| |
Complété in fine d'un Bref
essai sur les concepts de peuple(s) et populaire(s),
pour un lieu commun des
sciences sociales, développant
largement un simple insert de 2005 et désormais séparé.
Le lecteur avide de fondements plus théorisés et
complexifiés de l'usage politique de peuple et de
populaire dans le texte de 2005 aura intérêt à s'y
référer.. Cette newsletter constitue l'édition
originale de ce travail (Copyright 19 décembre 2008)
___________________________________________________
Jacky REAULT
Maître de Conférences - UFR de Sociologie à
l'Université de Nantes, LESTAMP-Association
Droits de reproduction et de diffusion réservés ©
LESTAMP - 2005
Dépôt Légal Bibliothèque Nationale de France
N°20050127-4889 -
Réflexions
de premier moment sur le Non français au référendum
européen de 2005 à l'encontre de la quasi
totalité des oligarchies régnantes, jusque dans l'Ouest
catholique et européiste
___________Avril -Juin
2005
Mon intuition globale d’historien est que cette journée
du 29 mai 2005 vaut bien celle de la prise de la
Bastille quoiqu'elle soit strictement défensive et que
son débouché politique est bien peu assuré si l'on
considère le niveau et la largeur d'esprit des
récupérateurs qui prétendent l'orienter et l'absence de
tout véritable leader populaire capable d'unifier cette
marée de liberté retrouvée. Dans cet article on ne
boudera pas notre jubilation de citoyen, le plaisir du
premier degré, mais on cherchera aussi plus
méthodiquement les composantes historiques sociales et
culturelles d'un rapport Oui/Non qui risque d'être
longtemps structurel dans la pérennité et les
métamorphoses à venir de la société française. La
spatialisation des votes sera notre principal mode
d'expérimentation sociologique ici, sur un territoire
français à la fois unitaire et structuré par des
espaces-temps, une spatialisation que nous avons dans de
nombreux autres travaux croisée avec la canonique
analyse statistique de corrélations sur une corpus de
centaines de variables sédimentées sur trente ans. C'est
pourtant, en considération de plus que l'esprit du
temps, une de ses fondamentales structures
gnoséologiques, après la "Galaxie Gutenberg", celle qui
passe par l'image diffusée par les media de masses, par
l'image que nous allons pénétrer médiatiquement donc
aussi dans ce qui n'est qu'un premier niveau d'analyse,
trop contemporain pour prétendre être histoire, d'un
évènement historique de première grandeur.
Torrents d'images médiatiques réduites à
l'anecdote désignifiante
Rares Icones porteuses de récits débordant de sens au
delà de l' allégorie
On commencera par deux images à faire encadrer d’urgence
pour un livre d'histoire illustré à destinations des nos
petits enfants refusant de devenir les post-citoyens
d'un empire formé des pays de la soumission, cet
archipel mondialisé tout autant virtuel que réel
La formule qui semble aller comme un gant à la
démocratie désubstantialisée (Guy Bois)
qu'engendre la mondialisation est, il faut le rappeler
l'expression fondatrice autant que réductrice de sa
propre œuvre beaucoup plus contradictoire, de l'André
Siegfried des Tableaux politiques de la France de
l'Ouest, lorsque son républicanisme de combat
s'irritait de ce qu'il pensait être un destin éternisé
(l'asservissement volontaire supposé des peuples de
l'ouest français, aux maîtres de la rente foncière et du
catholicisme unanimiste). Aucun destin de soumission
(ou de domination dans la vulgate démobilisante
du sociologisme) n'est jamais adjugé quand il s'agit
d'humains non massifiés et il y a désormais un
demi-siècle que l'historiographie a retrouvé la fierté
d'une résistance jusque chez les chouans de la
contre-révolution Piètres sociologues ceux qui n'ont pas
intégré l'apport le plus profond de la pensée de ...
Marx. Voir et penser la contradiction dans
l'essence même des choses. La contradiction au
sein du réel, n'est-ce pas l'inverse gnoséologique de
l'injonction binaire des media massifiant comme des
discours de désubstantialisation
de la démocratie des politiciens de media et de la
publicité marchande et manipulatrice dont ils
s'inspirent.
Revenons
à nos images. Toutes les images médiatisées ne doivent
pas être fétichisées, comme irréductiblement addictives
; sur ce point Régis Debray a raison contre Guy
Debord, le
spectacle est une fonction anthropologique de
toute société normale, ne serait-ce que comme moment
spéculaire de son unité (Lacan et Durkheim) et certaines
images peuvent être radicalement libératrices ou
sublimantes (l'icone) ou irrémédiablement tragiques. On
s'arrêtera ici sur deux
seulement, car la troisième n'est que la tautologie
textualisée de la deuxième, tautologie (lire sur
cela Clément Rosset) ne signifiant pas épiphénomène de
la connaissance, en l'occurrence lorsque l'assertion
redondante s'inscrit, et avec quelle efficacité, dans le
performatif de l'action politique, redoublée de sa
composante la plus subversive possible, l'humour, et le
rire induit, qui verrouille l'effet de ridiculisation de
l'adversaire.. L'une, celle qui nous montre avec quel
bonheur Nicolas Sarkozy et Françoise Hollande en
compères satisfaits, n'est rien d'autre que la
couverture d'un magazine de très large diffusion,
Paris-Match, certes on donne ici en plus sa version
quelque peu subvertie par un texte diffusé sur le web,
mais c'est pour le plaisir autant que pour la
démonstration : l'image "dit" tout et plus encore.
L'autre, produite de l'agence France-Presse, se passe de
tout commentaire, le texte étant purement informatif. Le
premier ministre (Lionel Jospin) l'homme de la gauche
plus rien
(plurielle) comme le qualifiait ses critiques de gauche)
met gentiment la main sur l'épaule du président de la
République, Jacques Chirac, qui le devance suscitant le
rire du président du dit MEDEF, Mouvement des
Entreprises de France, à distinguer de l'antécédent
patronat français. C'est le baron Ernest-Antoine
Seillières, du lignage de maîtres de forge des Wendel,
dont la vaniteuse contribution à la mondialisation
prédatrice de l'industrie française, soumise aux
injonctions libérales et impériales du centre du monde,
qui a oublié que c'est le renfort de l'Etat français,
bon prince toujours pour le capitalisme défaillant, qui
sauva au début des années 80 le groupe séculaire de sa
grande famille du cruel entonnoir de l'histoire des
faillites. Honneur au photographe anonyme : Belle
brochette, indeed, si l'on veut bien nous
pardonner à la fois cette familiarité et cette
soumission ironique à la langue que tous tendent plus ou
moins à nous faire substituer à la notre tant dans
"l'entreprise" que dans la "recherche", réduite de facto
au quantitatif et aux idées transférables et sans sols,
donc simples.
Nous vivons le temps de l’ambivalence des images. La
majorité celles que déverse en chaos de sens et de non
sens le flux médiatique, chaque jour dans l’œil du
cyclope télévisuel au sein des vies privées, sont les
leurres de l’enfermement interprétatif réduit à
l’anecdote excluant tout récit (Christian Salmon,
Verbicides Climats). Elles s'adressent à des
individus structurés par les formes de (dé)
subjectivation de la mondialisation, psychotiques et
acritiques (Dany Robert Dufour, L’art de
réduire les têtes. Fayard 2002 ) et elles alimentent
leur dé subjectivation. A l'inverse, il en reste de plus
rares échappées à la moulinette du nivellement de masse
et de planète, qui ramènent aux mémoires
identificatrices et aux symbolisations de
l’appropriation possible d’un monde à connaître dans les
limites des raisons de l’individu moderne, névrosé et
critique. On part ici de deux photos subjectivantes
en ce qu'elles induisent le regard d'un sujet libre
en mouvement de gai savoir et de surcroît un citoyen
(adulte libre fondé en droit au sein d'un peuple
souverain) parce qu'elles condensent plus qu'elles-mêmes
dans un feuilletage de sens inépuisable embrayeurs
d'associations libres et disponibles pour la
réflexion autant que pour les respirations de
l'imaginaire. Elles sont virtuellement des œuvres elles
sont inséparablement des actes.
Qu'est-ce qu'une date ?
2001
(Le 11 septembre à Manhattan) 2002 (la révolte populaire
aux élections présidentielles après les accords de
Barcelone) 2005, le Non radical à la
désouverainisation. Des temps de retour fulgurant de
l'histoire en pieds-de-nez à ceux qui l'avaient
enterrée, avec ses
sujets personnels et sociétaux, nations
les classes etc.
Entre ces deux moments qu’il est légitime de relier
sinon de confondre, les élections présidentielles
françaises d'avril 2002, et le referendum sur la
« constitution européenne » de juin 2005, deux photos se
sont révélées dès leur production, à valeur historique
parce qu’elles ont condensé des flux de sens et de
valeur probatoires qui ont été réappropriées par des
multitudes à qui leurs représentants naturels ne donnent
depuis longtemps plus rien à penser. Ces deux élections
ont, contre toute prédiction évolutionniste des tenants
de l'abolition des sociétés humaines dans une humanité
d'avant Babel, réduite à l'espèce, de la fin de
l'histoire, ont manifesté l'irréductible dynamique de
l'historicité des sociétés. La première à évincé
spectaculairement le représentant d'une gauche qui
depuis vingt ans prétendait se passer de peuple, - et
sur ce point le fugace vainqueur populiste (?) avait
beau jeu - et l'humiliation sera difficile à inverser.
La seconde a vu un peuple désouverainisé par ses propres
représentants et qui n'avait pu dans le premier épisode
que résister par la dérision, se manifester de nouveau
en souverain de lui-même sur un vote radicalement
univoque et de facto révolutionnaire quoique que l'on
puisse parier que toutes les forces possibles des
bureaucraties continentales, des media monopolisés, de
l'argent, vont tout faire pour lui faire oublier comme
elles vont tout faire pour abattre, ceux qui dans le
camp des compères en euro-mondialisation, ont eu le
courage de faire sécession et d'abord Laurent Fabius qui
n'y pourra mais, ca r il n'a ni la configuration
sociales ni les ressources personnelles pour oser un
appel au peuple qui mettrait en pièce toute le carcan
idéologique et institutionnel que depuis 1983 il a lui
même, comme premier ministre de François Mitterrand,
largement contribué à édifier.

Cette première image demande, dans le cadre de cette
analyse du retour des peuples, un complément
d'exégèse ; c'est celle d’une certaine Europe en
pratique. Elle réunit de nouveau le trio de l'Accord de
Barcelone entérinant le double recul des Etats et des
peuples sur le systèmes de retraite et sur la
communalité des services (publics), J. Chirac, L.
Jospin, E. A. Seillières, du temps de la campagne des
Présidentielles de 2002. Nous l’avons ressortie pour
qu’elle prenne l’air avec tout lecteur névrosé et
critique encore disponible ; elle n’a rien perdu
de son éclat ! Décidément
on
vit
une
époque
formidable
et
la
mondialisation nous offre des photos superbes,
exclusivement masculines ici et hélas ! .. oh Reiser !
La mondialisation si joliment illustrée ce n'est pas
tous les jours que ses media nous la donne voir.
Avec l'image quand elle rejoint l'icone, Tout pour moi
devient allégorie : Le pouvoir financier rigolant de bon
cœur de la désymbolisation si naïvement
fraternelle du représentant d'une opposition et de la
tête d'une majorité dans une démocratie
désubstantialisée en mondanité élyséenne.

Dites leur Non, disait l’autre en subvertissant à peine
ce qu’induisait sans le savoir la couverture de Paris
Match ou les deux compères avaient eu l’imprudence, mais
aussi la fatuité, de se montrer ensemble. Même costume
même chemise même cravate, même sourire, même oui ! La
suite coulait de source et le fleuve populaire a trouvé
son cours et sa mer. C'est fait et la mondialisation ne
sera plus jamais comme avant !

Ce fut Non, et quel non ! L'histoire des peuples est
repartie et c'est vraiment cette fois-ci dans une
campagne de résistance à la mondialisation. Guy Bois et
ses analyses qui ont radicalisé notre perception et ont
enfin permis d’unifier tant de forces disparates et de
phénomènes apparemment éclatés, (Une nouvelle
servitude, essai sur la mondialisation 2003,
François-Xavier de Guibert) n'ont jamais été si
nécessaires et si confirmés. Le colloque du Lestamp
aussi qui se déroulait à la Médiathèque de Nantes-centre
du monde, en décembre dernier n'aurait pu viser plus au
centre de la contradiction principale du temps actuel.
Notre communication y annonçait « Le retour des peuples
». Il va venir ! Elle va venir, on a seulement pris un
léger retard pour cause de vents disciplinaires internes
et externes un peu pesants.
Un
rêve de sociologue ? si les sociologues rêvaient et
si les
majorités populaires étaient un objet, comme ils
disent, légitime.
On y est !. Ce vote, même analysé à la diable et de
haut, s’avère un vrai rêve de sociologue ; enfin de ceux
d'entre eux qui s'intéressent plus à la réalité sociale
et à l'histoire vivante plutôt qu'à la "(re)
construction" de cette réalité et à l'évolution (un seul
sens dont seule une cléricature érigée, en secte
disciplinaire possède, seule, la clé) et qui cultivent
cette culture de la rupture épistémologique d’avec les
prénotions du sens commun ; culture devenue l'alibi
imposteur de leur séparation méprisante d’avec la
communauté de leur peuple.
Ce vote « c'est la très nette volonté de
protestation des classes populaires » doit reconnaître
un des ténors de la classe parlante, Roland Cayrol
lui-même (La Tribune du 30 mai 05 ) pourtant expert en
promotion des élites de la pensée unique. Mais pourquoi
de protestation ? sinon, pour insinuer les bornes
populistes - cette insulte suprême des oligarchies
régnantes - et la dimension sous-politique où l’on veut
confiner tout cela ; la protestation sociale ce n’est
pas si grave, cela ne touche pas au dogme de la nullité
politique adjugée des peuples.
Volonté générale nous suffit (hein Jean Jacques
!) ; c'est qu'en l’occurrence ces classes populaires que
là encore, la chirurgie sociologique habituelle délie
confine comme plèbe, voir comme "bas" M. Verret, O
Schwartz), sont inséparables de peuple, Populus..
Sujet collectif, auteur (auctor, auctoritas), de
la souveraineté et pas seulement depuis les révolutions
modernes et d’abord la nôtre.
Volonté du peuple ! Rien de moins, rien de plus. D'’un
peuple retrouvé, clé de toute résistance, même si, comme
toujours, ce sont d'abord les classes populaires et
d'abord, los olvidados par excellence, les ruraux, ces
périphérisés de l'intérieur, ouvriers (la moitié) et
chasseurs (le seul mouvement social populaire et
démocratique né depuis la mondialisation), même si ce
sont ces deux évocations repoussées par la bien-pensance
qui manifestent le plus clairement cette volonté. Ce
qu’ils refusent et toujours plus de vote en vote depuis
1984, (en changeant à chaque fois la majorité politique
entre les deux pôles du pareil au même) et avec le
plus de conséquence, maintes observations permettent de
l’expliciter, ce qu’ils refusent, pour le moins trois
violences qui leur sont faites depuis que l’air du temps
de la mondialisation a conquis les oligarchies des très
grandes villes accaparant les pouvoirs de scènes et les
paroles médiatisées.
- La première est celle de l’injonction à leur
disparition comme nation libre et indépendante. La
seconde reconnaissance attendue, comme au temps du
progrès social des Trente Glorieuses de la
société salariale,
c’est la reconnaissance de leurs intérêts spécifiques à
la fois différenciés de classes, essentiellement des
producteurs, c’est la reconnaissance de droit à la
territorialisation (empaysement J Réault Coll.
Lestamp 2, 4 Décembre 2004) protégée.
- L’unité de l’ensemble, dans des sociétés modernes
démocratiques, aptes à gérer leur légitime
conflictualité, est la nécessité organique mais aussi la
valeur plus ou moins universelle, en tout cas dans
l’universel concret de la nation, du lien entre les
classes et les nations dans leurs luttes solidaires
retrouvées.. Ce lien entre luttes de classes (c'est
peut-être vieillot mais plus robuste que luttes de
classement), et constitution nationale de la société
salariale, c'est Emmanuel Todd, (un des rares
sociologues ayant échappé à la neutralisation de la
politique par le monopole de Sciences Po) qui en
a radicalisé l'expression scientifique dans
l’analyse des votes de 1981 à 1994 (Sur le malaise
politique français,
Fondation Saint-Simon), prélude théorique à
l'élection de Jacques Chirac sur la fracture sociale, et
au sursaut populaire de l'automne 1995. Mais il
retrouvait ainsi ce qu'avait théorisé l’œuvre
fondamentale qui pense et clôt les Trente glorieuses de
la normalisation démocratique des rapports du capital et
du travail sur fond de progrès social : Les
métamorphoses de la société salariale (Aglietta et
Brender, Calmann-Lévy 1983), publiée l’année de la
renonciation des « élites » de scène en France, et à
échéance les auteurs eux-mêmes, à toute résistance
conséquente à la mondialisation.
- Le troisième refus est celui des fondamentaux de
l’humanisation, sur le rapport de la loi et des
communautés (qu’indique mais que ne résume pas
l’inceste), sur les grandes différenciations fondatrices
de la raison, parents/enfants, hommes/femmes, âges de la
vie et de raison interférant, sur la légitimité de
l’indigène sur le territoire qu’il a façonné pour
paysager le pays des humains.
Tout ce que, sous couvert de tolérance absolutisée, de
dénégation nihiliste, de rejet de tout rapport nature et
culture, d’Antinationisme, on fait norme le
piètre et mortifère modèle de la pensée zéro (Todd,
l’illusion économique, 2002, P A Taguieff,
Résister au bougisme 2001). Les oligarchies
mondialisées imposent avec violence et mépris, au sens
commun populaire disqualifié et méprisé, certes
peut-être de très loin à partir de l’épicentre
californien- si justement repéré, de sa prison par Régis
Debray identifiant le noyau libéral absolu de la pensée
68 - mais surtout relayé par les post-intellectuels de
l'identité négative monopolisant les scènes de la
financiarisation uniforme des media de la
mondialisation.
- Bref essai intermédiaire sur le peuple et le
populaire pour un lieu commun des sciences sociales.
Notre populaire (J. Réault, in Deniot, Dutheil,
Crises et métamorphoses ouvrières
L’Harmattan 1994, composante de celui du Lestamp au sein
duquel on l’a complété en janvier 2004), se refuse à
absurde opposition des deux termes latins dérivant
anachroniquement, alors que le second est
irréductiblement daté depuis 2500 ans. Nous le pensons
dan s l'unité organique toujours problématique de trois
configurations complexes et interférentes, qui signifie
la singularité la plus spécifique de toute société, formation
sociale, pour mieux conceptualiser, en tout cas
unité d’humanisation..
C'est l'interférence mobile et complexe de ces
deux modalités du peuple et du populaire, le
peuple anthropologique des nations humanisantes (1),
le
peuple social et sociétal (2)des sociétés
de classes, toujours en interférences dans les milieux
symboliques de diverses modalités du commun
(3) et les milieux matériels,(4)
géographiques et pratiqués des espaces appropriés dans
les quotidiennetés des formes de vie et d'habiter des
petits pays et dans les modes d'unification à
distance ou liturgies politiques mémorielles ou
guerrières de la nation en ces moments
rituels festifs ou dramatiques d'ostentation de son
unité
//
On a reporté en annexe sous le titre Bref essai sur
le peuple et le populaire, pour un lieu commun des
sciences sociales, le développement beaucoup plus
ample qu'il nous a paru nécessaire d'apporter à cette
réédition de décembre 2008, qui n'a plus l'excuse de la
réaction à chaud sur un évènement historique,
quoique l'histoire, en l'occurence en cette nouvelle
crise du solstice ( après celle prémonitoire de 1995),
se soit remise à galoper, telle qu'en ses révolutions et
que chaque jour nous livre pour le moins un nouvel
"évènement historique" On renvoie notamment dans cette
newsletter à notre article Comment résister à la
débandade de la raison, sur les sens possibles du pacte
entre Ségolène Royal et Georges Frêche. //
Quel (s) peuple(s) dans le vote de juin
2005 ?
Chiffrons donc, c'est l'approche la plus simple
mais le nombre pensé dans la mobilisation démocratique
des sociétés est toujours plus que lui-même ;il y a de
quoi faire, quoique les institutions de sondage ont
presque toujours au cours de la campagne dissimulé leurs
croisements avec les catégories sociales et spatiales
pour nous enfermer dans l’indexation aux boutiques
politiciennes radicalement hors sujet. Quel est le vote
supposé des "électeurs socialistes" etc.. Ce type même
de questionnement abolissait du même coup la conception
citoyenne du vote et la démocratie sociale indexant
les identités aux modalités identifiants du travail et
de l'emploi.
Mieux
que l'évidence affichée par les sondages, de
stratifications économiques, un vote d'actifs, de
travailleurs.
Le oui est certes aussi la réponse de la grande aisance
et de la richesse quoiqu'il serait réducteur de se
borner à cette perspective économiste élémentaire, à
virtualité démagogique quand elle est moniste. On en
éprouve d'abord l'heuristique avant d'en venir à
beaucoup plus complexe l'indexation à des territoires
culturels, anthropologiques, historiques.
Ont dit NON, on commence désormais à le savoir en
épluchant vraiment beaucoup de papier, 66 % de
ceux qui gagnent moins de 1000 euros par mois, 66 % de
ceux qui gagnent moins de 1500 (notez que la scission
misérabiliste qu'affectionne la deuxième gauche et les
réseaux dominants nantais, des "exclus" opposés aux
salariés n'existe pas face à l'avenir d'une nation, il
n'y a ni "banlieue" ni "pauvres" mais une milieu
populaire solidaire) 55 % votent non, de ceux qui
gagnent entre 1501 et 3000, mais plus que 40 % de ceux
qui gagnent entre 3000 et 4500 et 26 de ceux qui gagnent
plus ( CSA La Tribune ). C'est beau comme à la revue ;
y = ax pour les amoureux des fonctions statistiques.
Mais mieux encore vaut l'aune du rapport au travail,
près de 70 % des ouvriers plus de 60 % des employés, la
majorité des professions intermédiaires.. Quant au
rapport du oui et du non à l'emploi, cet autre
marqueur des "rapports sociaux de production", il est
tout aussi parlant en bloc : 60 % du salariat cadres
compris (64 pour ceux du public et même 58 % pour ceux
du privés ont voté non. ( Où se trouve la scission que
tentent, depuis une génération de creuser ensemble, les
media la CFDT et le patronat entre ces deux pôles du
travail libre en France ? ) ; quant on passe au niveau
du détail, l'intensité du rejet se manifeste comme un
véritable hurlement, 71 % des intérimaires ont voté non,
69 % des CDD (dont pourtant la majorité sont des femmes)
et les CDI sont encore 58 % cadres et fonctionnaires
compris .Il n'est jusqu'aux inactifs dont 54 % ont voté
non; malgré le pilonnage niais et sénile des universités
bien pensantes, la majorité des étudiants n'a pas suivi
alors qu'elle est en train éprouver l'Europe des
mastères, celle du nivellement intellectuel par le bas
des Universités.
Seuls donnent une très courte majorité au non les
patrons, - ce qui donne une large part de nom dans
le peuple des petits entrepreneurs condamnés par la mise
en concurrence mondiale de la normalisation
européenne- encore est-ce en fin de campagne et par
tropisme chiraquien, et les retraités,
irréductibles à une tiroir d'économisme sociologique,
dont le légitimisme et le besoin de conformité
s'ajoutent à une provisoire protection maintenue, acquis
pourtant précarisé de la France de l'indépendance
nationale et de la croissance des Trente Glorieuses, du
compromis social de société salarial entre le communisme
et le gaullisme. L'Ouest de la contre- révolution, sur
lequel on revient plus loin, a bénéficié de ce point de
vue de son suréquipement clientéliste en maisons de
retraite sous la coupe des notables des deux grands
partis du consensus libéral et mondialiste. Qui
n'a pas vu hier les cars entiers affrétés par quels
fonds publics ou occultes, déplaçant les pensionnaires
des maisons de retraite vers les isoloirs du bon vote
dans la ville de Nantes qui donne 60 % au oui ?
Ce sont bien plus globalement et plus génériquement les
actifs (les
travailleurs au sens large d'une respectable
sociologie indigène) qui sont en même temps les adultes
chargés de famille - et donc d'avenir - qui
sont, comme à l'automne 1995, le socle de cette nouvelle
résistance à la mondialisation qui, pour la première
fois et grâce à cette seule forme du suffrage universel
national direct, n'est plus affaire de minorités
ésotériques, les sympathiques mais si radicalement
dépopularisés intellectuels et militants d'Attac.
Beaucoup de ces derniers d’ailleurs n'osent plus se dire
antimondialistes et veulent tant se faire montrables
pour ne pas déplaire aux media financiarisés qui les ont
transformé en gentils "alters," incapables de
solidariser avec les autres formes de résistance
populaire anti-américaines au niveau mondial, ou à leurs
yeux trop conservatrices au niveau national, en
invoquant comme si souvent la social-démocratie pour
masquer ses trahisons colonialistes, une laïcité alibi
de la xénophobie anti-arabo-musulmane, ou un
évolutionnisme progressiste qui archaïse le volant
d'inertie anthropologique rural en particulier,
populaire en général, résistant sur tous les
fondamentaux anthropologiques que le processus de
mercantilisation, le poids des classes culturelles
centrales, les media, et ceux qui s'enferment dans une
anachronique identité progressiste, prétendent inverser.
Alors que la grande question actuelle des peuples et des
classes populaires est celle de la résistance et d'abord
de l'autoconservation. Le premier devoir de surcroît.
Du
nombre au peuple dans des variations
territoriales autant que sociales des milieux
socio-spatiaux-mémoriels concrets : Les polarisations
spatiales du oui et du non
Le Non vient de reproduire un lieu commun,
autour d'un bien commun menacé ; il a
rappelé au monde que voulait toujours vivre le
peuple français, il a montré à ce peuple que le mépris
et la tyrannie des nouvelles oligarchies n'était pas une
fatalité. Commune commune ! c'est le premier cri de
l'émergence des peuples modernes au sein même du
féodalisme.
Une souveraineté empaysée dans les territoires de
temps longs d’une France-diversité au sein de
l'économie- monde qui, tout à la fois,
centre et périphérise. Dans le macrocosme de
l'économie-monde de Fernand Braudel, nous ajoutons
l'idée, éprouvée par de multiples travaux, de
l'heuristique des microcosmes sociétaux
(sociétés pensées comme microcosmes du monde
mondialisé, ce qui n'épuise pas le monde), au sein
desquels se structurent tout aussi intensément cette clé
de l'organicité du monde total, la centration
et la périphérisation, tout aussi bien dans
la société centre (Etats-Unis) que dans le premier
cercle des sociétés centrales (dont la France), que dans
les sociétés des périphéries. La mondialisation, son
multiplicateur bruxellois, sa monnaie de financiers, ses
serviteurs de tous les "partis de gouvernement", en gros
grands et petits oligarques, engendrent des faits
sociaux et politiques d'une intensité et d'un éclat
démonstratif à la hauteur de ce leur colossale imposture
culturelle et politique qui se présente aussi comme une
véritable révolution de la décivilisation. Le Non
populaire d'hier se singularise avec une
prodigieuse évidence comme inséparablement territorial
et social et dans les deux cas, le tout et ses
fractionnements civilisationnels (espaces-milieux des
genres de vie de la ville et de la campagne) et sociaux
(séparations en milieux de classes) sont l'unité
d'analyse.
Vitalités des résistances rurales
Sécessions des centre-villes de l'archipel de la
mondialisation
Ce
vote est donc un vrai rêve réalisé de géographe social
aussi. Le non est d'abord et à un point insolent, celui
des campagnes qui une fois de plus assènent aux
monopolisateurs de la parole des scènes médiatique ou
sociologiques qu'elles existent bel et bien, savent
encore chasser, entre hommes, et savent que même en
cours d'extermination euro-mondialistes des petits
agriculteurs sont encore les indispensables
empayseurs,
producteurs de paysages et de pays.
Les ruraux n’ont pas oublié le "charbonnier maître chez
soi" long idéal millénaire (presque) arraché une
certaine nuit du 4 Août 1789 après le plus puissant
mouvement populaire victorieux de l'histoire de France,
trop abusivement réduit à une expression que l'on
croirait déjà empruntée aux media de Maastricht et de la
constitution de Giscard, vilipendant les attardés et les
crétins : "la grande peur". La plus puissante
réalisation historique jamais réalisée de ce que Roger
Dupuy a fortement élaboré comme Politique du peuple
(Fayard 2002), cet impensable ou plus précisément ce
refoulé de la science politique, science naine,
appendice des chapelles médiatiques et même de
l’histoire progressiste, l'autre histoire sainte se
drapant dans l'empire du bien pour domestiquer et
moderniser les peuples, à l'égal des libéraux.
Les résultats spatialisés offrent un vrai festival de
révélations plus riches en un seul jour que dix ans de
production de sociologues, ces gens qui ne savent rien
d'organique sur leur société pensée comme un tout.. En
un mot, l’unique bloc cohérent de départements qui
donnent une majorité au OUI au milieu d'un océan de Non
a constitué, il y a deux cent ans, l’espace principal de
la Contre-révolution ; ( l'histoire profonde et
fondatrice rejoue de bien loin - relisons Braudel -).
Les choses se sont bien éclaircies depuis la répétition
générale du vote autour du traité de Maastricht ; le
poids de l’Eglise catholique constituait encore le
principal discriminant et le vote hors Paris
correspondait à deux siècles de catholicisme
post-révolutionnaire ; les réalités de la mondialisation
on fait un sort à l’emprise de la plus ancienne
multinationale. Ce qui reste une constante en
revanche, c’est la deuxième matrice de l’acquiescement
majoritaire à la solubilisation des peuples dans
l’alcool du marché : les bobo-lands des très grandes
villes les plus mondialisées - Paris-plage-vélo, Lyon la
fédéraliste et quelques autres métropoles peuplées de
cadres supérieurs
et de ces si commodes "sans papier".
Rapportée à cette toujours si vivante grande
polarisation de la révolution néolithique, entre ville
et campagne et malgré ces interpénétrations digitalisées
qui semblaient les dédifférencier, la géographie du non
et du oui est tout aussi massivement exclusive (même
dans les départements de l’Ouest à oui majoritaire, on
la retrouve aussi). Quelque peu ruraliste (c'est pour
les Verts, une maladie et j’adore rendre vert ceux qui
nous disent que l’espèce humaine est de trop sur la 3°
planète) mais plus encore impénitent historien d’esprit,
c’est avec une double jubilation « scientifique » que je
vois réactualiser cette constante, dans les moments-clés
de résistance nationale, le populaire de tout le
territoire, peuple urbain compris, et le rural forment
un ensemble-milieu organique (que les économistes de la
consommation telle Nicole Tabard, ont repéré depuis
longtemps). Et dans ce tout c’est - contrairement à
toutes les analyses technocratique et
évolutionno-progressistes la ville, ou ce qui en reste,
disons l’espace artificialisé du résidentiel urbain qui
est tirée par le rural - c'est le peuple rural qui est
le noyau dur, "conservatoire" du peuple-nation, qui
donne le ton, et non les villes d’où viendrait tout
initiative et force d’attraction si l’on en croyait ceux
qui nous les présentent depuis deux siècles comme en
mission de civiliser les campagnes, tant chez les
marxistes courts comme chez les libéraux (Encore Michéa
et son Impasse Adam Smith !).
Recul de l'emprise d'église sinon des
réminiscences de l’Ouest
de la contre-révolution ?
C'est cependant de Nantes, que nous
écrivons. Il y paraît bien clos ce cycle des révolutions
dans l’Ouest,
notre territoire d'études de temps long biographique, où
les villes républicaines résistaient aux piques
vendéennes et à l'invasion étrangère. Ce sont désormais
les campagnes qui résistent et les villes qui se
laissent envahir. Nantes ou Rennes (on hésite)
paraissent désormais comme l’épicentre de l’onde de
l’anti-tremblement de terres du OUI. C’est de là que
ressurgissent des vassalités et oligarchies d'Ancien
régime, mais toujours dans ce seul espace de l'Ouest (
Bretagne et Pays de Loire à l'exclusion de toute autre
région française ) : pays de la soumission disait
un peu méchamment A. Siegfried qui savait pourtant
aussi les réserves démocratiques qui y coexistaient avec
ceux qui veulent toujours des maîtres-notables,
monarchistes puis socialistes veillant sur leur salut,
pays de la "déférence sociale", pour E Todd qui, quoique
anglophile, ne répugne pas à la litote, joyau
stylistique de notre classicisme.
Ici, nous l'avons écrit depuis longtemps, les forces
dominantes, anciennes et nouvelles bien unies, deuxième
gauche (CFDT, majorité du PS) et première droite (les
Verts, les Bayroutistes, la majorité de l'UMP) a écrit
si joliment Todd, s’engouffrent dans la logique délétère
de la fusion dans le grand tout mercantile bruxellois,
sous une bureaucratie plus bornée et plus inhumaine que
toutes celles qui l'ont précédé dans les Etats-nations,
dans la décentralisation dévoyée et dans une rampante et
quasi ethnique Europe des régions. Ce bloc de
l'abolition de la France toujours à l'avant-garde de la
transmission d'une identité négative substituée à sa
grande histoire, tente de nouveau d'en finir avec
la loi républicaine. Il n'y a pas d'alternative au
raffermissement de l'unité de la loi et du bien commun,
dans son acception moderne et française de service
public pour balayer les ententes de copains pour
contourner l'une et l'autre pour en finir avec l'omerta
locale à virtualités lyncheuses jusqu'au sein des
institutions, pour dénoncer sous les oripeaux
anarcho-libéralistes qui n'est jamais ici que
l'avènement d'une "féodalité de marché", qui ne
connaîtrait que la loi du plus fort et l'asservissement
du plus faible dans la recherche d'une sécurité privée
sous les apparences du contrat. Entre le fort et le
faible c'est la loi seule qui protège et le contrat qui
asservit.
Jacky REAULT Juin 2005.
En guise de postface
réflexive sur l'implication de l'auteur sujet dans le
"sujet" analysé.
Ce texte émane d’un universitaire improbable écrivant du
sein de ce double ensemble, l’Ouest intérieur retrouvé
de la contre-révolution et Université de Nantes où
précisément la souveraineté populaire le vive la
nation du printemps 1789, le primat de Loi sur les
privilèges opaques, les unanimités locales de réseaux
tout puissants, la diversité des sources culturelles
légitimes, ne sont plus vraiment à l'ordre du jour. Les
politiques d’épuration et d’exclusion dans au moins deux
départements (Psychologie et sociologie) en sont des
manifestations désormais passées au domaine public.
En savent cruellement quelque chose par exemple les
enseignants chercheurs d'un laboratoire qui a du devenir
associatif pour maintenir son existence et la
liberté d’expression de ses membres et dont l'objet
reste précisément la connaissance des milieux populaires
et que l'on veut dans tous les sens possibles du terme,
(qu’ils ont tous éprouvés depuis trois ans), éliminer
comme école de pensée et pour certains d'entre eux comme
professeurs, interdits de direction et d'enseignement au
niveau des thèses, dont l’une vient d’être « blâmée »
par les instances disciplinaires, cette justice
entre soi. Mais c'est à tous les niveaux et pas
seulement dans nos régions oui-ouistes que populaire et
peuple sont devenus l'interdit absolu des sciences
sociales établies !
revu et corrigé et complété,
en novembre et décembre 2008.
Seuls des éclaircissements
théoriques sur l'image, et des précisions documentaires
et historiques ont été ajoutés au texte de 2005.
L'interprétation livrée à chaud en 2005 reste
intacte, elle garde les traces d'une émotion de citoyen
appliquée à différents registres de réalités.
Loin de nous l'idée de la dénier. Science sociale
sans conscience de soi n'est qu'une imposture
positiviste (pages roses d'un Larousse de 2084).
Le seul complément théorique significatif est
l'ajout du "commun" dans l'approche du
"populaire". Cette triple entrée complexe d'un
peuple et d'un populaire à jamais
insaisissable et protéiforme tout en étant irréductible,
signifie dans les travaux élaborés au sein du
Lestamp, un refus de s'enfermer dans à la fois
l'antinomie, le faux binaire, et la qualification
anachronique et stratifiante, du couple d'un millénaire
brouillage des sciences sociales enfermées et écartelées
entre Populus plebs,
L'alibi de ses confusions latentes alimente
aussi une post-sociologies méprisantes du haut et
du bas, récemment affublées d'un complément
misérabiliste, le
fragile.
________________________________________________
___________________________________
Bref essai sur le
peuple et le populaire, pour un lieu commun des sciences
sociales,
suivi de compléments
erratiques pour une lecture asystémique.
-
1 D'abord il y a Un peuple, le Populus et
dans les démocraties représentatives contemporaines
issues des révolutions américaine et française, il est
le peuple consulté dans l'exercice de la souveraineté
populaire, celle que précisément met en cause la
mondialisation et ceux qui en sont l'avant-garde dans
leurs propres nations se définissant de facto comme
oligarques. Le nouveau concept opérant de la sociologie
politique du 3° millénaire.
tel que le droit romain nous en a transmis le
concept, y compris dans la formule qui dans le même
mouvement désignait son état donc son Etat, dans la
séparation et l'organicité, senatus populusque
romanus ; le tout écrivions nous
pour frapper l'auditoire un jour de colloque en 1994. Ce
peuple c'est donc d'abord Un peuple, parmi
d'autres, dans le concert babélien qui fonde le socle de
l'humanisation, différencié de son voisin, les français,
les hollandais etc., qui veut durer sur un territoire
spatial et mémoriel et pour cela
s'instituer faire Loi pour être milieu constitutif d'une
nation. Un peuple singulier est toujours la
médiation première, l'universel concret, de toute
humanisation et de toute identification primordiale, de
l'enfant comme de la société ;c'est en son seul sein que
la filiation de ego s'inscrit dans une tension féconde
entre le monde via ses civilisations au large, larges
familles de peuples, et en prise directe et charnelle
avec la petite patrie territoriale première expérience,
entre microcosme et métonymie de la grande, espace
interne des peuples horizontaux vivant en milieux
jouant dans l'identification la fonction concrète de
première médiation en même temps qu'expérience de
l'altérité coopérante ; c'est cette transversalité du
populaire qui passe par le commun des milieux
spatialisés proches dont nous faisons notre quatrième
critère.. Le Populus est rappelons le au passage
à un lectorat français qui croit que l'on est encore
dans l'héritage des grandes politiques culturelles qui
ont fait ce pays depuis mille ans, le peuple et le
populaire du TNP Théâtre National Populaire, de
Jean Vilar et de la fondation du Festival d'Avignon,
cette utopie réalisée selon l'expression de Laurent
Fleury (J. Deniot A. Pessin, Les peuples de l'art
L'Harmattan 2005), celui qu'institutionnalise André
Malraux quand il fonde son ministère, en y intégrant
de facto les militants de "l'éducation populaire"
qui participent certes, mais dans des équilibres variés
selon les organisations, de la deuxième acception de
peuple celui qui à l'époque est clairement celui des
classes, ouvrières artisanes et paysannes: peuple (2)
qu'il est devenu beaucoup plus approximatif voir
trompeur de spécifier
comme classes populaires.. C'est tant le Peuple du
Populus - une identification nationale de
résultante nécessairement positive, en un mot les
français, leur langue leur histoire, leur culture- , que
le populaire de classes dont les tenants de l'éducation
populaire constituaient l'élite (entre
instituteurs et militants ouvriers), ses syndicats, ses
mouvements sociaux, ses modes d'appropriation du
territoire (la chasse), ses votes, ses gouts, etc. ,
que va s'ingénier obstinément à détruire par la
conjonction de la force, de l'assèchement des
subventions et du mépris, redoublé et alimenté par les
ex-intelligentsia soviétisantes ou maoïsantes, l'Etat
culturel de Jack Lang. Il fut en cela à
l'avant-garde de la privation de souveraineté que la
mondialisation et le mode de construction oligarchique
de l'appareil européen vont développer . Il est probable
que nous vivons de cet Etat culturel central, ( ses
formes féodales décentralisées lui succèdent en plus
nulles et plus tyranniques) les derniers soubresauts
avant son absorption résistible dans le secteur
culturel et créatif du capitalisme et du
nivellement des nations qu'a programmé le Traité de
Lisbonne, ratifié sur ce point en actes après avoir été
repoussé par tous les votes de peuples à qui on a laissé
le choix. A ceci près que la crise systémique qui
déroule les prémisses de son maelstrom pourrait bien
être l'heure du retour des peuples.
- 2 Peuple social celui de la production de
la société au sein des rapports sociaux, virtuellement
peuple sociétal ?
2-Bis Complexification : de la virtualité du
peuple social a se constituer comme le socle résistant
du vouloir vivre viable de la société, ou peuple
sociétal.
Quelques
mots d'abord sur cette double formulation, le peuple
social celui que l'on a circonscrit ci dessous
dans le corps de cet essai, se saisit comme
partition de la société inséparablement
structuralo-fonctionnelle d'une part et inscrite
dans des rapports sociaux, d'autre part,
au sens, si l'on veut et sous réserve d'inventaire, le
plus marxien qui soit : c'est à dire de rapports
contradictoires inégaux mais interactifs. Emmêlés
concrètement les attributs fonctionnels et les
mobilisations résistantes offensives ou passives jouant
des contradictions sont logiquement différenciés et leur
résultante toujours à analyser dans une conjoncture
singulière. L'ensemble forme le peuple social. Cette
dualité contradictoire du fonctionnel et des rapports
sociaux, plus abstraitement des contradictoire (bases
(?) d'éventuelles mobilisations conflictuelles quand en
gros ou en détail l'histoire d'une transformation
résistante ou offensive s'ouvre) nous sépare
radicalement du marxisme comme idéologie close
dans l'exclusive logique des rapports sociaux et à plus
forte raison de ses succédanés de café du commerce
sociologique sur une essentialisation possible (et
exclusive de toute autre logique anthropologique) de
"dominants" et de "dominés", catégorie de bazars pour
camelots quasi-éthologues. Mais cela ne nous empêche en
rien d'intégrer l'heuristique marxienne qui nous semble
indépassable des rapports sociaux - dans la
production sociale de leur existence les hommes entrent
dans des rapports... - au sein de multiples
contradictions propres aux positions dans la
mondialisation, aux positions dans l'insertion sociétale
des modes de production, à leurs interférence et à de
multiples autres principes possibles d'exploitation de
tentative de contrainte violente de disqualification
culturelle ou institutionnelle. Nous ajoutons à cette
approche sociale, déjà complexe donc, une autre thèse
que nous ne développerons pas ici car elle demanderait
des développements trop importants. Les modalités
d'interférence des attributs du peuple social et du
Populus national comme subjectivation instituée de
l'ensemble de la société considérée dans sa souveraine
séparation, nous suggèrent la thèse à explorer d'un
peuple sociétal. Pour ne pas alourdir le
propos nous en renvoyons un profilage rapide en annexe.
Au sein
d'un
peuple-populus se constituant en Etat -
bloc de classes et d'appareils monopolisateurs de
violence et de reliances symboliques, pour faire face,
-nous résume peut-être un peu trop vite Engels de l'Origine
de la famille-, précisément aux contradictions de la
cristallisation de classes dans de contradictoires
rapports sociaux, apparaîtrait dans la société Le
peuple, dans sa deuxième acception, partition dû pôpulus,
à ceci près que c'est, dans cette problématique, de lui
multitude le socle de la société, que le bloc historique
des classes liées à l'Etat et ''Etat se sont séparées.
Dans cette genèse qui n'est pas sans intérêt heuristique
nous voyons le double intérêt de fonder la thèse
corollaire du lien organique peuple nation et du peuple
social dans ce que appelons le peuple sociétal.
Dans cette formulation des multitudes majoritaires
constitutives du Populus, seraient de ce fait deux fois
peuple,
Nous hésitons, cependant avec l'essentiel des sciences
sociales et cette incertitude est sans doute
indépassable sur la substantivisation
Le peuple, non qu'on puisse prétendre qu'il
n'existe mais mais que l'on ne peut connaître que
dans des métonymies concrètes, en général localisées ou
sectorisées, sauf vastes mouvements de révoltes
(émotions populaires) ou de révolutions, où le peuple
n'est jamais seul. Sociologiquement il est plus prudent
de partir essentiellement de référence irréductiblement
mouvantes dynamiques et contradictoires, selon les
pratiques auxquelles on l'attribue, que sont certaines
propriétés sociales en structures ou en situations et
pratiques dites populaire (sociabilités,
cultures, langages, morale esthétique, formes de vie,
alimentation, produits). La sociologie et l'histoire
ne sont pas en manque pour lllustrer cela à ceci près
qu'une partie très idéologisée des sciences sociales
prétend nous asséner la thèse, du temps de la
mondialisation, qu'ils nomment village mondial ou autres
balivernes, de l'obsolescence du populaire comme de
toutes les acceptions du mot peuple. En
tout cas rien de ce que l'on peut qualifier de peuple ou
de populaire au temps historique d'où nous parlons ne
peut se dénoter et à plus forte raison devenir
intelligible par l' anachronique
plebs qui était supposée désigner le peuple social,
non sans une certaine préciosité désuète dans la vieille
littérature universitaire réactivée dans les
années 80 au temps du retour de l'antipeuplisme de
mépris. Laissons le une bonne fois aux idéologues de
l'humanitaire, de la victimisation ou de la
déconsidération et aux sociologies courtes peu
soucieuses d'anachronisme ou pire colportant avec elle
leur condescendance à l'égard d'un supposé bas,
ce vocable réapparu jusque dans la littérature
sociologique de la fracture sociale active des dépités
des totalitarismes de volk ou de (pseudo) classe du 20°
siècle. Nous ne disposons pas de substantif conceptuel
alternatif disponible suffisamment universalisé pour
désigner ce qu'une sociologie de la culture important
de facto
les stratifications verticalisantes anglo-américaines,
assigne comme classes populaires, catégorie
parfois commode mais sans aucun principe
d'intelligibilité que d'être intégrée par le bas
(encore) dans des topiques dont la plus célèbre et
éculée est la tripartition des
cultures, terme devenu totalement syncrétique,
lorsqu'avec l'Etat culturel et sa novlang Le sens
même des mots comme un donjon tomba (Jacques
Bertin). Qualifier des classes plutôt que d'autres de
populaires c'est de surcroît les essentialiser, contre
ses principes revendiqués. Cependant dans classes
populaires l'apport gnoséologique le plus explicite
reste peut-être le premier mot classes
(moins comme groupe mais comme marqueur à moyenne portée
de rapports sociaux) quel que soit son usure historique.
Mais il faut aller plus que toute cette prudence par
trop inhibante de toute analyse aboutie.
Sortir de trop de prudence épistémologique guettée de
relativisme
Le
populaire
des classes populaires (plus ou moins désigné
comme la métonymie du peuple, son noyau
phénoménologique visible en quelque sorte, dans le
discours politicien du 19° siècle) renvoie dans la
tripartition indo-européenne aux laboratores,
ceux qui travaillent, (Georges Duby, Les
trois ordres ou l'imaginaire du féodalisme. NRF1978)
par rapport à ceux qui relient par les rites et
liturgies et ceux qui combattent (dans un continuum
politique et militaire). S'il fallait un substantif
contemporain - quoique l'attribut
populaire nous semble épistémologiquement supérieur
jusque dans son incertitude robuste - nous proposerions
en approximation plus ou moins provisoire, les
travailleurs ,
et puisque c'est le salariat qui en constitue le
mode, ajoutons, les travailleurs libres, libres
(concept qui chez Marx, tout le monde l'oublie,
a valeur civilisationnelle positive). Aux salariés
cependant il est nécessaire d'adjoindre les non salariés
non ou peu salarisant (ce qui n'est d'ailleurs pas
contradictoire avec la première théorie marxienne de la
prolétarisation des Formen dans le brouillon
hégélianisant dit Grundgrisse)) . Encore pensons
nous indispensable d'ajouter pour penser les attributs
du populaire, - et ceci dans le fil du Richard
Hoggart de The use of litteracy-, les
critères complets de l'existence sociale ce qui donne,
pour le populaire l'ensemble des cultures genres de vie
formes de sociabilité, performances esthétiques, des
travailleurs libres dans leurs unités et formes de
vie (tout le monde ne travaille pas) en leurs milieux ,
d'habiter, de mémoriser et de symboliser le monde:
ce que nous avons qualifié (J Réault 1989, Lersco)
d'ans les espaces temps du territoire français comme
écosystèmes sociaux de reproduction (majoritairement)
populaires.. Les classes ou plus concrètement sans
doute en 2008, les milieux sont plus ou moins
populaires en ce qu'elles, doublement, vivent de
leur travail- ou sont entretenus par le travail de leurs
liens de vies, et coexistent entre elles . Leur
pluralité co-existante leur est constitutive
du Populus comme du peuple social sauf que sauf que
cette dernière est toujours partielle, singulière, mais
immédiate dans des territoires milieux (localisés ?)
qui constituent les espaces de médiation de cultures
communes intermédiaires entre la culture commune
nationale, la plus abstraite mais pas toujours (exemple
la guerre, l'intégration politique, la communauté
médiatique, etc.) , les milieux territoriaux qui
constituent les espaces plus ou moins quotidiennement
expérimentés de la vie pratique. Sur ces lieux communs
concrets nous revenons plus loin.
Entre les entités parfois robustes des deux peuples
entrelacés ou séparés, penser plus généralement le
populaire comme attribut autant que comme substantifs de
groupes essentialisés. Généralisation du Commun et du
Milieu localisé comme introduction à l'idée de
transversalité.
Pour
qualifier concrètement le populaire sociétal et même
d'une certaine façon l'unité du peuple national nous
venons d'en passer par deux critères transversaux qui
font que ne peut être dit populaire ce qui serait
l'apanage de classes ou vaste ensemble en ayant le
monopole, le populaire, notamment culturel se révèle
dans les géométries variables selon les époques les
politiques, les systèmes scolaires etc., de l'extension
partagée des communalités sachant que l'espace commun ou
séparé est une détermination trop fondamentale ; pas
seulement depuis la révolution néolithique séparant les
villes et les campagnes mais plus que jamais dans les
sociétés affrontant la mondialisation, C'est par ces
deux entrées que l'on peut à la fois comprendre et
étudier les transversalités du populaire social mais
aussi national tant il est vrai que l'identification
solidaire à son peuple comme au peuple ne peut jamais
être absolument préjugé. Il est même historiquement
répétitif que les classes les moins populaires
sociétalement sont souvent celles qui sont les plus
enclines à se désolidariser. De ce point de vue le temps
de la mondialisation a été exemplaire. C'est de
l'archipel des capitales mondialisées monopolisées par
les classes parlantes et les oligarchies (inassimilables
mécaniquement ou éculées classes supérieures de la
sociologie poussive attardée en 1974) que la
dépopularisation, dans tous les sens du terme,
l'antipeuplisme le plus méprisant, et l'abandon des
cultures nationales, sont les plus avancées.
Politique populaire politique du peuple ?
A
l'interférence des deux peuples, serait requise
l'analyse de ce qu'un historien des temps modernes Roger
Dupuy a défini par un maître livre, La politique du
peuple (Fayard 2003) portant sur temps moyennement
long de l'ancien régime et des républiques issues de la
révolution française. Cette question est trop centrale
dans la politique ou la post-politique au delà d'un
seuil de mondialisation pour être exécutée rapidement.
On ne la note ici que pour mémoire et on renvoie outre à
R Dupuy à l'autre historien, Guy Bois qui a si
magistralement problématisé la nouvelle donne politique
de la mondialisation et du caractère central des peuples
nationaux dans l'alternative d'une résistance. Cette
question centrale, interfère, par trop d'ailleurs dans
la dite "science politique" instituée en solidarité
totale avec le pouvoir politique et celui des media,
avec les différentes modalités d'un populisme. Il
y aurait pourtant grand besoin d'un concept de sciences
sociales désintriqué des usages vulgaires, quoique se
prétendant savants, tendancieux et insultants,
qu'en ont fait les classes parlantes à
partir en gros de l'année orwellienne de 1984, celle du
Vive la crise des intellectuels dépopularisés.
Alors que la souveraineté nationale (populaire 1) était
l'objet d'un premier et radical abandon
(l'asservissement du franc au mark fort de la déflation
et de la décroissance), et que les acquis populaires (2)
étaient ridiculisés avant d'être démolis un à un, il
s'agissait de de désolidariser les classes (moyennes
?) devenues culturelles c'est à dire
instruites, (E Todd, l'Illusion économique) dans
le sillage de l'oligarchie mondialiste des classes
parlantes, et des classes populaires présentées comme
porteuses de toutes les tares de l'arriération politique
et culturelle.. Antinationisme (P A Taguieff) et
Antipeuplisme (Todd, etc. ) surgirent ensemble et
constituent historiquement une véritable leçon de chose
expérimentale de l'enlacement organique du peuple du
peuple national et du peuple social - et ou sociétal ?-
, dans la réalité comme dans toute science sociale qui
ne renonce pas à saisir des complexités concrètes sinon
contradictoires dans le sens marxien et non
logique du terme.
- 3 Le commun - (rajoutons nous en
2008 sur l'analyse un peu sommaire de 2006 -, J Réault
2004, J Deniot, J Réault, 2007
Pour un lieu commun des sciences sociales), est
en effet le concept transversal indispensable à la
compréhension des deux populaires et de leurs
interférences. Pas de peuple sans communalités ;
celles de la nation sont à la fois plus lointaines
nécessairement plus instituées;, mais pas toujours moins
concrètes (les langues maternelles (Th Nathan)
que les communalités immédiates de milieux petits pays
régions. Le commun c'est tout ce qui se trouve en amont
des diversités et qui permet de faire à toutes échelles,
locales ou nationale, peuple comme tendanciellement
unité constituée ou simplement comme sociabilité
"naturelle : les universaux relatifs des linguistes et
des anthropologues de la culture, ou plus récemment du
bel ordinaire de Joëlle Deniot ou la
connaissance ordinaire de Michel Maffesoli),
mais aussi la common decency d'Orwell,
redécouverte par Jean-Claude Michéa, sur le socle
démocratique mais d'abord anthropologique du
common sense, voire de la common law,
britanniques. Ainsi en France la langue reste, quoiqu'on
nous affole avec un analphabétisme très sollicité,
commune, l'excellence alimentaire ( J Réault 2004),
reste une communalité propre à tous les ensembles
sociaux, la mémoire de vastes mouvements populaires
capables d'infléchir l'obsolescence d'institutions
politiques en est une autre, etc.
Il faut
cependant faire un sort au commun plus particulièrement
propre aux multitudes (ou classes vite dit
travailleuses. IL y a deux angles aux révélations
différentes pour l'aborder - - - C'est
d'abord à son propos que l'on désigne des dites et
éventuellement avec pertinence, cultures populaires,
elles sont à la fois faites d'items communs à l'ensemble
du Populus mais plus ou moins devenues obsolètes
dans les classes les plus liées au pouvoir et à
l'intégration culturelle contrainte, soit spécifiques
souvent soit localisées et historiques (milieux) soit
liées aux pratiques travailleuses et à leurs
interférences dans des koinées de coopérations
partielles l'armée de conscription en fut une), reliant
artisans paysans ouvriers etc...) On considère ici comme
pur et vain jeu d'intellectuel incapable de s'exposer
dans une pensée qui les inscrit dans un populaire quel
qu'il soit la fausse querelle du populaire de
déperdition des classes distinguées et du populaire
spécifique. Les deux mon général et revenons aux choses
sérieuses
- Le
commun c'est surtout et plus profondément, ce qui est
transversal au plus grand nombre (englobant les
laboratores, comme G Duby le trouve dans les textes
médiévaux), de la culture dans toutes ses
acceptions et d'abord les langages verbaux et non
verbaux, les sociabilités de convenance ou plus
profondes, les mémoires, et en France, au premier chef
les chansons, les genres de vie, et du temps de la
mondialisation inversant les valeurs des mondialisés, la
common decency anthropologique. C'est ce fondamental
transversal du populaire qui rend le plus malvenu une
qualification du populaire de deuxième sens essentialisé
dans des groupes spécifiques. En 1950, l'école primaire
de la république avait achevé de produire une communauté
de langue qui plus est baignée dans les partages inégaux
mais communs et universellement valorisés du "Pays de la
littérature" ( J Lepape). Les politiques d'après 1974 se
sont tous conjugués pour mettre en pièce et la langue et
sa littérature, acculturant par la violence d'Etat ce
qui avait été un des peuples les plus instruits et
cultivés du monde. Il fallut une sociologie du plus bas
étage pour louer les pouvoirs responsables de cet
ethnocide, par une des plus serviles contributions
apportées par des universitaires au pouvoir politique.
Cette contribution se présenta comme Le niveau monte.
L'antiphrase est une spécialité des novlangs
totalitaires. La récompense ne se fit pas attendre
l'auteur ne devint pas ministre, ce qu'il avait espéré,
ou au moins conseiller proche, mais pire on lui confia
la chaire des sciences sociales dans ce qui restait un
des derniers sanctuaires de la haute culture. Grand
moment de l'assomption de la "sociologie comme science".
Tout était évidemment et reste définitivement dans le
"comme". En d'autre temps ont aurait proposé sa tête au
peuple ce qui serait trop d'honneur ; nous ne lui
souhaitons que l'oubli, après disparition des derniers
manuels les plus aboutis sans la novlang antithèse de la
langue et de la raison commune, ceux des dites Sciences
Economiques et Sociales qu'aucun pouvoir ne semble avoir
vraiment envie d'abolir.
4- Le
populaire et le spatial. A l'âge de la mondialisation
la spatialisation des grandes polarisations sociales et
politiques, celle des peuples et des oligarchies
mondialisées étant l'axe du monde, est dimension
intrinsèque de toute problématisation du populaire.
Depuis longtemps les sociologues des consommations et
genres de vie ( N Tabard) ont mis en évidence l'équation
du populaire et du rural, que nous avons développés dans
nombre de nos travaux( 1989, 2002, 2004). Les grandes
villes de l'archipel de la mondialisation n'abritent de
plus en plus désormais que les classes parlantes nimbées
de plus ou moins de classes culturelles dont
l'hyperbourgeoisie, ou du moins la culture de son
pouvoir est la référence, et de leurs assistés
ethnicisés des
périphéries du monde. Les mondes travailleurs et
populaires les plus refoulés constituent, avec leurs
formes propres de résistance (le mouvement chasseur par
exemple) les indigènes des ruralités plus ou moins
abandonnées, mais aussi de ces mondes intermédiaires où
les mondialisés des grandes villes les repoussent dans
ces nouvelles ambivalentes et porteuses de
dynamiques sociales brouillant les cartes, les
rurbanités.
La désymbolisation générale des peuples
et du populaire ou la question principale des sociétés
de la mondialisation.
En gros
ne tournons pas autour du pot tout est bon qui, 209 ans
après la révolution française veut nous réhabiliter les
catégories de pensée, et virtuellement les statuts
réinstitutionnalisés en gros de tout ce qui désigne
l'infériorité
et donc est supposé refonder l'inégalité, dont la plus
radicale est la substitution d'oligarchies à la
souveraineté des peuples, et la médiation tendancielle
la discrimination instituée, qu'importe qu'elle soit
positive ou négative, elle est toujours infériorisante
comme l'insertion assistée est la véritable et la
seule exclusion. On peut dater ce surgissement de
sociologies et de politiques inégalisantes désormais
organiquement liées au tournant (de 1983,4, dans nos
travaux). C'est de là que pour nous et beaucoup d'autres
observateurs s'ancre ce qu'Alain Supiot, a tardivement
(2008, article du Monde) mais judicieusement qualifié de
sécession des élites. Il y a pourtant bien longtemps
que d'abord les media et les politiques nous ont
stigmatisés les archaïques, les frileux, les
frustrés à chaque élection qui devait entériner des
choix oligarchiques consensualisés par les "partis de
gouvernement". C'est plus récemment que des sociologues
se sont mis, dans le fil du misérabilisme tardif d'un
Bourdieu, à nous problématiser de nouveaux vieux
ouvriers réduits au regard
humanitaire méprisant et victimisant d'une quasi
racialisée condition ouvrière,
agrippés à des acquis
ringards (le langage et l'inversion politique du
directeur de Libé ont fait école). Qui ne connait par
cœur toute la litanie de la de la classe parlante
s'adressant à la
classe culturelle les soirs d'élection. D'abord ils
votent mal, et pour cause, personne ne veut plus les
représenter-, à cette exclusion sans appel
populiste peut se dévider toute la panoplie de ce
racisme de classe ( les beaufrs, les chasseurs
viandards,
les Bidochon, les familialistes, les ruralistes.. etc..)
Alors que pour occuper la place du peuple efface on a de
si bons objets post populaires, nouveaux parias
de Stéphane Beaud et Pialoux, (Retour sur la
condition ouvrière), "sans-papiers" des
intellectuels et artistes manifestants de l'empire du
bien cherchant des caméras (les artistezés de
l'authentique révolte d'un Jacques Bertin), et pire
encore, le "bas" des idéologies sociologiques
nostalgiques du stalinisme réfugiés dans le mépris
sociologisé pour la dite classe raciste, les
ouvriers du Michel Verret du dernier âge (1999)
hélas ! mais qui dès le début des années 80, et le
premier peut-être avait systématiquement introduit le
vocable du bas pour faire d'un coup
un sort de relégation radicale dans une Sibérie de la
pensée et du statut politique, à cette ex classe
ouvrière qui n'avait pas accompli ses prophéties et
pas été digne de sa mission (une union soviétique
mondiale ?). Ah cette fascination pour les borderline,
et cette mode durable des classes parlantes et
culturelles, des sociologues disciplinaires et des media
si unis sur ce point, pour les soi disant outsiders,
ce marqueur jamais épuisé de la pensée sociologique de
convention bien-pensante et de la posture esthétisée du
faux rebelle, le bobo. Cette géniale invention
d'un peut-être "néocons" américain. Marx avait déjà noté
que la science sociale la plus profonde n'était pas à
prendre dans la bien pensance des deux libéralismes de
gauche ou de droite, le même selon Claude Michéa
(Impasse Adam Smith), mais dans les affres enracinés et
complexes des profonds réactionnaires, si ce mot a
encore cependant un sens, sinon à l'âge de la
mondialisation celui de résistant, et dans ce registre
il est particulièrement mal venu de faire la fine
bouche.
Jacky
Réault Décembre 2008.
__________________
Développements plus asystémiques sinon erratiques...
Développement -1
Entre la plèbe
anachronique et le "bas" de la sociologie en crise
systémique, elle aussi.
Plèbe : Cette catégorie de l'organisation
du corps politique à base partiellement sociale et dans
des partages d'ailleurs variés, lors de la genèse et
pendant toute la période de la république romaine n'a
strictement plus rien à nous dire. Sous l'Empire un
prolétariat urbain assisté en nécrosa encore les
identifications et les attributs sociétaux. Le mot
français, la plèbe, est mal connoté mais l'idée et le
référent en sont encore plus mal dénotés.
Il y a désormais urgence, le latin n'y suffisant plus, à
penser dans le contemporain et dans l'universel (des
sociétés de classe cependant, sinon seul reste le
Populus) une conceptualisation qui occupe la place
paresseusement exprimée plèbe puisque la place est de
plus en plus occupée par des ersatz contemporains pires
que la référence classique. Les associations toujours
renaissantes du mépris historique fleurissent plus que
jamais dans les figures sémantiques de la plèbe
anachronisée : avec la masse, la foule, la
multitude, mais surtout autour de critères nouveaux, de
la pauvreté médiocre, "les couches modestes"
des enquêtes de la Sofres", "les plus démunis" de la
nullité sociologique tendance humanitaire, les
"précaires" de l'UNEF des jours de grève. Cependant ce
qui est systématiquement invoqué depuis la
mondialisation et son relai politique en France, c'est
l'opposition des diplômés qui votent bien et des non
diplômés comme critère et justification du rejet
hors corps politique par les gauches
dépopularisées(Todd, l'illusion économique). Or
depuis que le mot éducation ( à virtualité
totalitaire autant qu'obscurantiste) a été substitué à
instruction, le non diplôme ou l'âge de fin
d'études précoce dénote désormais une moindre éducation
donc une moindre humanité et non plus une différentielle
quantité de savoirs. La non éducation
a en l'occurrence quelque chose parent de la barbarie.
Il est donc légitime d'abolir politiquement un tel non
peuple ou de rééduquer autoritairement d'où prurit
rééducateur qui fait gesticuler désormais tant de
sociologues. Les mots des institutions redoublés et
faits pseudo scientifiques par les sociologues sont des
mots de l'identification négative de larges pans des
mondes populaires. La violence des jeunes de banlieues
contre l'école et les normes sociales centrales doivent
beaucoup plus à cette discrimination totalitaire (liant
le politique et le "scientifique", et le normatif) qu'à
des discriminations xénophobes ou culturelles qu'il est
de bon ton d'invoquer pour faire d'une pierre deux
coups, des victimes et des français "racistes" également
dépeuplés.
Développements 2
Entre transversalité
du populaire et "peuples horizontaux", internes à la
société.
A
ce niveau d'analyse il faudrait encore complexifier
puisque ce
populaire transversal est étayé modalement par
une polarisation entre deux condensations de son
existence le Populus national (1) et les
peuples horizontaux localisées ( J R 1995
in Deniot Dutheil Crises et métamorphoses
ouvrières L'Harmattan) des unités que nous avons
pour le colloque Les sociétés de la Mondialisation
qualifiées d'empaysées, des populi au sens
étroit toujours socialement hétérogènes comme "la
ruralité" ou les "banlieues" . Ainsi
s'exprime dans le concept macrocosmique du peuple
sans autre spécification comme dans ses modes
d'existence immédiates localisées, la
nécessité radicale de le définir toujours dans
l'interférence du tout (peuple politique) et du
populaire transversal cette interférence passant
par les peuples concrets du petit pays - voire
quartier, (natal) ou plus abstraitement des
milieux spatio-historiques culturellement identifiés,
qui constituent les terrains concrets de nos recherches
sur temps long.
Loin de
se réduire à des systèmes d'inertie, leur première
fonction conservatoire propre à toute unité
humaine et aux leurres métaphysiques et fixistes d'habitus,
ils incluent sans hiérarchie sociologiste à y projeter,
les mobilisations collectives ( y compris quand elles
existent irréductiblement dans la discontinuité,
politiques et mouvements sociaux), et les
mobilisations privatives, ou intermédiaires,
mobilisations territoriales, familiales et domestiques,
les transversalités propres aux peuples, (dans un
sens plus modeste que nous avons développé dans nos
travaux sur l'aire d'emploi de Saint-Nazaire) saisis
dans leurs plus ou moins immédiates territorialisations,
même si leurs géométries en sont devenues, - à
supposer qu'elle ne l'ait pas toujours été -, variables
: langues, histoire collective, mobilisations
mémorielles ne coïncident pas nécessairement. Ce
populaire là quoique à la fois en tension et unifié
organiquement par des sols palimpsestes par les mémoires
et par les cultures, ceux du grand pays (la nation) et
ceux des petits pays (les milieux territoires
concrètement vécus) n'est pas le tout mais une modalité
de majorité, transversal aux classes (?) et catégories
quoique évidemment plus intense dans les koinèes
culturelles et spatiales des producteurs directs,
ouvriers artisans, paysans, et leurs alliées de vie, et
de communautés travailleuse dans les strates plurielles
qui ne disposent pas d'un pouvoir sur eux (employés
professions intermédiaires, majorité des cadres
supérieurs non dirigeants). Il n'est jusqu'aux
bourgeoisies nationales refoulées avec leur culture
démonétisée par l'hyperbourgeoisie (D Duclos) mondiale
et les classes parlantes et
culturelles (Todd) qui lui servent de relais
sociétaux, qui, au regard des rapports sociaux de la
mondialisation, ceux qui clivent désormais l'essentiel,
ne participent à ce populaire des actifs empaysés
participant à titre divers des vieux critères des
situations de classes, être exploité, se voir imposer
l'hétéronomie par des prétendus dominants, de voir
illégitimés dans leurs cultures et d'abord dans leurs
valeurs.
Développements 3 Entre "classes populaires" et
transversalité.
Certes l'expression conventionnelle les classes
populaires pourraient en attendant mieux,
continuer à penser dans un critère unifiant ce dont il
est question ici à la fois, culture genre de vie mode
d'habiter, sociabilité , encore faut-il s'entendre sur
ce qu'on y met, en général les deux tiroirs clés en main
des CSP-PCS de 1954 revues 1982, c'est à dire un
artefact de commodité statistique pompeusement baptisé
de salariat d'exécution, expression qui a
peut-être un intérêt dans l'entreprise mais aucun dans
la société. Cette approximation peut suffire à des
esprits complexes (Todd l'utilise désormais avec une
certaine inflexion marxienne qui lui donne un peu plus
de poids) qui compensent la pauvreté méthodologique par
l'invention interprétative, mais elle est en général
réduite à un usage logomachique et radicalement
acritique dans la vulgate scolarisée jusqu'au trognon de
la secte bourdivine qui a envahie les manuels de la
désastreuse SES du secondaire ensemble de savoirs
tronqués enveloppés d'idéologie, qui doit son succès au
simplisme que recherchent les media et à son adoption
désastreuse dans des pans entiers de la littérature de
vulgarisation mais aussi scolaire et même universitaire
alors que ces enseignants ne sont ni économistes, ni
sociologues, ni historiens, prétendant cumuler les trois
disciplines dont ils n'ont aucune idée globale. L'ennui
est surtout que cette appellation qui participe de la
trilogie stratifiante d'une survivante sociologie de la
culture et de l'éducation dans le fil des Héritiers
esquive et occulte totalement la question principale
celle d'une transversalité du populaire (culture,
valeurs, genre de vie mémoires, sociabilité)
indépendamment du modèle dérisoire de l'assiette de
crêpes de la sociologie stratifiante importée
directement du monde et des idéologies anglo
américaines. Mais la faiblesse manifeste de ces
bricolages survivants a surtout le grave inconvénient
depuis un quart de siècle de faire place, aux
virtualités scientifiquement et politiquement vicieuses
de la métaphore de hiérarchisation verticale
inégalitaire dont elle est porteuse. -
Pour conclure et
condenser le propos, s'il fallait en deux formules
expliciter abstraitement les "contenus" et les
tensions intrinsèques et irréductibles de ce populaire
transversal et contradictoirement spatialisé, nous
dirions pour la première qu'ils résident dans
l'unité organique entre genres - très
matériels- de vie et cultures (dans
toutes ses manifestations, de code des codes et systèmes
de hiérarchisation du bien du beau de l'étant
individuel), donc dans les grandes fonctionnalités
fondamentales de l'espèce humaine babelisée, reproduire
(d'abord et surtout), transformer, en irréductibles
agents - et de temps en temps-,
sujets
historiques. Une deuxième formule désignerait la dualité
donc d'une 'interférence toujours en tension dans
l'expérience de ces grandes fonctionnalités organiques
identifiées dans le grand tout (peuple
nation) et le petit tout (pays immédiat, peuple milieu),
interférence entre
- ce qui
découle de la participation sociétale (plus
ou moins partielle mais modale) aux deux "tout"
(convergents ou divergents), c'est la participation au
commun
-
ce qui se détermine dans l'expérience sociale
plus ou moins inerte (gare à l'idéologie de la
reproduction pétrifiée) au sein d'ensembles que
plusieurs traditions sociologiques désignent comme
classes sociales, plus ou moins isolées, et plus ou
moins interférentes en milieu. Le prisme des différentes
exploitations, tentatives d'impositions d'une puissance
hétéronome, dévalorisations culturelles, consciences
latentes ou consciences réflexives avancées en
résistances ou en luttes conscientes. C'est cette
expérience là, et à l'inverse celles des pensées et
actions exploiteuses à tentation dominatrices et
dévalorisantes, qui imposent la nécessité
théorique de maintenir dans toute
socio-anthropologie du peuple et du populaire la place
de polarisations, plus ou moins contradictoires
selon les moments historiques entre un peuple des
approximatives classes populaires et un peuple ne
pouvant invoquer plus ou moins hypocritement que le tout
indifférencié, et ne pouvant participer au commun que
dans la limite de ses séparations...
Il en découle que
dans nombre de situations historiques c'est le populaire
des plus ou moins classes populaires qui cumule le plus
d'attributs populaires ainsi définis dans leurs
enlacements alors que les autres classes peuvent en être
réellement, passivement ou activement (les distinctions
du mépris qui forment l'alpha et l'oméga de la
sociologie vindicative des bourdivins), séparés. Les
moments de crises sociétales fortes comme les
périodes de résistances nationales et/ou populaires
pouvant un temps pour l'essentiel, faire voler en éclat
ces séparations
Développement 4
Du peuple sociétal Peuple
sociétal ?. Nous postulons un lien organique
particulièrement prégnant entre les nécessités
d'existence de représentations voire d'imaginaire, du
peuple social dans toutes les acceptions
évoquées, - celles
inhérentes au travail et induites par lui, dans
une totalité organique de fonctions et de rapports
sociaux, - celles inhérentes à la reproduisent la
société par la génération au sein de formes de vie et
induites par elles. L'ensemble constitue une culture
d''expériences qui font sans cesse d'épreuves de
réalités multiples(entre Freud et Marx et
l'anthropologie). Elles sont inscrites dans le rapport
au cosmos aux saisons aux climats et aux jours,
inscrites dans les choses inertes de la nature, et dans
la normalité biologique des êtres vivants contraints par
les métabolismes quotidiens de la sustentation humaine
(l'alimentaire d'abord) dans des écarts très resserrés
de la quotidienneté. Elles se manifestent da la liberté
( la fécondité de ses variations, le plus grand mystère
de l'anthropologie), et les contraintes absolues de se
reproduire en passant par le ventre des femmes et
l'ensemble des engagements biographiques que
l'engendrement d'enfants induit. En une formule, ceux
qui par leurs fonctions sociales et les rapports
sociaux qui les formatent, affrontent le plus
directement, éventuellement le plus exclusivement, et
qui plus est aux frontières des normalités requises,
cette multitude de rapport de réel, intègrent d'évidence
un réalisme pratique et culturel et
symboliquement des chaînes opératoires exactes et
sacralisables car radicalement nécessaires, en
l'occurence des raisons. Ces raisons nous
les posons comme participant des fondamentaux de la
reproduction du tout, du Populus et de l'ensemble
social et sociétal. Nous posons ce que nous avancerions
en en sachant le risque, ce populisme théorique comme
hypothèse anthropologique fondamentale. Dans le contexte
des sociétés de la mondialisation où toute les
inversions anthropologiques sont entraînées par le
mouvement même du capital des choses et des hommes et
redoublées culturellement par ceux qui monopolisent les
scènes, nous posons la thèse d'un volant de normalité
anthropologique virtuellement plus susceptible d'être
inféré au peuple social qu'aux nébuleuses "supérieures"
accompagnant l'hyperbourgeoisie mondiale et en rajoutant
culturellement sur le nihilisme latent de la
mondialisation comme phénomène global d'un âge de
l'accumulation du capital (Guy Bois) dans son rapport
aux sociétés et au monde.. Un des fronts de lutte de la
mondialisation se situerait donc, aussi dans cette
défense anthropologique évidemment totalement
disqualifiée et même réprimée par les classes parlants
mondialisées. Nous ne revenons pas plus sur ces thèses
abruptes, ici, ce sera pour plus tard, sauf pour
souligner que le livre de R Dupuy sur La politique
du peuple interfère de fait sans forcément
l'expliciter avec cette problématique, en tout cas du
point de la subjectivité populaire à se porter comme
garant contre ce qui se présente à elle comme
inversion anthropologique mettant doublement en question
l'entité nationale, et les modes à sacraliser de
l'humanisation. Ainsi les mondes populaires et d'abord
dans leurs cadres nationaux sont à interroger comme des
sujets virtuels principaux de résistance à la
mondialisation comme processus prédateur d'acquis
fondamentaux non seulement de civilisations mais
d'humanisation.
Dire cependant in fine
que ce peuple sociétal pourrait aussi se définir comme
une des modalités du Populus tendant à persévérer dans
son être singulièrement humanisé et singulièrement
séparé (culture souveraineté etc.). C'est pour
l'essentiel acceptable à ceci près que les attributs du
peuple sociétal nous paraissent les plus vifs et
normatifs à l'interférence du peuple social et du
Populus. Cela n'exclut pas que d'autres ensembles
sociaux et sociétaux ne participent pas dans les temps
calmes des sociétés à cette mobilisation anthropologique
vitale ; mais lorsque des crises sur l'avenir des
nations la liberté ou la soumission des Etats, la
diffusion institutionnelle des raisons anthropologiques
et des valeurs fondamentales (tout ce que conceptualise
l'œuvre entière de Pierre Legendre) sont mis en cause et
que triomphent jusque sur les scènes supposées garantir
les raisons et même la raison la "souveraineté du
fantasme", c''est à cette interférence du tout (nation
?) et du peuple, comme partition sociale et sociétale
que nous proposons de chercher de façon privilégiée le
volant d'inertie de l'humanisation, menacé. Tous les
historiens savent que les civilisations et les sociétés
sont mortelles mais le destin de ces morts est-il jamais
adjugé tant que subsiste ce volant populaire du vouloir
vivre.
Droits de reproduction et de diffusion réservés ©
LESTAMP - 2005
Dépôt Légal Bibliothèque Nationale de France
N°20050127-4889
|
are |