sciences sociales et cette incertitude est sans doute indépassable sur la substantivisation

Le
peuple, non qu'on puisse prétendre qu'il n'existe mais mais
que l'on ne peut connaître que dans des métonymies concrètes, en général localisées ou sectorisées, sauf vastes mouvements de révoltes (émotions populaires) ou de révolutions, où le peuple n'est jamais seul. Sociologiquement il est plus prudent de partir essentiellement de référence irréductiblement mouvantes dynamiques et contradictoires, selon les pratiques auxquelles on l'attribue, que sont certaines propriétés sociales en structures ou en situations et pratiques dites populaire (sociabilités, cultures, langages, morale esthétique, formes de vie, alimentation, produits). La sociologie et l'histoire ne sont pas en manque pour illustrer cela à ceci près qu'une partie très idéologisée des sciences sociales prétend nous asséner la thèse, du temps de la mondialisation, qu'ils nomment village mondial ou autres balivernes, de l'obsolescence du populaire comme de toutes les acceptions du mot peuple.  

En tout cas rien de ce que l'on peut qualifier de peuple ou de populaire au temps historique d'où nous parlons ne peut se dénoter  et à plus forte raison devenir intelligible par l'
anachronique plebs qui était supposée désigner le peuple social, non sans une certaine préciosité désuète dans la vieille littérature universitaire réactivée dans les années 80 au temps du retour de l'antipeuplisme de mépris. Laissons le une bonne fois aux idéologues de l'humanitaire, de la victimisation ou de la déconsidération et aux sociologies courtes peu soucieuses d'anachronisme ou pire colportant avec elle leur condescendance à l'égard d'un supposé bas, ce vocable réapparu jusque dans la littérature sociologique de la fracture sociale active des dépités des totalitarismes de volk ou de (pseudo) classe du 20° siècle.

Nous ne disposons pas de substantif conceptuel alternatif disponible suffisamment universalisé pour désigner ce qu'une sociologie de la culture important  de facto les stratifications verticalisantes anglo-américaines, assigne comme classes populaires, catégorie parfois commode mais sans aucun principe d'intelligibilité que d'être intégrée par le bas (encore) dans des topiques dont la plus célèbre et éculée est la tripartition des cultures, terme devenu totalement syncrétique, lorsqu'avec l'Etat culturel et sa novlang Le sens même des mots comme un donjon tomba (Jacques Bertin). Qualifier des classes plutôt que d'autres de populaires c'est de surcroît les essentialiser, contre ses principes revendiqués. Cependant dans classes populaires l'apport gnoséologique le plus explicite reste peut-être le premier mot classes (moins comme groupe mais comme marqueur à moyenne portée de rapports sociaux) quel que soit son usure historique. Mais il faut aller plus que toute cette prudence par trop inhibante de toute analyse aboutie.

Sortir de trop de prudence épistémologique guettée de relativisme

Le populaire des classes populaires (plus ou moins désigné comme la métonymie du peuple, son noyau phénoménologique visible en quelque sorte, dans le discours politicien du 19° siècle) renvoie dans la tripartition indo-européenne aux laboratores, ceux qui travaillent, (Georges Duby, Les trois ordres ou l'imaginaire du féodalisme. NRF1978) par rapport à ceux qui relient par les rites et liturgies et ceux qui combattent (dans un continuum politique et militaire). S'il fallait un substantif contemporain - quoique l'attribut populaire nous semble épistémologiquement supérieur jusque dans son incertitude robuste - nous proposerions  en approximation plus ou moins provisoire, les travailleurs , et puisque c'est le salariat qui en constitue le mode, ajoutons, les travailleurs libres, libres (concept qui chez Marx, tout le monde l'oublie, a valeur civilisationnelle positive). Aux salariés cependant il est nécessaire d'adjoindre les non salariés non ou peu salarisant  (ce qui n'est d'ailleurs pas contradictoire avec la première théorie marxienne de la prolétarisation des Formen dans le brouillon hégélianisant dit Grundgrisse)) .

Encore pensons nous indispensable d'ajouter pour penser les attributs du populaire, - et  ceci dans le fil du Richard Hoggart de The use of litteracy-,  les critères complets de l'existence sociale ce qui donne, pour le populaire l'ensemble des cultures genres de vie formes de sociabilité, performances esthétiques, des travailleurs libres dans leurs unités et formes de vie (tout le monde ne travaille pas) en leurs milieux , d'habiter, de mémoriser et de symboliser le monde: ce que  nous avons qualifié (J Réault 1989, Lersco) d'ans les espaces temps du territoire français comme écosystèmes sociaux de reproduction (majoritairement) populaires..

Les classes ou plus concrètement sans doute en 2008, les milieux sont plus ou moins  populaires en ce qu'elles, doublement, vivent de leur travail- ou sont entretenus par le travail de leurs liens de vies,  et coexistent entre elles. Nous pensons ici nécessaire d'ajouter un concept marxien quoique nécessairement déductible de la deuxième accumulation du capital celle qui engendre la première industrialisation, celui de prolétarisation, qui ne devient sociologique qu'en l'interprétant en termes d'historicité (moment) de formes et de degrés et qui scinde de ce fait d'entrée la dite classe ouvrière historique qui fut quoique inégalement toujours hétérogèue dans son rapport à cette accumulation.

Les moments degrés et formes de prolétarisation des ouvriers les distribuent dans différents sous ensembles "horizontaux, JT 1989, 1992) du peuple social correspondant aux différentes modalités de leur prolétarisation et déprolétarisation.
Les peuples propriétaires pour dire vite, ouvriers compris, ne sont pas moins populaires que les peuples plus séparés de leurs conditions d'existence, matérielles ou immatérielles (liens savoirs). On dirait même au contraire dans le fil d'une analyse quasi millénaire (sociétés antiques, Révolutions française et américaine) du lien entre peuple et appropriation d'un territoire y compris propriété. Une analyse actuelle des métamorphose du populaire ne peut faire l'économie des modalités du passage ouvrier "de la classe au peuple" (jr 2008) 

Toutes ces pluralités
co-existantes leur est constitutive  du Populus comme du peuple social sauf que sauf que cette dernière est toujours partielle, singulière, mais immédiate dans des territoires milieux (localisés ?)  qui constituent les espaces de médiation de cultures communes intermédiaires entre la culture commune nationale, la plus abstraite mais pas toujours (exemple la guerre, l'intégration politique, la communauté médiatique, etc.) , les milieux territoriaux qui constituent les espaces plus ou moins quotidiennement expérimentés de la vie pratique. Sur ces lieux communs concrets nous revenons plus loin.


Entre les entités parfois robustes des deux peuples entrelacés ou séparés, penser plus généralement le populaire comme attribut autant que comme substantifs de groupes essentialisés. Généralisation du Commun et du Milieu localisé comme introduction à l'idée de transversalité.


Pour qualifier concrètement le populaire sociétal et même d'une certaine façon l'unité du peuple national nous venons d'en passer par deux critères transversaux qui font que ne peut être dit populaire ce qui serait l'apanage de classes ou vaste ensemble en ayant le monopole, le populaire, notamment culturel se révèle dans les géométries variables selon les époques les politiques, les systèmes scolaires etc., de l'extension partagée des communalités sachant que l'espace commun ou séparé est une détermination trop fondamentale ; pas seulement depuis la révolution néolithique séparant les villes et les campagnes mais plus que jamais dans les sociétés affrontant la mondialisation.

C'est par ces deux entrées que l'on peut à la fois comprendre et étudier les transversalités du populaire social mais aussi national tant il est vrai que l'identification solidaire à son peuple comme au peuple ne peut jamais être absolument préjugé. Il est même historiquement répétitif que les classes les moins populaires sociétalement sont souvent celles qui sont les plus enclines à se désolidariser. De ce point de vue le temps de la mondialisation a été exemplaire. C'est de l'archipel des capitales mondialisées monopolisées par les classes parlantes et les oligarchies (inassimilables mécaniquement ou éculées classes supérieures de la sociologie poussive attardée en 1974) que la dépopularisation, dans tous les sens du terme, l'antipeuplisme le plus méprisant, et l'abandon des cultures nationales, sont les plus avancées.

Politique populaire politique du peuple ?

A l'interférence des deux peuples, serait requise l'analyse de ce qu'un historien des temps modernes Roger Dupuy a défini par un maître livre, La politique du peuple (Fayard 2003) portant sur temps moyennement long de l'ancien régime et des républiques issues de la révolution française. Cette question est trop centrale dans la politique ou la post-politique au delà d'un seuil de mondialisation pour être exécutée rapidement. On ne la note ici que pour mémoire et on renvoie outre à R Dupuy à l'autre historien, Guy Bois qui a si magistralement problématisé la nouvelle donne politique de la mondialisation et du caractère central des peuples nationaux dans l'alternative d'une résistance. Cette question centrale, interfère, par trop d'ailleurs dans la dite "science politique" instituée en solidarité totale avec le pouvoir politique et celui des media, avec les différentes modalités d'un populisme. Il y aurait pourtant grand besoin d'un concept de sciences sociales désintriqué des usages vulgaires, quoique se prétendant savants,  tendancieux et insultants, qu'en ont fait les classes parlantes à partir en gros de l'année orwellienne de 1984, celle du Vive la crise des intellectuels dépopularisés. Alors que la souveraineté nationale (populaire 1) était l'objet d'un premier et radical abandon (l'asservissement du franc au mark fort de la déflation et de la décroissance), et que les acquis populaires (2)  étaient ridiculisés avant d'être démolis un à un, il s'agissait de de désolidariser les classes (moyennes ?)  devenues culturelles  c'est à dire instruites, (E Todd, l'Illusion économique) dans le sillage de l'oligarchie mondialiste des classes parlantes, et des classes populaires présentées comme porteuses de toutes les tares de l'arriération politique et culturelle.. Antinationisme (P A Taguieff) et Antipeuplisme (Todd, etc. ) surgirent ensemble et constituent historiquement une véritable leçon de chose expérimentale de l'enlacement organique du peuple du peuple national et du peuple social - et ou sociétal ?- , dans la réalité comme dans toute science sociale qui ne renonce pas à saisir des complexités concrètes sinon contradictoires dans le sens marxien et non logique du terme.

- 3 Le peuple sociétal, est celui du commun de la strate la plus largement commune de la culture sociétale - Nous ne l'avions pas évoqué dans l'analyse essentiellement politique de 2005 quoique son élaboration est ancienne (J Réault 1992, l'intersection du populus et de la plebs) et J Réault, J Deniot, J Réault, 2006. Le commun, Pour un lieu commun des sciences sociales). Nous revendiquons l'ajout de ce concept transversal indispensable à la compréhension des deux populaires et de leurs interférences, sa spécificité se trouvant précisément dans leurs interférences. Pas de peuple sans communalités ;  - celles de la nation sont à la fois plus lointaines nécessairement plus instituées et inscrites  nécessairement sur soubassement anthropologico-culturel et mémoriel volant de perdurance de la constitution politique autonome, -celles pas toujours moins concrètes (les langues maternelles (Th Nathan)  que - les communalités immédiates de milieux petits pays régions. Le commun c'est tout ce qui se trouve en amont des diversités et qui permet de faire à toutes échelles, locales ou nationale, peuple comme tendanciellement unité constituée ou simplement comme sociabilité "naturelle : les universaux relatifs des linguistes et des anthropologues de la culture, ou plus récemment du bel ordinaire de Joëlle Deniot ou la connaissance ordinaire de Michel Maffesoli),  mais aussi la common decency d'Orwell, redécouverte par Jean-Claude Michéa, sur le socle démocratique mais d'abord anthropologique du common sense, voire de la common law, britanniques. Ainsi en France la langue reste, quoiqu'on nous affole avec un analphabétisme très sollicité, commune, l'excellence alimentaire ( J Réault 2004),  reste une communalité propre à tous les ensembles sociaux, la mémoire de vastes mouvements populaires capables d'infléchir l'obsolescence d'institutions politiques en est une autre, etc.

Il faut cependant faire un sort au commun plus particulièrement propre aux multitudes (ou classes vite dit travailleuses. IL y a deux angles aux révélations différentes pour l'aborder -  - - C'est  d'abord à son propos que l'on désigne des dites et éventuellement avec pertinence, cultures populaires, elles sont à la fois faites d'items communs à l'ensemble du Populus mais plus ou moins devenues obsolètes dans les classes les plus liées au pouvoir et à l'intégration culturelle contrainte, soit spécifiques souvent soit localisées et historiques (milieux) soit liées aux pratiques travailleuses et à leurs interférences dans des koinées de coopérations partielles l'armée de conscription en fut une), reliant artisans paysans ouvriers etc...) On considère ici comme pur et vain jeu d'intellectuel incapable de s'exposer dans une pensée qui les inscrit dans un populaire quel qu'il soit la fausse querelle du populaire de déperdition des classes distinguées et du populaire spécifique. Les deux mon général et revenons aux choses sérieuses.

- Le commun c'est surtout et plus profondément, ce qui est transversal au plus grand nombre (englobant les laboratores, comme G Duby le trouve dans les textes médiévaux), de la culture dans toutes ses acceptions et d'abord les langages verbaux et non verbaux, les sociabilités de convenance ou plus profondes, les mémoires, et en France, au premier chef les chansons, les genres de vie, et du temps de la mondialisation inversant les valeurs des mondialisés, la common decency anthropologique. C'est ce fondamental transversal du populaire qui rend le plus malvenu une qualification du populaire de deuxième sens essentialisé dans des groupes spécifiques. En 1950, l'école primaire de la république avait achevé de produire une communauté de langue qui plus est baignée dans les partages inégaux mais communs et universellement valorisés du "Pays de la littérature" ( J Lepape). Les politiques d'après 1974 se sont tous conjugués pour mettre en pièce et la langue et sa littérature, acculturant par la violence d'Etat ce qui avait été un des peuples les plus instruits et cultivés du monde. Il fallut une sociologie du plus bas étage pour louer les pouvoirs responsables de cet ethnocide, par une des plus serviles contributions apportées par des universitaires au pouvoir politique. Cette contribution se présenta comme Le niveau monte.

L'antiphrase est une spécialité des novlangs totalitaires. La récompense ne se fit pas attendre l'auteur ne devint pas ministre, ce qu'il avait espéré, ou au moins conseiller proche, mais pire on lui confia la chaire des sciences sociales dans ce qui restait un des derniers sanctuaires de la haute culture. Grand moment de l'assomption de la "sociologie comme science". Tout était évidemment et reste définitivement dans le "comme". En d'autre temps ont aurait proposé sa tête au peuple ce qui serait trop d'honneur ; nous ne lui souhaitons que l'oubli, après disparition des derniers manuels les plus aboutis sans la novlang antithèse de la langue et de la raison commune, ceux des dites Sciences Economiques et Sociales qu'aucun pouvoir ne semble avoir vraiment envie d'abolir.

Au total le peuple et le populaire s'adjugent dans cette trinité le tout national, le pôle populaire des rapports sociaux, et à l'interférence et sous l'interférence, le commun. L'actualisation contemporaines des pensées du populaire étaient enformée dans l'aporie  de ce dualisme syncrétique qui faisait coexister sans interférence les logiques hétérogène de la vieillerie anachroniques colportée par le droit et les sociologies courtes du populus et de la plèbe. Le contradictions et les illogismes de ce bric-à-brac faisaient beau jeu aux idéologues (Rosanvallon en tête mais aussi Touraine et les tourainiens), de la fin des peuples, alias l'expression quasiment mécanique du processus et des politiques conjuguées de mondialisation, alias dédifférenciation pré-Babélienne des peuples alias abolition de la souveraineté populaire des nations.

4- Le populaire et le spatial

L'approche anthropologique sociologique et historique complète, notamment et pas seulement dans les espaces-temps qui constituent la structure spécifique de la mondialisation (centre (s)périphéries, centrages décentrages), requiert de ne pas se borner à ces trois entrées génériques de l'universel concret de chaque société, et d'introduire d'une part, sous chacune ses rapports à l'espace territorial, d'autre part les unités concrètes non universelles qui constituent les milieux de l'expérience des fondamentaux des formes de vie d'habiter de travailler, de socialiser Là se trouve (quels que soient les media unificateurs qui correspondent aux entrées génériques), les segmentations anthropo-historiques, génériques (villes/campagnes etc.) liées à l'histoire des espaces-temps du développement (Autour de la ligne Saint-Malo-Genève"), et singulières, les entités régionales, notamment si spécifiques de la France-diversité (F Braudel), aux découpages à la fois souples et robustes et en tout cas multi-critères, ce qui n'exclut pas de vastes ensembles connus de l'anthropologique historique (Nord/Sud, de la langue, du droit, de la romanisation etc, Ouest d'A Siegfried et autres interférence surdéterminée par les civilisations agraires, Vendée, pays etc...) Ce que nous avions qualifié dans nos travaux des années 1989-1995, de peuples horizontaux (1992 publié 1995), et d'écosystèmes sociaux de reproduction. (Jr 1989)

Les rapports très intenses du populaire et du spatial ne constituent pas une thèse qui serait nouvelle ou théoriciste, leur connaissance de réalité résistante s'impose depuis longtemps aux historiens géographes anthropologiques notamment de l'espace français, mais il est important pour la grande ignorance modale des sociologues à cet égard de préciser que l'efficace de l'espace dans la détermination des pratiques se vérifie toujours autant dans toutes approches empiriques qui ont la probité de ne pas l'oublier, Au point que non seulement sur les variables aussi sensibles et apparemment conjoncturelles des formes et modes de vie d'habiter et de consommation, la description économique (Nicole Tabard) pose comme empiriquement toujours vérifiée la correspondance du populaire et du rural, mais plus généralement les grandes enquêtes d'opinions quasi quotidiennement réitérées dans la contemporanéité la plus immédiate possible, mettent en évidence que parmi toutes les variables "indépendantes" explicatives du plus grand nombre de pratiques et bien avant la CSP en obsolescence rapide, le diplôme et la situation spatiale étaient les plus vérifiées, soit ensemble (remarque précédente) soit exclusivement. L'expulsion du peuple des villes dans les sociétés de la mondialisation ne peut que renforcer ce phénomène. Une anthropologie du populaire doit donc intégrer tout cela d'autant plus que le politique est, même dans la conscience sociale, devenue l'expression politique de cette réalité, les grandes villes archipel de la mondialisation étant de plus en plus le monopole résidentiel des franges bobos et culturelles de l'hyperbourgeoisie mondiale et de ses relais dépopularisés et dont le noyau dur (Vert) se dit dénationalisé.

A l'âge de la mondialisation la spatialisation des grandes polarisations sociales et politiques, celle des peuples et des oligarchies mondialisées étant l'axe du monde, est dimension intrinsèque de toute problématisation du populaire.
Depuis longtemps les sociologues des consommations et genres de vie ( N Tabard) ont mis en évidence l'équation du populaire et du rural, que nous avons développés dans nombre de nos travaux( 1989, 2002, 2004). Les grandes villes de l'archipel de la mondialisation n'abritent de plus en plus désormais que les classes parlantes nimbées de plus ou moins de classes culturelles dont l'hyperbourgeoisie, ou du moins la culture de son pouvoir est la référence, et de leurs assistés ethnicisés des périphéries du monde. Les mondes travailleurs et populaires les plus refoulés constituent, avec leurs formes propres de résistance (le mouvement chasseur par exemple) les indigènes des ruralités plus ou moins abandonnées, mais aussi de ces mondes intermédiaires où les mondialisés des grandes villes les repoussent dans ces nouvelles ambivalentes et  porteuses de dynamiques sociales brouillant les cartes, les rurbanités.

La désymbolisation générale des peuples et du populaire ou la question principale des sociétés de la mondialisation.

En gros ne tournons pas autour du pot tout est bon qui, 209 ans après la révolution française veut nous réhabiliter les catégories de pensée, et virtuellement les statuts réinstitutionnalisés en gros de tout ce qui désigne l'infériorité et donc est supposé refonder l'inégalité, dont la plus radicale est la substitution d'oligarchies à la souveraineté des peuples, et la médiation tendancielle la discrimination instituée, qu'importe qu'elle soit positive ou négative, elle est toujours infériorisante comme l'insertion assistée est la véritable et la seule exclusion. On peut dater ce surgissement de sociologies et de politiques inégalisantes désormais organiquement liées au tournant (de 1983,4, dans nos travaux). C'est de là que pour nous et beaucoup d'autres observateurs s'ancre ce qu'Alain Supiot, a tardivement (2008, article du Monde) mais judicieusement qualifié de sécession des élites.

Il y a pourtant bien longtemps que d'abord les media et les politiques nous ont stigmatisés les archaïques, les frileux, les  frustrés à chaque élection, derrière les idéologues fascisants de la France moisie, qui devait entériner des choix oligarchiques consensualisés par les "partis de gouvernement". C'est plus récemment que des sociologues se sont mis, dans le fil du misérabilisme tardif d'un Bourdieu, à nous problématiser de nouveaux vieux ouvriers réduits au regard humanitaire  méprisant et victimisant d'une quasi racialisée condition ouvrière,  agrippés à des acquis ringards (le langage et l'inversion politique du directeur de Libé ont fait école). Qui ne connait par cœur toute la litanie de la de la classe parlante s'adressant à la classe culturelle les soirs d'élection. D'abord ils votent mal, et pour cause, personne ne veut plus les représenter-, à  cette exclusion sans appel populiste peut se dévider toute la panoplie de ce racisme de classe ( les beaufrs, les chasseurs viandards, les Bidochon, les familialistes, les ruralistes, jusqu'à la classe raciste de l'ancien chef de la multinationale sociologique de la classe ouvrière version stalienne, etc..)

Alors que pour occuper la place du peuple efface on a de si bons objets post populaires, nouveaux parias de Stéphane Beaud  et Pialoux, (Retour sur la condition ouvrière), "sans-papiers" des intellectuels et artistes manifestants de l'empire du bien cherchant des caméras (les artistezés de l'authentique révolte faux rebelles si bien campés par Jacques Bertin qu'il en a perdu son emploi à Politis), et pire encore, le "bas" des idéologies sociologiques nostalgiques du stalinisme réfugiés dans le mépris sociologisé pour la dite classe raciste, les ouvriers du  Michel Verret du dernier âge (1999) hélas ! mais qui dès le début des années 80, et le premier peut-être avait systématiquement introduit le vocable du bas  pour faire d'un coup un sort de relégation radicale dans une Sibérie de la pensée et du statut politique, à cette ex classe ouvrière qui n'avait pas accompli ses prophéties et pas été digne de sa mission (une union soviétique mondiale ?).

Ah cette fascination pour les borderline, et cette mode durable des classes parlantes et culturelles, des sociologues disciplinaires et des media si unis sur ce point, pour les soi disant outsiders, ce marqueur jamais épuisé de la pensée sociologique de convention bien-pensante et de la posture esthétisée du faux rebelle, le bobo. Cette géniale invention d'un peut-être "néocons" américain. Le dernier avatar du reformatage misérabiliste de la vision de la société qui finalement s'avère correspondre avec celle des oligarchies des sociétés mondialisées, conjugue tout, le mépris vertical du Verret terminal et la désidentification par l'humanitarisme à fort relent assistanciel 19° siècle, Annie Collowald et Olivier Schwartz prétendent-ils dépasser par le haut le couperet binaire du haut et du bas en lui ajoutant, le fragile ? Si la sociologie instituée dans l'Etat en est là, ne vaudrait-il pas mieux qu'elle s'abolisse ; les sondeurs du marketing ne font pas pire avec désormais leurs classes modestes (Ipsos, TNS-Sofres), proche du sobriquet humanitaro-médiatique des "plus démunis". On se prend à rêver de l'urgence d'un grand vent anarchiste imposant la fin de l'Etat sociologique devenu le laboratoire de l'accompagnement du procès et des politiques de mondialisation, par les concepts de la radicale néantisation du populaire et des peuples.

++
Voir nos articles , Les ouvriers de Saint-Nazaire ou la double vie et  Les ouvriers, de la classe au peuple.

Marx avait déjà noté que la science sociale la plus profonde n'était pas à prendre dans la bien pensance des deux libéralismes de gauche ou de droite, le même selon Claude Michéa (Impasse Adam Smith; Edition Climats), mais dans les affres enracinés et complexes des profonds réactionnaires, si ce mot a encore cependant un sens, (sinon à l'âge de la mondialisation, où les nations qui parviennent à maintenir leur vouloir-vivre constituent les principales réserves d'alternative antisystémiques possibles au sein de leurs braudéliennes civilisations),  celui de résistant à côté du peuple social, encore faut-il pour cette conjonction que le leurre obsolescent du partage droite-gauche des appareils de pouvoir n'illusionne plus sur son inadéquation radicale aux périodes de salut public à l'ordre du jour, et dans ce registre il est particulièrement mal venu de faire la fine bouche.

Jacky Réault Décembre 2008-2 février 20095 avril 2009
Viatique bibliographique de l'auteur 21 mai 2009.

Sur la distinction si tardivement élaborée dans les sciences sociales et à laquelle nous avons contribué au premier chef par de multiples travaux depuis 1977 (voir notre auto-présentation sur www.lestamp.com, ) on renvoie le lecteur à la publication d'un texte plus théorisé qui condense et simplifie un enseignement développé pendant trente, pour l'essentiel publié en textes gris d'usage universitaire dans "Le travailleur libre des sociétés centrales du capitalisme historique". Cet article est intitulé

-Prolétarisation Prolétarisation inachevée Prolétarisation achevée dans les mondes ouvriers, c'est le texte de la première de nos deux communications au Colloque du LERSCO-CNRS Crises et métamorphoses ouvrières- Université de Nantes LERSCO-CNRS dans l' Axe  6,  8-10 Octobre 1992. Non publiée faute de place, elle sera disponible sur le site  www. sociologies lors de son ouverture prévue en juillet 2010, sous son  titre de 1992.

Parmi nos autres références où se croisent souvent explicitement les problématiques de prolétarisation de classes et de peuples dont l'interférence permanente constitue pour nous un des axes biographiques principaux de nos travaux, on signale,

-Nicolas et Ségolène 2007 ou le mystère de La dame de Vix, in Joëlle Deniot et Jacky Réault avec Léonard Delmaire, Espaces, Temps et Territoires Cahiers du Lestamp-Habiter-PIPS ea 4287 de l'UPJV, Nates Mai 2010, Lestamp-Edition.

- Ouvriers de l'Ouest -II-, Les ouvriers de Saint-Nazaire ou la double vie, in -
www.sociologie-cultures.com., un texte quasi doublé et actualisé en 2006 et 2009 de Les ouvriers nazairiens ou la double vie ; cette  édition originale plus restreinte in Ecomusée de Saint-Nazaire, Saint-Nazaire et la construction navale. 1993 était depuis longtemps  épuisée. Elle persiste intégrale dans la version développée;

-
Les Trente glorieuses de la CGT nazairienne, in Annales de Bretagne et des pays de l'ouest, 1995-3, Tome 102,  La CGT en Bretagne, un centenaire, Dir. Claude Geslin, Presses Universitaires de Rennes, 

- Formes de vie ouvrière et écosystèmes sociaux de reproduction populaire. Lersco-CNRS, Université de Nantes. 1989

- Ouvriers de l'ouest, in ATP CNRS, L'Ouest bouge-t- il ?  Son changement social et culturel depuis 30 ans. Nantes Vivant 1983

- La prolétarisation inachevée, Approches sociographiques de la  classe ouvrière de l'aire d'emploi de Saint-Nazaire. Nantes LERSCO-CNRS Octobre 1977 (ouvrage épuisé réédition envisagée)

- Nantes l'excès -la ville. Texte d'accueil distribué (anonymement) aux congressistes du Colloque Les cultures populaires organisé à Nantes par la Société d'ethnologie française et le LERSCO CNRS en 1983, et publié par la Tribune de Loire-Atlantique. Sur la périphérisation rurbaine des ouvriers de Nantes après  leurs flamboyants excès et sur le bocage mental des sociétés de  l'Ouest.

Les ouvriers de la classe au peuple, Après l’émancipation, - www.sociologie-cultures.com Octobre 2008-Février 2009

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