|

Joëlle
Deniot et Jacky Réault avec Léonard Delmaire : Espaces, temps et
territoires. Lestamp Edition Nantes 2010

Espaces Temps
et territoires,
J Deniot, J Réault
(Dir.) avec L Delmaire,
L'Eté
du Lestamp Cahier N° 2 Lestamp-Habiter-Pips
EA 4287 Université de Picardie Jules
Verne Amiens Lestamp-Edition Nantes Mai
2010 |
|

Treize Textes
inédits de
Pierre
Cam,
Les formes de précarité
dans les métiers des transports
Anne-Sandrine Castelot, De
boîte en boîte, un espace et un temps de
travail.
Jérome Claudien,
La Loire, un fleuve rêvé pour Jules.
Delphine Colas-Bucco,
La prison, une ethnologie
du huis-clos.
Gérard Dehier,
Le
"no man's land" impossible.
Léonard Delmaire,
Entre passé présent et conditionnel, le
temps incertain du goût musical.
Joëlle-Andrée Deniot,
Images pour une voix, le langage
scénique d'Edith Piaf
Joëlle-Andrée Deniot
etJacky Réault
Espaces, Temps et
Territoires
Nathalie Halgand,
Le
club, mémorial de l'automobile.
Carole Launai,
Le
nain de jardin entre "amor fati" et
mépris de classe.
David Morin-Ulmann,
Remarques sur 2001 et l'odyssée
spatiale.
Issoufou Oumarou,
Les femmes,
les hommes, la terre: Les Songhay du
Niger.
Françoise Philip,
La
mobilité intra-européenne,
"multi-territorialisation" complexe de
jeunes français expatriés.
Jacky Réault, Nicolas
et Ségolène 2007 ou le mystère de la
Dame de Vix |
|
Espaces, Temps et Territoires
La
découverte du lien organique des espaces et
des temps, avait traversé toutes les
sciences du XXème siècle, de la
relativité générale à la formalisation de
Fernand Braudel ; cette dernière reliant
dans une contemporanéité d’échelle mondiale
toujours problématique, l’expérience des
temporalités à celle des territoires
singularisés, des civilisations, des
nations, des blocs géopolitiques, mais aussi
à celle des cultures, des milieux vécus, des
quotidiennetés.
À en croire la
vulgate de la mondialisation (disons
jusqu’au tournant du 11 septembre 2001), ce
lien aurait été rompu. Le réseau tendant
vers l’homogène, immédiatement mobilisable,
agissant hors sol serait devenu non
seulement la vérité du monde, mais sa loi,
voire la seule posture légitime de sa
connaissance.
L’horizon serait
le citoyen du monde et le nomade sans feu ni
lieu, le mouvement brownien des vies
anarcho-libérales, l’injonction des
métissages et des dédifférenciations, la fin
sanctionnée des grands récits. Selon
l’expression de Philippe Muray le réel, des
inerties anthropologiques de l’humanisation
et du temps long des codes et des
identifications, était reporté à une date
ultérieure.
On voudrait ici
considérer à toutes échelles de description,
de condensation des expériences personnelles
et sociales, d’un monde structuré,
déstructuré par la mondialisation,
l’heuristique d’un « retour du réel » qui
s’éprouverait dans un nouveau lien
contradictoire des espaces et des temps.
D’une part,
personne n’échappe à l’immersion centrale ou
périphérique, volontaire ou imposée dans une
mondialité de branchements, à fortes
surdéterminations, technologique de media et
de communications, géopolitique, économique
dans l’aporie réelle du libre échange
contraint. D’autre part, on constate le
resurgissement d’acteurs individuels ou
collectifs retrouvant le lien des mémoires
et des sols, des conjonctures et des
structures.
Loin d’être
antinomiques, territoires et réseaux sont
deux modalités irréductibles d’une
réappropriation du monde. Michel de Certeau
avait dès la fin des années 70, trouvé la
formule qui nous semble le mieux résumer une
nouvelle donne qui, à l’échelle des
personnes, pourrait s’enrober du vocable de
liberté : Le propre est une victoire du
lieu sur le temps.
Jacky Réault et Joëlle Deniot