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Par J. Lauter,
avec
une nouvelle postface de Jacky Réault
Quelle nouvelle forme
alternative en gestation dans le
système politique français mutant ?
19 novembre 14 décembre 2008
Enfin,
la Ligue des Droits de l'Homme française a quand même
entendu les débordements mussoliniens du maire
socialiste de Montpellier. On commençait à craindre que
ce propos ne vienne pas et que la LDH qui s'éparpille
dans tant de positions secondaires ou confuses et qui
parfois semble se confiner dans des attitudes partisanes
n'en oublie ses missions fondamentales d'ordre
anthropologique, avec pour nécessité de parler peu pour
dire l'essentiel, au nom d'un idéal de démocratie et au
service de l'esprit des lois. Ce que nous venons
d’entendre ce week-end de Montpellier va même plus
profond encore, aux fondamentaux d’une raison
démocratique dont l’usage public de la langue est le
premier marqueur. Nous sommes toujours 1984. Le novlang est toujours
rampant.
Un grand notable de la république, membre éminent d’un
des deux partis qui se partagent le pouvoir de la France
en mondialisation, le plus haut personnage de l’État sur
un vaste territoire régional, vient de s’oublier ( ?)
dans le vocable de sous-homme et qui plus est en
l’appliquant au représentant d’un groupe historique à
qui l’histoire n’a épargné aucune de ses cruautés, les
harkis, il faudrait d’ailleurs dire, si l’on n’oublie
pas d’hêtre historien, les harkis survivants des
massacres de l’indépendance… Un détail ?
S’oublier ou se réfléchir ?
L'essentiel c'est ici, pour nous, révélée en clair, la
vérité des pouvoirs oligarchiques qui sous
nos yeux se substituent à la souveraineté des peuples et
au droit démocratique que seule elle peut fonder ; cette
vérité n’est celle de l'ubris, la démesure
tragique de l’ensemble des castes régnantes, désormais
sans aucun tiers référent, fut-ce la loi (et plus
seulement des soi-disant métarécits fondateurs,
cibles d’une postmodernité aux frontières du
nihilisme) ? Très classiquement, et c’est en cela aussi
que l’histoire humaine est toujours tragique,
c’est en se condensant dans une personnalité à la fois
publique et limite[2]
qu’elle devient monstration, dans tous les sens
étymologiques de ce terme.
Ce théâtre certes ne vaut pas le vrai, - la
catharsis suppose la sublimation d’un beau texte qui
fasse communauté,
l’espace commun du dialogue avec un public-peuple - ,
mais contentons nous en attendant mieux, - le retour
d’un Vilar en Avignon - de ce qu’il nous apprend : G
Frêche n'est qu'un des représentants les moins
dissimulés des oligarchies régnantes en France au temps
de la mondialisation qui est aussi
désubstantialisation de la
démocratie[3]
Qu’est-ce qui occupe le vide de cette perte de substance
dans les institutions et dans l’esprit des hommes.
Beau cas, Georges Frêche est une des réponses !
La vérité de cet événement-expérimental c'est bien la
culture du mépris pour tout ce qui représente le peuple
- en gros (l'appartenance à une communauté de destin -
ou simplement à un langage de raison civilisatrice, une
nation), - ou en détail (tel sous ensemble de sans
pouvoirs et sans position de scènes dans les villes
archipels de la mondialisation). Ce qui nous a été donné
à entendre ce dernier week-end grâce à une improbable
diffusion par une chaîne habituellement plus favorable à
l’un des deux grands partis du consensus mondialisé[4],
c’est l’unité d’une double rupture, rupture avec la loi
comme avec le sens commun démocratique inscrit dans le
langage public possible d’un représentant de la
république ; un des grands esprits expert de ce lien
organique entre la régression totalitaire et la
subversion de la langue, George Orwell[5]
a nommé common decency ce partage de valeurs et
de raison (intellectuelle et morale) commune à
l’universel concret de la multitude historique à
laquelle on appartient pour y être né et pour avoir été
par elle humanisé. George Frêche en basculant au dehors
sur une scène de pouvoir, vend la mèche mais tant
d'autres pensent ainsi (dans le racisme de classe
et de peuple) en restant plus hypocrites.
Un binôme quasi expérimental
Georges Frêche et Jack Lang
?
La présence et l’acquiescement tacite puis actif de Jack
Lang fait de ce sociodrame une véritable achèvement en
typicalité ; l'inventeur de cet Etat culturel
qui s’avère également une montagne de pouvoir, d'argent
et de mépris[6],
est très complémentaire de l'énergumène de Montpellier
qu'il conforte activement (qui ne dit mot consent[7])
par son immanence biographique et politique d’icône ;
n'a t il pas réussi à transformer la cathédrale de l'art
ouverte au peuple instaurée par André Malraux en ce
prodigieux machin combinant la pensée unique
étatique et contrôlée, le bazar marchand, et le
nihilisme théorique et pratique du cultureux de
bureaucratie et de caste substitué à l'art, à la culture
cultivée[8]
comme à l'éducation populaire.
N’a t il pas été l’actif désymbolisateur (D.R. Dufour,
l'art de réduire les têtes) et
l'auteur du refoulement étatique de cette immense et belle
mobilisation historique à la fois lettrée et
populaire, - cet impossible du sociologisme binaire
qu’adorent invoquer les langues de bois politiciennes-,
qu’avait engendré la conjonction séculaire du mouvement
ouvrier et du militantisme des classes moyennes référés
à l’école ; cette école était faite pour instruire et
promouvoir et avait largement entamée sa tâche
(irréductible à la logique quasi éthologique de domination de classe du
gauchisme sociologique) avant d'être dégradée y compris
par ce même Jack Lang (auteur du décret sur les
masters du nivellement européen du savoir
fondamental à cet autre événement moment de vérité
scandaleux d’avril 2002, l'éviction du chef du parti
socialiste par Jean-Marie Le Pen.. Certes d'une certaine
façon n'est en cela que le digne successeur de Lionel Jospin
à l’Education nationale sous la dite gauche plurielle,
de 1997 entre le pédagogisme idéologisé et l'inversion
des transmissions contenue dans cette exemplaire
manifestation de la souveraineté du fantasme (P.
Legendre) qu'est l'enfant au centre.
Deux faces de l'oligarchie, deux modalités de la
re féodalisation dans la conceptualisation de Pierre
Legendre, sont ainsi, et de façon
malgré tout étonnante, réunies dans cet évènement au sens
fort ; cette révélation expérimentale peut faire
histoire pour peu que nous ayons des yeux des oreilles
et de la mémoire ; bien qu’il s'agisse, pour lui, d'une
nième édition d'abus totalitaire du langage à partir
d'une position institutionnelle abusée, ce nouvel écart
de Georges Frêche absous par un ministre de la culture
historiquement référentiel, n'a rien d'anecdotique. Une
"condamnation" verbale par le PS évoquée par la LDH, ne
suffirait pas à nous exonérer du devoir d'analyse.(Note
de 2008, cette condamnation d'ailleurs suivie d'une
exclusion est finalement advenue, mais c'est finalement
ce qui semble aujourd'hui remis en question
Un symptôme mais de quoi ?
Qu'est-ce qui engendre depuis plus de vingt ans cette
décrépitude morale (et intellectuelle, et pas seulement
dans les institutions, les partis ou les syndicats,
-allez donc voir ce que deviennent, après les IUFM et
dans la même veine idéologique et nivelante, les
universités dans leur rampante autonomie, ce leurre
délétère ?- ), et comment se développe ce processus de
nécrose de la démocratie qui est d'abord effondrement
civilisationnel et personnel de ceux qui se prétendent
les "élites" qui plus est dans les positions usurpées
de "représentants". Il ne suffit plus de
dénoncer en se
mettant toujours dans le camp commode de la
bien-pensance, il est urgent de se risquer à penser pour
de bon et d'abord de dire haut et clair que la sortie de
Georges Frêche n'est pas une éructation malvenue, en
quelque sorte un oubli, mais bien le passage au
visible, expérimental, de la vérité profonde d'un
processus , redoublé et accentué par des politiques
convergentes, et qui couvre déjà un quart de siècle,
touchant les sociétés de la mondialisation et ici la
notre. Georges Frêche, par sa position
institutionnelle (maire de grande ville président du
conseil régional, cacique socialiste et tête de réseau
dans un vaste sud-est), cumule de
triples effets pervers,
>
de la séparation oligarchique des partis et des tenants
(Poulantzas, Pouvoir politique et classes
sociales Maspero 1975) des si interférentes scènes médiatiques et (post?) culturelles d’avec la nation, à la
fois résultante et, pour autant qu’elle ait des centre
d’action, logique sinon cible politique de la mondialisation,
>
d'une décentralisation certes ambivalente mais
qui, (sur fond de délitement de l’Etat et de la
référence à la souveraineté du peuple, de confusion
libérale autour d’une dite société civile et du
hochet de la proximité), tend si souvent à se
résoudre en une re féodalisation et un
contournement mafieux de la loi, par de nouveaux
notables au centre de leur nébuleuse clientélaire,
>
et enfin d'une déstructuration sociétale malgré tout
inégale et qu'il convient de différencier à dans les
termes d'une géopolitique des régions
françaises,[9]
touchant la société du quart sud-est de la France qui condense
et grossit beaucoup des dérélictions de la société
nationale mais y rajoute les siennes propres. Cette
singularité relative s'inscrit contradictoirement dans
son interférence avec ce qui constitue à la fois son
berceau civilisationnel principal (mare nostrum, Mère
Méditerranée, écrit joliment Dominique Fernandez)
et, plus ambivalente, l'histoire de sa première
périphérie coloniale et postcoloniale , qui se condense
lourdement lorsque Georges Frêche s'oublie, c'est
à dire se souvient. Il faut se souvenir aussi que ce
même espace historique, - pourtant matriciel d'une
vigoureuse culture démocratique, (exprimée dans la
sociabilité méridionale illustrée par l'œuvre de Maurice Agulhon) -, avait
engendré en 1815, la Terreur blanche . En 1962 il
offre le principal terrain d'accueil, non seulement des
malheureux réfugiés de la décolonisation, pieds noirs
et harkis, -en tout cas ceux qui ont échappé au massacre
de l'indépendance-, mais de l'OAS, ce terrorisme d'un
désespoir devenu pervers de la fin du colonialisme. Il
nous profile aujourd'hui un des types de personnages publics qui intègrent le plus, au risque d'en
être quelque peu fêlés, les effets délétères sur les
personnes, et pas seulement sur la société et le droit,
d'une démocratie sans peuple alias on le
redit,
désubstantialisation de la démocratie (G. Bois, op.
cit...... 2003)
Cela, en revanche, n'a rien de spécifique à notre
bordure méditerranéenne, ni même à la France, mais
procède de la tendance oligarchique des sociétés de
la mondialisation. Frêche en sa
citadelle par trop décentralisée et de facto
mondialisé (via l'Europe réellement instituée, ce
relai multiplicateur de déconstruction des nations), illustre à
quel point il devient urgent de prendre conscience d'un noyau
nihiliste (?) de la crise actuelle du monde et pas
seulement de notre société. Prendre conscience
mais aussi, littéralement s'insurger, comme nous
l'avions suggéré en septembre 2001[10],
face à une nouvelle débandade
de la raison, qu'il nous semble heuristique de
penser dans le vaste contexte de la fin d'un cycle
civilisationnel d'un demi millénaire après la précédente
Grande crise, celle de la fin du Moyen-âge.[11]
Dans cette relecture de
novembre 2008, au
temps de la très possible crise systémique désormais engagée
(et de façon
indécidable entre de dé mondialisation et/ou de
sur mondialisation),
la débandade de la raison s'est universalisée ; sans que
l'on sache cependant si de la Chine, de l'Inde d'où surgira une raison alternative relativement
universalisable aussi.
Bien à vous et merci pour cet envoi[12].
Jules
Lauter
Postface de Jacky Réault
19 Novembre 2008- 1° décembre 2008
Ose
croire, mon âme tressaillant
comme au vent glacé d'un effroi, que seule
est à considérer ta sensibilité native.
Le pacte de Georges Frêche et
de Ségolène Royal
Quelle nouvelle forme alternative en gestation dans le
système politique français mutant
sur fond mondial
réversible de
désubstantialisation de la démocratie.
Georges Frêche survivant
d'un autre âge ou annonciateur de temps maudits ? C'est la deuxième fois qu'il
nous semble interférer dangereusement avec la politique
en crise, et cette deuxième survient en cet automne
2008, au sein de la crise
la plus radicale qu'ait jamais connu le rapport des
sociétés humaines et du capitalisme. Une crise globale
qui ne peut que radicaliser toutes les autres crises.
Pour ce qui concerne la France, à une raison
politique (Régis Debray) médiée par la réflexivité
d'une système de représentation, dans l'écosystème
sémantique et juridique jalonné par Athènes, Rome, le
Paris de 1789 autour de grands récits fondateurs de
peuples, semble succéder, tant au pouvoir que dans l'opposition,
une régressive gouvernance de populations
interpellées comme masses dans l'immédiateté d'anecdotes
spectaculaires visant l'engagement pavlovien sur des
affects élémentaires voire sur le çà présocial
d'un autre âge des foules sans sols, au temps d'un
virtuel asservissement en réseau. Un des mots d'ordres
latents et même explicites de l'époque n'est-il pas le
répugnant "Lâchez-vous". On ne peut imaginer meilleure
devise pour Georges Frêche. Gardons nous d'un fatalisme
catastrophique gros de résignation, notre récidiviste n'est jamais
qu'un petit Sire de Coucy assez loin de Paris. Certes il
fait cette année 2008, retour aussi par le Sénat ?
Certes s'il a
finalement été exclu du PS, ce n'est pas forcément pour
tout le monde. Certes il pourrait revenir dans un parti
et un Etat qui auraient alors passé le cap de la
post-politique, vers les
rivages d'une oligarchie mondialisée régnant par les
voies du non savoir binaire, de la manipulation
affective, et de la spectacularisation des fonctions
politiciennes, appliquées à des multitudes massifiées
Mais jusque là, cela
restait de la prospective fiction projetant à la limite,
des tendances parmi d'autres de la société
politico-médiatique. Les années 2000 ne nous
montrent-elles pas, à l'inverse - on l'a analysé
ailleurs-, des signes de retour des peuples,
et même pour les savant géopoliticiens de l'ordre
mondial de la publication 2008 de Ramsès, le Retour
des nations. Certes s'il a abandonné sa ville à une comparse
il règne tout aussi
tyranniquement et à plus vaste échelle, dans l'Hôtel de région,
le château a
grossi sinon la raison morale de l'occupant, mais
pour nous rassurer un peu, on pouvait jusqu'à cet
automne l'éprouver dans
le goût amer mais réversible d'une
décentralisation dévoyée et d'ailleurs désormais, au
lu de robustes sondages convergents, impopulaire.
L'évènement profondément symbolique qu'a constitué en
novembre 2008 le rapprochement appuyé de cette autre
forme politique mal identifiée de redoutables temps
nouveaux possibles, Ségolène
Royal[1], en quête
de voix par tous moyens pour s'approprier le parti
socialiste et de Georges Frêche, théoriquement exclu de ce
parti, contraint à une réinterprétation générale non
seulement de la conjoncture mais des mutations
structurelles accélérées, par la brutalité de Nicolas
Sarkozy, du système politique. Cela se passe désormais dans une
société rongée par le processus de la mondialisation et
doublement fragilisée, par la grande crise qu'elle vient
d'engendrer et par l'effondrement moral du système de
représentation partisan tant dans le mode d'exercice de
la magistrature suprême que par la déliquescence du seul
parti d'opposition représentant une force significative,
le PS. Dans cette situation d'où toute alternative
classique à l'exercice du pouvoir semble tragiquement
exclue, on ne saurait négliger ce qui se présente
spectaculairement comme forme nouvelle alternative hors
système par la conjonction de deux des trois personnages
qui manifestent le plus leur mépris actif pour toute la
tradition politique démocratique de leur pays, le
troisième étant à l'Elysée donc partiellement pondéré,
-il faut en tout cas l'espérer, par un rapport direct aux
réalités qu'affronte l'exercice effectif du pouvoir. Georges et Ségolène
indépendamment de puissants réseaux bien réels, et de
leurs fiefs régionaux, ne disposent, pour le moment
dans leur rapport à l'Etat central que de la toute puissance encore
largement imaginaire de leurs paroles et de leurs images
sollicitées et déversées par les media avides de telles
stars d'un type nouveau pour capter le "temps de
cerveau humain disponible". Encore faut-il cependant
ajouter qu'entre ces media centraux et les réseaux de la re féodalisation les interférences sont multiples.
Nous en avons notamment au centre des sociétés de
l'Ouest français dans l'ancienne Basse-Loire
industrielle tendant à devenir l'estuaire des
industries culturelles et créatives ( Rapports à
la commission européenne dans le fil du Traité de Lisbonne) au profit d'une
classe culturelle nantaise radicalement dépopularisée,
de multiples et univoques manifestations.
Quelle permanence ?
Pour analyser la nouveauté du positionnement souligné
de Ségolène Royal en novembre 2008, comme alliée
privilégiée de Georges Frêche, à la place occupée par
Jack Lang en 2006, il importe de considérer
d'abord la permanence
sur la scène visibilisée par les media d'abord de cet homme, que
chaque transgression semble renforcer. Comme on l'a
évoqué déjà, quittant sa ville
il tient la région, confiné dans ses terres il vise le
sénat républicain, maître de ses clientèles locales il vise à jouer
son jeu dans la crise nationale du PS, cacique régional
il s'arrime à la candidate des classes parlantes
mondialisées à la magistrature suprême français; mais avait-il
jamais renoncé ? Certes aujourd'hui comme hier on style
et ses actes font toujours hésiter entre des figures du
passé dont l'anachronisme serait presque rassurant, caricature
du colonialiste brutal ou dévoyé liguard
d'entre les deux guerres à tendance caudilliste
de Méditerranée occidentale. Dans l'actuelle
conjoncture de crise générale évoquée plus haut, on ne
peut en cependant en rester à l'interprétation de 2006 sur le profil
d'un simple candidat seigneur de la guerre prompt
à dépecer l'Etat central et les instances emboitées de
la loi, celle de son pays celle des instances instituées
de son parti, mais finalement confiné dans son fief.
Faut-il pour cela considérer comme caduc
l'alliance, apparemment dépassée de 2006 ? Ce duo formé entre Georges Frêche et Jack Lang
qui nous avait retenu en 2006, il restait semble-t-il, par
comparaison quasiment dans un modèle d'inconduite
de la politique dé substantialisée de la mondialisation
: le néo-féodal et le mondialiste ! On voit cela un peu
partout depuis vingt cinq ans. On l'a vu et ce
n'est plus une
nouveauté, dans l'Etat culturel d'où
Catherine Trautmann paya cher sa tentative de retour à
la république. On le voit dans l'Etat de plus en plus
délié des grandes "collectivités locales" à virtualités
sécessionnistes ; c'est déplaisant comme la
mondialisation, les arrangements un peu mafieux, et le
mépris des nations souveraines, mais on a eu le temps
d'en baliser intellectuellement les périls sinon de la
conjurer
[1a]
Certes il faut se garder d'oublier que Jack Lang, qui a
pris en 2008 parti, pour le moment, contre Ségolène Royal, reste
en réserve dans la pile paradigmatique des ressources
pour l'invention d'une nouvelle forme possible ;
ce communicateur hystérisant a de fortes connivences
avec les modes opératoires de Ségolène Royal ; mais
précisément il est sur ce plan concurrent n'ayant jamais
abandonné le fantasme d'une présidence de la république
à son profit ou en personnage clé auprès d'un autre ;
ses velléités pas totalement inabouties d'intégrer la
forme sarkozyste de la mutation en cours doivent être
prises au sérieux dans une prospective, mais
manifestement ce ne serait pas avec lui que s'est profilé la forme la plus
nouvelle de mutation des structures politiques.
Pourtant à analyser les choses plus en profondeur, le nouveau pacte suggère l'hypothèse du
rapport entre un processus de la mue structurale de la
politique des sociétés de la mondialisation et les
tâtonnements de qui prétend surfer sur elle pour la
maîtriser à leur profit mais nécessairement dans le même
sens. Une analyse structurale comparée de ces deux alliances
montre un personnage pivot structurellement pivot, ce
qui ne veut pas dire nécessairement principal, Georges
Frêche et une classe d'équivalence d'alliés
complémentaires en quête d'une forme viable encore en
gestation : Jack Lang
et Ségolène Royal en sont les composantes principales.
Ne peut-ton pas rétrospectivement, donc historiquement
suggérer que les deux jouent chaque à sa façon, une
partition commune, celle de l'hystérisation
communicationnelle plus démagogique pour Jack-Lang (avec
le créneau jeuniste privilégié), plus massifiante
mais plus virtuellement universelle pour Ségolène Royal.
D'où deux thèses que nous développerons ou avons
développé ailleurs
. -Thèse étroite, Jack Lang comme
personnage mediatico-politique est
le véritable l'inventeur du nouveau morphème de la post-politique,
mais trop engoncé encore dans une génération antérieure
et trop étroit dans son créneau, voire plus pusillanime
dans l'exhibitionnisme et la mise en pièce de la raison
du discours, il n'a pas réussi. Jack Lang ou La Ségolène Royal
inaboutie en quelque sorte ? Mais pour ce qui concerne
la tendance objective du processus politique à produire
par essais et erreurs,
la combinaison de la post-politique mondialisée, il
devait fatalement rencontrer Frêche mais jouant
désormais en 2008, parmi les comparses éléphantisés par SR et
les media, la combinatoire resta fugace (ou en réserve).
-Thèse large, celle que nous développons dans
L'Etat culturel et ses classes, (Nantes 10 avril
2008, Lestamp, HP, communication programmée reportée), L'Etat culturel langien
(voir la savoureuse caricature qu'ena fait Jacques
Bertin pour Le Lestamp et le Master Culture à Nantes en
2005) dans
son ensemble structurel sémantique idéologique et plus
largement sociétal et civilisationnel, est
l'anticipation des post-Etats de la mondialisation
L'anticipateur du secteur culturel totalitaire
programmé par le Traité de Lisbonne,
Anticipateur expérimental, -le microcosme précédant le
macrocosme-, il est crucial pour l'anthropologie politique de l'analyser
comme tel, même si la crise qu'il est difficile de
caractériser entre crise de (d'une nouvelle étape de..) mondialisation et/ou crise de
la démondialisation, remet en cause une partie des
processus, et des politiques affectant les Etats
nations sous la prédation mondialiste, quoique freinée
depuis le 11 septembre 2001 (?).. Ces derniers objets de la prédation euro-mondialisatrice,
et des mobilisations idéologiques de l'identité négative
antipeupliste depuis la génération des grandes
séparations ( la fracture sociale d'E Todd,
Fondation Saint-Simon oct 1994), sont brusquement
et très hypocritement assaillis d'appels au secours
aussi pathétiques que réversibles) de la part de tous les prédateurs financiers en quête d'une
nationalisation de leurs monstrueuses escroqueries. Pour
autant que l'on puisse analyser un comportement
relativement stabilisé dans ce tout début de la
Crise systémique qu'a vu éclater l'automne 2008, et qui
chaque jour, et ce n'est pas une métaphore rhétorique,
s'approfondit vertigineusement.
Du duo au
pacte quelle
nouveauté ?
Le nouveau binome entre le premier héros de cet article qui
décidément est le catalyseur, sinon évidemment
l'auteur, de beaucoup des pathologies politiques
plusieurs époques - et sa nouvelle partenaire constitue un
phénomène beaucoup plus inventif. D'abord en termes
politiques ce n'est plus seulement un coup de main
défensif c'est une alliance politique à effet immédiat
et dont il faudra bien à la bénéficiaire payer les
intérêts. Par sa forme et par son contenu - ce qui dans
la politique spectacularo-médiatique de massification
devient une opposition de plus en plus vidée de sens- ce
pacte s'avère plus que virtuellement subversif
des institutions républicaines (de ce qu'il en reste).
A la valeur intrinsèque près des personnages, qui ne
sont ici que de médiocres hologrammes, il
devrait faire penser quiconque a encore une
culture historique (sans la quelle in'y a plus de
citoyens), aux duumvirats ou triumvirats des candidats
monarques de la fin de la République romaine (Pompée
César etc.). Ce propos dira-t-on nous propulse loin en
avant dans une science politique fiction. Mais la
réalité des effets politiques récoltés par les deux
partenaires et spécialement pour Ségolène Royal n'a rien
d'imaginaire et sa capacité subversive n'en est encore
qu'à ses prémisses, et cette réalité est autrement
inquiétante que ne le fut l'épisode Frêche Lang
(indépendamment de son fond structural, évoqué plus
haut, indépendant des personnages et qui demeure) Il donne à voir une convergence plus
profonde de politiques conscientes surfant si l'on ose
dire, sur des processus lourds touchant l'instauration
de post-démocraties (selon la juste
déclaration du président tchèque insulté dans son propre
palais par l'aventurier des temps nouveaux qu'est Daniel
Cohn-Bendit) dans les sociétés de la mondialisation, et
pas seulement un arrangement de bêtes de scènes
cherchant les caméras. On voit que l'on est passé de
l'hypothèse modérée d'une pathologie de la
décentralisation, (certes en danger de dérives de par les
thématiques délétères et ethnicisantes de l'Europe
des régions, qui reculaient d'ailleurs depuis le 11
septembre 2001 et le 21 avril 2002), à une propulsion de
la scène régionale à la scène nationale des possibilités
d'intervention du pivot ne demandant qu'à devenir
acteur au sens plein Georges Frêche : ses objectifs
visibles sont des plus clairs, au minimum reconquérir
une place dans l'appareil du parti en instrumentalisation
à son profit la crise finale du PS pour en devenir aux
côtés de Ségolène Royal, un des jokers, au maximum dans
une alternative stratégique nationale liée au sort de
Ségolène Royal au sommet des institutions de la (post?)
république. Qu'on pense à l'éventuelle adéquation de son
propos antimusulman et à virtualité raciste survivant de
la Guerre d'Algérie du temps de Guy Mollet, avec une
radicalisation huntingtonnienne d'une rampante guerre
des civilisations que tant de forces mènent déjà
ouvertement en France comme ailleurs en Europe et aux
Etats-Unis. Et c'est évidemment cette perspective de la
conjonction de la joueuse de flute de la débandade de la
raison politique bien au delà des essais Frêchiens, et
du parrain de croisade racialiste,
que d'aucun pourraient penser terrifiante. C'est là
qu'il faut
désormais penser eu égard à la configuration
complémentaire des deux nouveaux alliés. Pour autant
évidemment que l'alliance s'approfondisse et ne
s'institue dans le parti d'abord ( si c'est encore
nécessaire) dans l'Etat enfin ?
Quelle singularité avec la substitution de Ségolène
Royal à Jack Lang ?
La nouveauté radicale réside en effet dans le
formatage présidentiable probabilitairement crédible de
la nouvelle venue sans cesse réitéré et le cas échéant
induit par les media qui restent l'expression directe de
la financiarisation mondialiste du "secteur culturel et
créatif" qui constitue un pan fondamental, le plus
totalitaire, il faut oser le mot, du Traité de Lisbonne. Le programme du nouveau personnage
féminin
qui vient croiser la saga sinistre de l'homme de
Montpellier, ne s'exprime t il pas
résolument dans ce qu'on pourrait qualifier d'immoralisme radical d'un j'moi-mêmisme (Renaud
Camus, La grande déculturation, Fayard 2008)
infantile et pervers, son Désir de
...tout, ses j'aime.. j'aime pas.
Aimez-moi, Aimons nous les uns les autres
(répugnante instrumentalisation du sacré !)., qui se condensent encore mieux dans sa litanie du
J'ai envie de.. sa loi et ses
prophètes. Mais on ne peut en rester à une critique
morale ou psychologique quoique on touche là à des
composantes essentielles du nihilisme chosifiant qui est
le discours latent de la mondialisation et, dans les
mœurs le discours manifeste des classes parlantes qui le
relaient. En tout cela l'essentiel est qu' elle a
radicalement coupé les ponts avec l'esprit des lois
comme avec la common decency républicaine. A
l'instar de Nicolas Sarkozy, dira-t-ton ? Certes il y a
convergence, mais l'homme de Neuilly fasciné par
l'hyperbourgeoisie américaine, s'ancre encore dans des
références historiques et mémorielles ; il
bouscule les institutions met en pièce certains garants
civilisationnels de l'ordre sociétal, le droit du
travail le rapport aux temps sacrés etc.
Ségolène ou la prédation active de la raison politique
en symbiose avec le discours latent des media et le
discours manifeste d'une partie de leurs maîtres.
Mais c'est
Ségolène Royal qui met en pièce dans ses modes
d'exposition prédateurs
le lien fondateur entre la raison et la politique. Son
génie, si l'on peut dire est dans cette indépassable
radicalité dont le pendant est dans la société comme
dans le parti l'appel contre la fonction réflexive et
médiatrice des représentants, aux multitudes sans
culture politique, ou, au sein des audiences
médiatiques, à la fraction massifiable d'individus
séparés de leurs communautés, ou à certains
resurgissements des communautés en perdition, tel un
certain catholicisme d'ancien régime de l'ouest de la
France, sa terre d'élection.
Ainsi identifié à ce niveau civilisationnel où
interfèrent rien moins que le langage et la politique, cet autisme répétitif de l'affect et de
l'instinct relié à une information binaire virtuellement
manichéiste, serait déjà une première
compréhension utile pour des esprits névrosés et
critiques (Dany Robert Dufour) issus des Lumières et
de la Révolution française, si la
désintellectualisation par le haut de l'époque en cours
n'avait pas tant refoulé l'intelligence de l'apport
freudien et nécrosé la culture de l'histoire nationale
support irremplaçable de l'intelligence politique !
Celle qui compte, pour capter des partisans,
essentiellement sur la réduction de tout message à un
arc réflexe de la séduction ou de la répulsion, mu par
le çà instinctif de l'émotion immédiate et de
l'affectivité fusionnelle, peut certes être pensée de
façon indulgente comme le médiocre instrument d'une
mondialisation liquidatrice de toute culture politique
démantelée par l'action massifiante de ses écrans
financiarisés dont la fonction spécifique d'un point de
vue civilisationnel, est de transformer les peuples
en masses[2]
Cette autre alliance là, absolument manifeste et pour le
moins structurelle, entre une candidate à la fonction
républicaine suprême et les écrans de la massification,
même si elle peut être pensée comme mutuellement
instrumentale ne constitue-t-elle pas déjà en elle-même
un inquiétant symptôme de la crise de la culture
politique démocratique reposant en son cycle de 2500
ans, depuis l'agora d'Athènes, sur un discours rationnel
invoquant des valeurs fondatrices d'une communauté
politique? Son extrémisme dans l'expression est une
autre évidence indiscutable et c'est une prodigieuse
aubaine pour les media de la spectacularisation
financièrement valorisable, sans fin ni limite.
Qu'importe ici de distinguer entre une hystérisation
symptôme personnel et/ou jeu maîtrisé de la
spectacularisation dont sont affamés les media, la
psychologisation serait ici déplacée. Ce qui est
manifeste aussi c'est l'audace avec laquelle elle se
surpasse sans fin, au delà de tout cynisme dans le
dépassement permanent de la, jusque là, common
decency politique et républicaine la plus
élémentaire. On pense à sa mise en spectacle au zénith
cet automne. De ce point de vue son jumeau au pouvoir,
est largement surclassé quoique jouant en grande partie
dans les mêmes registres.
Une psychologie ad hoc ? Mais là n'est pas la question.
Les folies de la société trouvent toujours leurs types
de personnalité adaptées et d'un point de vue
relativiste normales. Sur ce point toute une littérature
critique du 20° siècle de Bruno Bettelheim à Georges
Devereux par Emmanuel Todd, doit être relue d'urgence.
Elle en fait tant, Ségolène ( au passage notons la
dépatronymisation des identités qui est plus qu'un
symptôme de la crise culturelle en même temps que celle
de S.G.) avec une telle candeur délirante et
mimée ou si l'on préfère, une telle impudeur déroutante,
que l'analyste trop intellectualisé pourrait, guetté par
la tentation légitime du simple mépris, pourrait la réduire au registre un peu vain du pur spectacle
au point que sa performance politique en tant que telle
( l'emprise fusionnelle sur des esprits, finalisée sur
la prise du pouvoir politique) en semblerait presque
irréelle. A un autre niveau d'anlyse, le déréalisme
(Devereux, Essais d'ethnopsychiatrie générale,
Gallimard), référé à la raison
politique sublimée de la tradition démocratique, est
peut-être aussi un se ses symptômes - le paralogisme de
tant de propos ne peut tenir dans la durée qu'étayé sur
un fond schizoïde-; mais cette structure de la
personnalité n'est-elle pas commune, - à lecture de
l'ethnopsychiatrie de Devereux à D N Dufour - à nos
contemporains voire à nous même ; le
Todd de Le fou et le prolétaire le
confinant au 20° siècle totalitaire mériterait d'être
relu avec une vision élargie.
Qu'importe ce débrayage apparent d'avec une certaine
réalité n'en est
pas moins d'évidence chez elle manifestement exacerbé, et
il est
comme elle, bien réel. Les effets de son pouvoir
d'influence sur une société politique à tous égards
déboussolée, porté (suscité ?) par les media
financiarisés pourraient, si le corps politique (la
nation instituée) ne se ressaisissait pas à temps, peser
du plomb sur des populations affolées, - pensons aux
années Trente-, par les effets peut-être cataclysmiques
de la crise du monde qui se creuse chaque jour. Et ce
jour qui pourrait être le moment d'une radicale mutation
de la politique - d'ailleurs largement entamée par
l'occupant actuel -, n'est pas si lointain.
Institutionnellement, l'horizon c'est trois ans et demi,
mais rien ne prouve que Nicolas Sarkozy, son compère au
pouvoir et rival en modernisation de la
démocratie, pourra tenir jusqu'au bout. Sa propre
logique d'excès - agonistique ?- face à la crise
systémique va de plus en plus montrer les limites de ses
verbalismes brutaux et de ses réformes
prédatrices.
La vraie nature du duo : -
- un simple épisode de la
prise du pouvoir au PS ?
-le catalyseur d’une métamorphose
déjà entamé du système politique français vers une
oligarchie démagogique de media ?
-ou, déjà
l’amorce d’une diarchie singulière entre un pôle
jouant sur le maternalisme castrateur, tel que le
décrivait déjà sur des données américaines le Georges
Devereux des années 60 et un pôle caudilliste tendance
réseaux clientélaires, pour rester dans une expression
modérée.
- et de
facto en termes d'assises territoriales dans la
France-diversité de F Braudel à E Todd, une conjonction
des pathologies politiques propres aux décompositions
sociétales de l'Ouest français (S. R.), et des
pathologies politiques d'un Sud-est (G. F) bien connu de
la géopolitique critique de l'espace français (Y Lacoste
et la revue Hérodote)
- La
fiabilité culturelle et politique d'une telle alliance
ne saurait donc s'analyser uniquement au travers de la
scène centrale que nous avons principalement évoqué ici
avec un rôle dominant des media, mais passerait par la
mise en musique d'une résultante plus ou moins durable
d'une telle conjonction qui semble dérouter, à ce niveau
des cultures régionales, toute logique et tout
antécédence historique.
- Peut-être
donc que cette conjonction ne pourra rien fonder mais sa
fonction prédatrice est d'ores et déjà irréversible sur
le Parti socialiste où le renfort des voix méridionales
clientélaires de son nouvelle allié a donné à S.R.
ces quasi cinquante pour cent de voix qui lui permettent
de rendre la vie impossible à l'élue légitime héritière
de la tradition démocratique du dernier grand parti qui
pouvait en revendiquer une après l'alignement brutal de
l'UMP à la tyrannie de spectacle et de réseaux de
Nicolas Sarkozy.
Imaginons donc, ce qui n'est que jeu nécessaire mais
purement hypothétique, que sonne l'heure de cette alliance de
Georges Frêche et de Ségolène Royal et sa victoire au
sommet de l’Etat. Il le faut. Cela n’a rien
d’impossible. On sait désormais que leurs sorts sont
liés, mais on ne peut dans l’état actuel de la saga que
comparer les attributs respectifs et non penser leur
résultante, là où réside le plus grand péril. Certes
elle n'a pas les mêmes modalités de brutalité, doublée
sur l'insulte, genre un tantinet mineur, c'est elle qui va le plus loin dans la destruction
systématique de toutes les médiations idéelles de la pensée
réflexive dans un discours politique. C’est elle qui
assène à jet continu des absolus réduits au binaire manichéen dans une
incantation sans fin. Certes Frêche banalise
l'inégalitarisme et le mépris raciste, mais c'est dans la
forfanterie et le scandale dont il se délecte en
narcissique vaguement ridicule, sans oublier la
pêche aux voix pieds-noirs irréductibles mais c'est Royal,
beaucoup plus radicale dans la prédation
anthropologique, qui désymbolise tous les adultes assez âgés, - pour
représenter l'autorité civilisationnelle de l'ascendance
(Son père et les pères, les institutions, les statuts et valeurs de
son parti), - pour être porteurs de mémoire et/ou
représentants, intermédiaires démocratiques
nécessaires entre populations relativement massifiés et
pouvoir émetteur. Au nom de ce jeunisme à connotation
toujours fascisante dans l'histoire contemporaine, les dits éléphants du PS et
d'ailleurs, sont démolis en chœur par madame Royal et ses
media. G Frêche est plus circonspect. D'autre part, issu
des terres méridionales d'une culture juridique du
préciput et du paterfamilias il
pourrait avoir du mal à intégrer l'effondrement
symboliques des pères qui semble l'axe biographique
principal de sa comparse. Evidemment ils
ont d'égales capacités à invoquer la base contre
les sortants, et toute démagogie qui puisse être
relayée par les media de la mondialisation, mais c'est
elle qui a le plus éprouvé les virtualités lyncheuses
(elle l'a prouvé) du jeunisme, d'un pseudo-féminisme
rance, de l'encouragement donné à délation dressée
contre de supposés déviants sexuels.
En tout cas l'ensemble ainsi collecté à charge des réalités manifestes et des
perceptions plus largement admises de son action que
thésaurisent ses détracteurs, apporte plus
d'arguments qu'il n'en faut à Lionel Jospin qui a eu la contr'audace -
alors que la candidate de la légitimité d'une tradition
politique séculaire, Martine Aubry, semble médusée et
déjà vaincue - de radicaliser une interprétation fondé
sur la comparaison historique. Selon lui SR, dont le
discours constitue la plus radicale et élémentaire
novlang[3]
d'une époque qui, à l'instar des années Trente, en a vu
surgir de partout, fait irrésistiblement penser
quiconque garde une culture historique, à ce
néo-socialisme d'avant-guerre ( et d'abord de Marcel
Déat), qui fut d'abord,
sous couvert d'appels plus ou moins hystérisés à la modernisation,
une des modalités du fascisme auquel il se rallia au
détour la défaite.
Quelles défaites pour quelle mutation ?
Les défaites qui nous guettent à cette orée d'une crise
systémique sans précédent dans l'histoire humaine,
seront d'un autre ordre que l'effondrement militaire -
et d'abord moral sans doute - de juin 1940, mais elles
sont aussi prévisibles qu'elles sont déjà légions,
morales, intellectuelles, politiques, sociales,
quoique aucune ne soit jamais fatale. Peut-être Jospin
exagère t il par dépit ? L'homologie heuristique et
critique ne saurait dispenser de l'analyse nécessaire de
multiples et radicales nouveautés sans sombrer dans les
leurres, gros d'impuissance présente, de l'anachronisme.
Notre thèse est que toute interprétation et donc
toute prospective concernant SG doit passer désormais
par l'évaluation de la résultante que peut engendrer son
duo avec GF. Notre intuition d'historien c'est qu'il est
possible sinon sur qu'avec cette rencontre de deux modes
de perversions politiques, également avérées, c'est
là que tout a commencé[3].
Tout mais quoi ? Le duo dont la radicalité de la
lutte au sein du parti socialiste et l'incroyable
partage en deux a précipité ressemble à tout sauf à une
anecdote mais peut-on déjà dire que vient de se profiler
une diarchie ? Les personnalités d'évidence
complémentaires, (mais on ne sait rien de leur
compatibilité durable) et leur conjonction appelée à
durer ( la conquête du pouvoir reste à faire), renvoient
plutôt à un récit noir désormais embrayé, profondément
troublant, terriblement suggestif.. Mais de quoi ?
L'histoire qui galope en ces années 2000, risque de vite
trancher. Il importe que dans cette histoire encore
suspendue, il reste des sujets pour la
faire. Les sujets c'est tout ce que tout, de la
mondialisation à la déresponsabilisation idéologique
relayée par le sociologisme, en passant par les media
massifiant, tend à détruire. Devereux notait déjà dès
les Essais d'ethnopsychiatrie générale que c'est
l'adulte normal, concept anthropologique très
précisément élaboré, qui tendait à s'effacer. Mais ce
sont aussi dans le registre du politique les sujets
collectifs qui semblent plus cruellement encore,
aujourd'hui faire défaut. Un sujet historique
c'est toujours la combinaison d'une conscience (si
possible réflexive en l'occurrence mais ce n'est hélas
pas général) et d'une force sociale indexée à des
ensembles sociaux aux intérêts et aux valeurs
relativement unifiables, au sein d'un Etat ou pour en
détruire ou construire un. Pensons en attendant mieux
(toutes les forces organisées classiques des deux
siècles précédents, s'étant à peu près effondrées
symboliquement et politiquement), à
cultiver au moins ce qui dépens de nous, la réflexion,
et pour cela le savoir, notamment historique, la vigueur
critique, et la vertu de force.
Quel jeu sur les champs nouveaux de la lutte politique
entre ce qui dépend de "nous", sous réserve de
réseaux, le web, et ce qui n'en dépend plus
depuis longtemps, le pouvoir médiatique ?
Désormais c'est entre la spectacularisation
dépolitisante du politique par les media[4]
et la relative anarchie de l'expression - cependant très
manipulée par les réseaux- par le canal des sites web
relayée par les moteurs de recherche, qu'l convient de
chercher les symptômes visibilisés des transformations
sociétales. Il est d'autant plus significatif de
constater que les multiples sites relais en réseaux
qu'actionnent les appareils post-politiques, ont
concernant Ségolène Royal, été capables de littéralement
inonder le web d'un leurre protecteur pour invisibiliser
ce pacte qui a visiblement fait scandale et que ses
auteurs considèrent sans doute désormais comme trop
précocement avancé. Ces sites relais convergents ont
systématiquement rediffusé des déclarations antérieures
de plusieurs années qui font apparaître en première page
des moteurs de recherche, une condamnation et non une
défense de Georges Frêche par Ségolène Royal. Cette
manipulation grossière montre la force des réseaux
ségoléniens qui passent, nous en avons de multiples
preuves sur le terrain nantais, par le quadrillage de
multiples associations ou organes micro-presse
culturelle locale. Il serait en effet sans doute naïf
d'accuser les moteurs de recherche eux-mêmes comme
sujets politiques directs quoique ce soit un objet de
vigilance à ne pas oublier. Elle montre aussi la
faiblesse de l'opposition socialiste ou autre à SR,
contrairement au mythe entretenu d'un bloc TSS (Tout
Sauf Ségolène) ils n'ont dans les écosystèmes
d'expression des media et du web, pas de cohérence
stratégique résultant d'une convergence des actions
spécifiques à ces nouveaux champs d'expression. Ils ne
font pas assez nombre pour peser sur la résultante la
plus précieuse politiquement, la captation de la
première page des moteurs de recherche.
Le joueur (la joueuse) de flute
massifiante [5]
et le parrain croisé ?
Cela pourrait provisoirement baliser les quelques
interrogations urgentes que l'on suggère d'approfondir
si on refuse la tentation d'autres formules des années
30 qu'on aimerait croire anachroniques?
Une chanson des temps passés,
nous a trop de fois parlé - d'une rose sur la
chaussée... - du château d'un duc insensé et des
cygnes (des signes) dans les fossés.... et
si c'est en général au creux des désastres, c'est aussi
à l'heure où naissent les résistances.[6]
Jacky Réault
Notes de Comment
résister à la débandade de la raison
(texte de 2006, revu 2008)
Ce texte est une version un peu étoffée (en
novembre 2008, lorsque Ségolène Royal rejoint la
bande des copains de Georges Frêche) du texte
Comment résister à la débandade de la raison,
titre de la première édition
sur ce site d'un courriel de (<jacky.reault@wanadoo.fr>Date :
Wed, 15 Feb 2006 15:09:54 +0100 À :
LDH-Nantes
ldh.nantes@rezocitoyen.org Objet : Re:
Communiqué LDH "Après la « racaille », les «
sous-hommes »), envoyé à la LDH 44. Le style
originaire réactif d'un courrier explicitement
militant subsiste sans retouche, le texte étant
édité dans une Tribune, donc doublement
réfutable.
borderline diraient les psychiatres.
Guy Bois, Une nouvelle servitude, essai sur la
mondialisation. François-Xavier de Guibert.
2003.
France-Info. Information entendues lors de
l’émission débat sur la chaîne LCI le 18 février
2006 avec P. Buisson, St. Rozès, etc.
J Claude Michéa George Orwell anarchiste tory.
Editions Climats.
Sur le Langisme, ouvre l’ouvrage référentiel de
Fumarolli inventeur de la formule de l’Etat
culturel, lire la conférence du
journaliste culturel d’investigation, Jacques
Bertin sur la newsletter du Lestamp
http://www.sociologie-cultures.com,
ou
sur son propre site.
Sur le site de Jack Lang, un texte se borne à
neutraliser et à justifier l’incident rapporté à
une interpellation inattendue d’un représentant
des harkis, et ne dit mot de ce détail, "les
sous-hommes".
Sur cette courbe historique sinon évolutive (les
inversions viendront ?) Michel Del Castillo,
Sortie des artistes, De l’art à la culture,
Chronique d’une chute annoncée. Seuil 2004.
Sous la direction d’Yves Lacoste. Seuil.
[11]
citant, à propos des sociétés et
des intellectuels de la
mondialisation, Jean Delumeau, historien lui aussi de la précédente
grande crise d’un encore virtuel « occident », celle du
14° siècle.
Crise du féodalisme. P.F.N.S.P.,
1981.
Nous avons répondu par courriel à ceci :
----- Original Message -----From:
Infocom Ldh <mailto:infocom-ldh@ldh-france.org>Sent:
Monday, February 13, 2006 6:08 PM
Subject:
[infocom-ldh] Communiqué LDH "Après la «
racaille », les « sous hommes", texte intégral
en annexe.
Les trois
derniers paragraphes très remaniés sont datées des 12
novembre
2008 quand le texte initial fut revu corrigé complété.
Avant le pacte de Georges Frêche et de Ségolène
Royal qui a inspiré une postface, immédiatement
indexée à cet évènement historique, ce que
n'était pas la grossière complicité de larrons
apparemment ordinaires avec J Lang.
___________________
Notes de
la postface 2008
[1]
LEMONDE.FR
avec AFP | 18.11.08 | 17h52
Royal prend la défense de Georges
Frêche
Ségolène
Royal a estimé, mardi 18 novembre, qu'il y avait
eu "beaucoup d'injustice" envers Georges
Frêche, exclu du PS en 2007 après les dérapages
à répétition de l'homme fort de Montpellier.
LePost undi
10 novembre 2008, 18h50 : Georges Frêche
réintégré? "Ségolène Royal n'est pas une femme
de manigances." "Si
Ségolène Royal
gagne, je serai réintégré." C'est ce qu'affirme,
le plus simplement du monde, Georges Frêche,
dans Dimanche Plus, sur Canal Plus. La leader
socialiste a-t-elle donc dit à l'exclu qu'il
serait réintégré en échange son soutien? "Bien
entendu", répond le ..président du
conseil régional de Languedoc-Roussillon. On
laissera ici la question de son sexe, elle qui
joue pourtant cyniquement et hystériquement de
son genre, qui risquerait d'inclure dans
ce propos une confusion inutile, ouf
Martine Aubry est une femme. [1a]et
on le redit la conjoncture du monde depuis le 11
septembre à Manhattan et dans le monde, et plus
encore avec la crise est plutôt dans un certain
retour certes précaire des états nations que
dans leur déréliction radicale, Sur ce
point on renvoie aux analyses de l'édition 2008
de Ramsès, relative autorité en langue française
de l'analyse des conjonctures géopolitiques, et
aux analyses unanimes du retour des Etats depuis
l'automne 2008
Sur la nécessité de mettre au centre de
l'analyse, comme dans la premier vingtième
siècle, la grammaire désormais bien connue et
les enjeux (dé) civilisationnels de la
massification, on renvoie aux fondamentaux que
la sociologie disciplinaire, dans son rapport
phobique à la psychologie sociale n'enseignent
plus. (A Nantes, toujours exemplaire dans ce
registre du nivellement des savoirs non
disciplinaires, elle a été supprimée du cursus
étudiant à la rentrée 2008-9). On citera pour
mémoire outre Gustave Le Bon (ses préjugés
d'époque ne suppriment pas son rôle fondateur)
et Gabriel Tardé (sur le mimétisme), les
Essais de psychanalyse du Freud de la
Première guerre mondiale, et la synthèse
magistrale de Serge Moscovici. L'homme des
foules.
[3]Novlang, Archélang,
renvoie très
volontairement au Discours de la méthode des temps qui
adviennent, le 1984,
d'Orwell.
[4]I
Télé par exemple diffuse en direct la moindre
déclaration de SR, et ne cite que par
allusion réductrice toutes celles de la
secrétaire générale du PS, Martine Aubry qui n'a
donc plus ni voix ni discours
[5]thèmes
primordiaux de l'imaginaire germanique quand la
raison romaine du droit et ses montages
civilisationnels (P. Legendre) reculent dans les
institutions et pas seulement dans la socialité
.On sait que le personnage musique du joueur de flute
est un jeune homme séduisant dont la musique
entraîne tous les enfants dans les profondeurs
de l'étang [6]Aragon
1940, "J'ai traversé
les ponts de Cé. C'est là que tout a commencé".
Les yeux d'Elsa.1942. Seghers. 1962 p.55.
ANNEXE
COMMUNIQUÉ LDH
Paris, le 13 février 2006 Après
la « racaille », les « sous-hommes ».
Une fois de plus, le président de la Région
Languedoc-Roussillon Georges Frêche a tenu en
public des propos scandaleux. La Ligue des
droits de l'Homme s'indigne de ce que, lors d'un
rassemblement organisé par lui samedi 10 février
devant la Maison des rapatriés de Montpellier,
où il a regretté la suppression de l'alinéa 2 de
l'article 4 de la loi du 23 février 2005 qui
soulignait le „ rôle positif ‰ de la
colonisation, et vanté longuement les bienfaits
de celle-ci, il s'en est pris violemment à un
représentant d'une association de harkis. Selon
la presse, Georges Frêche a tenu les propos
suivants : « Vous faites partie des harkis qui
ont vocation à être cocus jusqu'à la fin des
temps [...] Vous êtes des sous-hommes ! Vous
n'avez rien du tout, vous n'avez aucun honneur !
» ; « les harkis se sont fait égorger comme des
porcs ». Étant donnée l'appartenance politique
de Georges Frêche et la présence du député PS du
Pas-de-Calais Jack Lang à ce rassemblement, la
Ligue des droits de l'Homme attend du Parti
socialiste une condamnation claire de ces
propos.
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