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 Sociologie politique et/ou Tribune Libre

 
     
 

 Ségolène Royal : un pacte de pouvoir avec  Georges Frêche, après le flirt d'essai de Jack Lang vers Georges Frêche. Suite à

 
  Comment résister à la débandade de la raison politique ?

 

 
 

En réaction au communiqué de la Ligue des Droits de l'Homme (LDH), 15 février 2006 sur les «propos scandaleux» de Georges Frêche[1] Revu et complété le 19 novembre 2008

 
 


Par J. Lauter,

avec une                                                                                                           nouvelle postface de Jacky Réault     

Quelle nouvelle forme alternative en gestation dans le système politique français mutant  ? 19 novembre 14 décembre 2008


Enfin, la Ligue des Droits de l'Homme française a quand même entendu les débordements mussoliniens du maire socialiste de Montpellier. On commençait à craindre que ce propos ne vienne pas et que la LDH qui s'éparpille dans tant de positions secondaires ou confuses et qui  parfois semble se confiner dans des attitudes partisanes n'en oublie ses missions fondamentales d'ordre anthropologique, avec pour nécessité de parler peu pour dire l'essentiel, au nom d'un idéal de démocratie et au service de l'esprit des lois. Ce que nous venons d’entendre ce week-end de Montpellier va même plus profond encore, aux fondamentaux d’une raison démocratique dont l’usage public de la langue est le premier marqueur. Nous sommes toujours 1984. Le novlang est toujours rampant.

Un grand notable de la république, membre éminent d’un des deux partis qui se partagent le pouvoir de la France en mondialisation, le plus haut personnage de l’État sur un vaste territoire régional, vient de s’oublier ( ?) dans le vocable de sous-homme et qui plus est en l’appliquant au représentant d’un groupe historique à qui l’histoire n’a épargné aucune de ses cruautés, les harkis, il faudrait d’ailleurs dire, si l’on n’oublie pas d’hêtre historien, les harkis survivants des massacres de l’indépendance… Un détail ?



S’oublier ou se réfléchir ?


L'essentiel c'est ici, pour nous, révélée en clair, la vérité des pouvoirs oligarchiques qui sous nos yeux se substituent à la souveraineté des peuples et au droit démocratique que seule elle peut fonder ; cette vérité n’est celle de l'ubris, la démesure tragique de l’ensemble des castes régnantes, désormais sans aucun tiers référent, fut-ce la loi (et plus seulement des soi-disant métarécits fondateurs, cibles d’une postmodernité aux frontières du nihilisme) ? Très classiquement, et c’est en cela aussi que l’histoire humaine est toujours tragique, c’est en se condensant dans une personnalité à la fois publique et limite
[2] qu’elle devient monstration, dans tous les sens étymologiques de ce terme.

Ce théâtre  certes ne vaut pas le vrai, - la catharsis suppose la sublimation d’un beau texte qui fasse communauté, l’espace commun du dialogue avec un public-peuple - , mais contentons nous en attendant mieux, - le retour d’un Vilar en Avignon  - de ce qu’il nous apprend : G Frêche n'est qu'un des représentants les moins dissimulés des oligarchies régnantes en France au temps de la mondialisation qui est aussi
désubstantialisation de la démocratie[3] Qu’est-ce qui occupe le vide de cette perte de substance dans les institutions et dans l’esprit des hommes. Beau cas, Georges Frêche est une des réponses !

La vérité de cet événement-expérimental c'est bien la culture du mépris pour tout ce qui représente le peuple - en gros (l'appartenance à une communauté de destin - ou simplement à un langage de raison civilisatrice, une nation), - ou en détail (tel sous ensemble de sans pouvoirs et sans position de scènes dans les villes archipels de la mondialisation). Ce qui nous a été donné à entendre ce dernier week-end grâce à une improbable diffusion par une chaîne habituellement plus favorable à l’un des deux grands partis du consensus mondialisé
[4], c’est l’unité d’une double rupture, rupture avec la loi comme avec le sens commun démocratique inscrit dans le langage public possible d’un représentant de la république ; un des grands esprits expert de ce lien organique entre la régression totalitaire et la subversion de la langue, George Orwell[5]
a nommé common decency ce partage de valeurs et de raison (intellectuelle et morale) commune à l’universel concret de la multitude historique à laquelle on appartient pour y être né et pour avoir été par elle humanisé. George Frêche en basculant au dehors sur une scène de pouvoir, vend la mèche mais tant d'autres pensent ainsi (dans le racisme de classe et de peuple) en restant plus hypocrites.


Un binôme quasi expérimental  Georges Frêche et Jack Lang
?

La présence et l’acquiescement tacite puis actif de Jack Lang fait de ce sociodrame une véritable achèvement en typicalité ;  l'inventeur de cet Etat culturel qui s’avère également une montagne de pouvoir, d'argent et de mépris
[6], est très complémentaire de l'énergumène de Montpellier qu'il conforte activement (qui ne dit mot consent[7]) par son immanence biographique et politique d’icône ; n'a t il pas réussi à transformer la cathédrale de l'art ouverte au peuple instaurée par André Malraux en ce prodigieux machin combinant la pensée unique étatique et contrôlée, le bazar marchand, et le nihilisme théorique et pratique du cultureux de bureaucratie et de caste substitué à l'art, à la culture cultivée[8]
comme à l'éducation populaire.

N’a t il pas été l’actif désymbolisateur (D.R. Dufour, l'art de réduire les têtes) et l'auteur du refoulement  étatique de cette immense et belle mobilisation historique à la fois lettrée et populaire, - cet impossible du sociologisme binaire qu’adorent invoquer les langues de bois politiciennes-, qu’avait engendré la conjonction séculaire du mouvement ouvrier et du militantisme des classes moyennes référés à l’école ; cette école était faite pour instruire et promouvoir et avait largement entamée sa tâche (irréductible à  la logique quasi éthologique de domination de classe du gauchisme sociologique) avant d'être dégradée y compris par ce même Jack Lang (auteur du décret sur les masters du nivellement européen du savoir fondamental  à cet autre événement moment de vérité scandaleux d’avril 2002, l'éviction du chef du parti socialiste par Jean-Marie Le Pen.. Certes d'une certaine façon n'est en cela que le digne successeur de Lionel Jospin à l’Education nationale sous la dite gauche plurielle, de 1997 entre le pédagogisme idéologisé et l'inversion des transmissions contenue dans cette exemplaire manifestation de la souveraineté du fantasme (P. Legendre) qu'est l'enfant au centre.

Deux faces de l'oligarchie, deux modalités de la re féodalisation dans la conceptualisation de Pierre Legendre, sont ainsi, et de façon malgré tout étonnante, réunies dans cet évènement au sens fort ; cette révélation expérimentale peut faire histoire pour peu que nous ayons des yeux des oreilles et de la mémoire ; bien qu’il  s'agisse, pour lui, d'une nième édition d'abus totalitaire du langage à partir d'une position institutionnelle abusée, ce nouvel écart de Georges Frêche absous par un ministre de la culture historiquement référentiel, n'a rien d'anecdotique. Une "condamnation" verbale par le PS évoquée par la LDH, ne suffirait pas à nous exonérer du devoir d'analyse.(Note de 2008, cette condamnation d'ailleurs suivie d'une exclusion est finalement advenue, mais c'est finalement ce qui semble aujourd'hui remis en question



Un symptôme mais de quoi ?


Qu'est-ce qui engendre depuis plus de vingt ans cette décrépitude morale (et intellectuelle, et pas seulement dans les institutions, les partis ou les syndicats, -allez donc voir ce que deviennent, après les IUFM et dans la même veine idéologique et nivelante, les universités dans leur rampante autonomie, ce leurre délétère ?- ), et comment se développe  ce processus de nécrose de la démocratie qui est d'abord effondrement civilisationnel et personnel de ceux qui se prétendent les "élites"  qui plus est dans les positions usurpées de "représentants".  Il ne suffit plus de dénoncer en se mettant toujours dans le camp commode de la bien-pensance, il est urgent de se risquer à penser pour de bon et d'abord de dire haut et clair que la sortie de Georges Frêche n'est pas une éructation malvenue, en quelque sorte un oubli, mais bien le passage au visible, expérimental, de la vérité profonde d'un processus , redoublé et accentué par des politiques convergentes, et qui couvre déjà un quart de siècle, touchant les sociétés de la mondialisation et ici la notre. Georges Frêche, par sa position institutionnelle (maire de grande ville président du conseil régional, cacique socialiste et tête de réseau dans un vaste sud-est), cumule de triples effets pervers,

> de la séparation oligarchique des partis et des tenants (Poulantzas, Pouvoir politique et classes sociales Maspero 1975) des si interférentes scènes médiatiques et (post?) culturelles d’avec la nation, à la fois résultante et, pour autant qu’elle ait des centre d’action, logique sinon cible politique de la mondialisation,

> d'une décentralisation certes ambivalente mais qui, (sur fond de délitement de l’Etat et de la référence à la souveraineté du peuple, de confusion libérale autour d’une dite société civile et du hochet de la proximité), tend si souvent à se résoudre  en une re féodalisation et un contournement mafieux de la loi, par de nouveaux notables au centre de leur nébuleuse clientélaire,


> et enfin d'une déstructuration sociétale malgré tout inégale et qu'il convient de différencier à dans les termes d'une géopolitique des régions françaises,[9] touchant la société du quart sud-est de la France qui condense et grossit  beaucoup des dérélictions de la société nationale mais y rajoute les siennes propres. Cette singularité relative s'inscrit contradictoirement dans son interférence avec ce qui constitue à la fois son berceau civilisationnel principal (mare nostrum, Mère Méditerranée, écrit joliment Dominique Fernandez) et, plus ambivalente, l'histoire de sa première périphérie coloniale et postcoloniale , qui se condense lourdement lorsque Georges Frêche s'oublie, c'est à dire se souvient. Il faut se souvenir aussi que ce même espace historique, - pourtant matriciel d'une vigoureuse culture démocratique, (exprimée dans la sociabilité méridionale illustrée par l'œuvre de Maurice Agulhon) -, avait engendré en 1815, la Terreur blanche . En 1962 il offre le principal terrain d'accueil, non seulement des malheureux réfugiés de la décolonisation, pieds noirs et harkis, -en tout cas ceux qui ont échappé au massacre de l'indépendance-, mais de l'OAS, ce terrorisme d'un désespoir devenu pervers de la fin du colonialisme. Il nous profile aujourd'hui un des types de personnages publics qui intègrent le plus, au risque d'en être quelque peu fêlés, les effets délétères sur les personnes, et pas seulement sur la société et le droit, d'une démocratie sans peuple  alias on le redit, désubstantialisation de la démocratie (G. Bois, op. cit...... 2003)

Cela, en revanche,  n'a rien de spécifique à notre bordure méditerranéenne, ni même à la France, mais procède de la tendance oligarchique des sociétés de la mondialisation. Frêche en sa citadelle par trop décentralisée et de facto mondialisé (via l'Europe réellement instituée, ce relai multiplicateur de déconstruction des nations), illustre à quel point il devient urgent de prendre conscience d'un noyau nihiliste (?) de la crise actuelle du monde et pas seulement de notre société. Prendre conscience mais aussi, littéralement s'insurger, comme nous l'avions suggéré en septembre 2001[10], face à une nouvelle débandade de la raison, qu'il nous semble heuristique de penser dans le vaste contexte de  la fin d'un cycle civilisationnel d'un demi millénaire après la précédente Grande crise, celle de la fin du Moyen-âge.[11] Dans cette relecture de novembre 2008, au temps de la très possible crise systémique désormais engagée (et de façon indécidable entre de dé mondialisation et/ou de sur mondialisation), la débandade de la raison s'est universalisée ; sans que l'on sache cependant si de la Chine, de l'Inde d'où surgira une raison alternative relativement universalisable aussi.


Bien à vous et merci pour cet envoi
[12].

Jules Lauter

Postface de Jacky Réault  19 Novembre 2008- 1° décembre 2008

 Ose croire, mon âme tressaillant                                                                   comme au vent glacé d'un effroi, que seule                                                                       est à considérer ta sensibilité native.

Le pacte de Georges Frêche et de Ségolène Royal

Quelle nouvelle forme alternative en gestation dans le système politique français mutant sur fond mondial réversible de désubstantialisation de la démocratie.

Georges Frêche survivant d'un autre âge ou annonciateur de temps maudits ? C'est la deuxième fois qu'il nous semble interférer dangereusement avec la politique en crise, et cette deuxième survient en cet automne 2008, au sein de la crise la plus radicale qu'ait jamais connu le rapport des sociétés humaines et du capitalisme. Une crise globale qui ne peut que radicaliser toutes les autres crises. Pour ce qui concerne la France, à une raison politique (Régis Debray) médiée par la réflexivité d'une système de représentation, dans l'écosystème sémantique et juridique jalonné par Athènes, Rome, le Paris de 1789 autour de grands récits fondateurs de peuples, semble succéder, tant au pouvoir que dans l'opposition, une régressive gouvernance de populations interpellées comme masses dans l'immédiateté d'anecdotes spectaculaires visant l'engagement pavlovien sur des affects élémentaires voire sur le çà présocial d'un autre âge des foules sans sols, au temps d'un virtuel asservissement en réseau. Un des mots d'ordres latents et même explicites de l'époque n'est-il pas le répugnant "Lâchez-vous". On ne peut imaginer meilleure devise pour Georges Frêche. Gardons nous d'un fatalisme catastrophique gros de résignation, notre récidiviste n'est jamais qu'un petit Sire de Coucy assez loin de Paris. Certes il fait cette année 2008, retour aussi par le Sénat ? Certes s'il a  finalement été exclu du PS, ce n'est pas forcément pour tout le monde. Certes il pourrait revenir dans un parti et un Etat qui auraient alors passé le cap de la post-politique, vers les rivages d'une oligarchie mondialisée régnant par les voies du non savoir binaire, de la manipulation affective, et de la spectacularisation des fonctions politiciennes, appliquées à des multitudes massifiées Mais jusque là, cela restait de la prospective fiction projetant à la limite, des tendances parmi d'autres de la société politico-médiatique. Les années 2000 ne nous montrent-elles pas, à l'inverse -  on l'a analysé ailleurs-,  des signes de retour des peuples, et même pour les savant géopoliticiens de l'ordre mondial de la publication 2008 de Ramsès, le Retour des nations. Certes s'il a abandonné sa ville à une comparse il règne tout aussi tyranniquement et à plus vaste échelle, dans l'Hôtel de région, le château a grossi sinon la raison morale de l'occupant,  mais pour nous rassurer un peu, on pouvait jusqu'à cet automne l'éprouver dans le goût amer mais réversible d'une décentralisation dévoyée et d'ailleurs désormais, au lu de robustes sondages convergents, impopulaire.

L'évènement profondément symbolique qu'a constitué en novembre 2008 le rapprochement appuyé de cette autre forme politique mal identifiée de redoutables temps nouveaux possibles, Ségolène Royal[1], en quête de voix par tous moyens pour s'approprier le parti socialiste et de Georges Frêche, théoriquement exclu de ce parti, contraint à une réinterprétation générale non seulement de la conjoncture mais des mutations structurelles accélérées, par la brutalité de Nicolas Sarkozy, du système politique. Cela se passe désormais dans une société rongée par le processus de la mondialisation et doublement fragilisée, par la grande crise qu'elle vient d'engendrer et par l'effondrement moral du système de représentation partisan tant dans le mode d'exercice de la magistrature suprême que par la déliquescence du seul parti d'opposition représentant une force significative, le PS. Dans cette situation d'où toute alternative classique à l'exercice du pouvoir semble tragiquement exclue, on ne saurait négliger ce qui se présente spectaculairement comme forme nouvelle alternative hors système par la conjonction de deux des trois personnages qui manifestent le plus leur mépris actif pour toute la tradition politique démocratique de leur pays, le troisième étant à l'Elysée donc partiellement pondéré, -il faut en tout cas l'espérer, par un rapport direct aux réalités qu'affronte l'exercice effectif du pouvoir. Georges et Ségolène indépendamment de puissants réseaux bien réels, et de leurs fiefs régionaux, ne  disposent, pour le moment dans leur rapport à l'Etat central que de la toute puissance encore largement imaginaire de leurs paroles et de leurs images sollicitées et déversées par les media avides de telles stars d'un type nouveau pour capter le "temps de cerveau humain disponible". Encore faut-il cependant ajouter qu'entre ces media centraux et les réseaux de la re féodalisation les interférences sont multiples. Nous en avons notamment au centre des sociétés de l'Ouest français dans l'ancienne Basse-Loire industrielle tendant à devenir l'estuaire des industries culturelles et créatives ( Rapports à la commission européenne dans le fil du Traité de Lisbonne) au profit d'une classe culturelle nantaise radicalement dépopularisée, de multiples et univoques manifestations.

Quelle permanence ?

Pour analyser la nouveauté du positionnement souligné de Ségolène Royal en novembre 2008, comme alliée privilégiée de Georges Frêche, à la place occupée par Jack Lang en 2006,  il importe de considérer d'abord la permanence sur la scène visibilisée par les media d'abord de cet homme, que chaque transgression semble renforcer. Comme on l'a évoqué déjà, quittant sa ville il tient la région, confiné dans ses terres il vise le sénat républicain, maître de ses clientèles locales il vise à jouer son jeu dans la crise nationale du PS, cacique régional il s'arrime à la candidate des classes parlantes mondialisées à la magistrature suprême français;  mais avait-il jamais renoncé ?  Certes aujourd'hui comme hier on style et ses actes font toujours hésiter entre des figures du passé dont l'anachronisme serait presque rassurant, caricature du colonialiste brutal ou dévoyé liguard d'entre les deux guerres à tendance caudilliste de Méditerranée occidentale. Dans l'actuelle conjoncture de crise générale évoquée plus haut, on ne peut en cependant en rester à  l'interprétation de 2006 sur le profil d'un simple candidat seigneur de la guerre prompt à dépecer l'Etat central et les instances emboitées de la loi, celle de son pays celle des instances instituées de son parti, mais finalement confiné dans son fief.

 Faut-il pour cela considérer comme caduc l'alliance, apparemment dépassée de 2006 ? Ce  duo formé entre Georges Frêche et Jack Lang qui nous avait retenu en 2006, il restait semble-t-il, par comparaison quasiment dans un modèle d'inconduite de la politique dé substantialisée de la mondialisation : le néo-féodal et le mondialiste ! On voit cela un peu  partout depuis vingt cinq  ans. On l'a vu  et ce n'est plus  une nouveauté, dans l'Etat culturel d'où Catherine Trautmann paya cher sa tentative de retour à la république. On le voit dans l'Etat de plus en plus délié des grandes "collectivités locales" à virtualités sécessionnistes ;  c'est déplaisant comme la mondialisation, les arrangements un peu mafieux, et le mépris des nations souveraines, mais on a eu le temps d'en baliser intellectuellement les périls sinon de la conjurer [1a]   Certes il faut se garder d'oublier que Jack Lang, qui a pris en 2008 parti, pour le moment, contre Ségolène Royal, reste en réserve dans la pile paradigmatique des ressources pour l'invention d'une nouvelle forme possible ;  ce communicateur hystérisant a de fortes connivences avec les modes opératoires de Ségolène Royal ; mais précisément il est sur ce plan concurrent n'ayant jamais abandonné le fantasme d'une présidence de la république à son profit ou en personnage clé auprès d'un autre ; ses velléités pas totalement inabouties d'intégrer la forme sarkozyste de la mutation en cours doivent être prises au sérieux dans une prospective, mais manifestement ce ne serait  pas avec lui que s'est profilé la forme la plus nouvelle de mutation des structures politiques. Pourtant à analyser les choses plus en profondeur, le nouveau pacte suggère l'hypothèse du rapport entre un processus de la mue structurale de la politique des sociétés de la mondialisation et les tâtonnements de qui prétend surfer sur elle pour la maîtriser à leur profit mais nécessairement dans le même sens. Une analyse structurale comparée de ces deux alliances montre un personnage pivot structurellement pivot, ce qui ne veut pas dire nécessairement principal, Georges Frêche et une classe d'équivalence d'alliés complémentaires en quête d'une forme viable encore en gestation : Jack Lang et Ségolène Royal en sont les composantes principales. Ne peut-ton pas rétrospectivement, donc historiquement suggérer que les deux jouent chaque à sa façon, une partition commune, celle de l'hystérisation communicationnelle plus démagogique pour Jack-Lang (avec le créneau jeuniste privilégié), plus massifiante mais plus virtuellement universelle pour Ségolène Royal. D'où deux thèses que nous développerons ou avons développé ailleurs

. -Thèse étroite, Jack Lang comme personnage mediatico-politique est le véritable l'inventeur du nouveau morphème de la post-politique, mais trop engoncé encore dans une génération antérieure et trop étroit dans son créneau, voire plus pusillanime dans l'exhibitionnisme et la mise en pièce de la raison du discours, il n'a pas réussi. Jack Lang ou  La Ségolène Royal inaboutie en quelque sorte ? Mais pour ce qui concerne la tendance objective du processus politique à produire par essais et erreurs, la combinaison de la post-politique mondialisée, il devait fatalement rencontrer Frêche mais jouant désormais en 2008, parmi les comparses éléphantisés par SR et les media, la combinatoire resta fugace (ou en réserve).

-Thèse large, celle que nous développons dans L'Etat culturel et ses classes, (Nantes 10 avril 2008, Lestamp, HP, communication programmée reportée), L'Etat culturel langien (voir la savoureuse caricature qu'ena fait Jacques Bertin pour Le Lestamp et le Master Culture à Nantes en 2005) dans son ensemble structurel sémantique idéologique et plus largement sociétal et civilisationnel, est l'anticipation des post-Etats de la mondialisation L'anticipateur du secteur culturel totalitaire programmé par le Traité de Lisbonne, Anticipateur expérimental, -le microcosme précédant le macrocosme-, il est crucial pour l'anthropologie politique de l'analyser comme tel, même si la crise qu'il est difficile de caractériser entre crise de (d'une nouvelle étape de..)  mondialisation et/ou crise de la démondialisation, remet en cause une partie des processus, et des politiques affectant les Etats nations sous la prédation mondialiste, quoique freinée depuis le 11 septembre 2001 (?).. Ces derniers objets de la prédation  euro-mondialisatrice, et des mobilisations idéologiques de l'identité négative antipeupliste depuis la génération des grandes séparations ( la fracture sociale d'E Todd, Fondation Saint-Simon oct 1994), sont brusquement et très hypocritement assaillis d'appels au secours aussi pathétiques que réversibles) de la part de tous les prédateurs financiers en quête d'une nationalisation de leurs monstrueuses escroqueries. Pour autant que l'on puisse analyser un comportement relativement stabilisé dans ce tout début de la Crise systémique qu'a vu éclater l'automne 2008, et qui chaque jour, et ce n'est pas une métaphore rhétorique, s'approfondit vertigineusement.

Du duo au pacte quelle nouveauté ?

Le nouveau binome entre le premier héros de cet article qui décidément  est le catalyseur, sinon évidemment l'auteur, de beaucoup des pathologies politiques plusieurs époques - et  sa nouvelle partenaire constitue un phénomène beaucoup plus inventif. D'abord en termes politiques ce n'est plus seulement un coup de main défensif c'est une alliance politique à effet immédiat et dont il faudra bien à la bénéficiaire payer les intérêts. Par sa forme et par son contenu - ce qui dans la politique spectacularo-médiatique de massification devient une opposition de plus en plus vidée de sens- ce pacte s'avère plus que virtuellement subversif des institutions républicaines (de ce qu'il en reste). A la valeur intrinsèque près des personnages, qui ne sont ici que de médiocres hologrammes,  il devrait faire penser quiconque a encore une  culture historique (sans la quelle in'y a plus de citoyens), aux duumvirats ou triumvirats des candidats monarques de la fin de la République romaine (Pompée César etc.). Ce propos dira-t-on nous propulse loin en avant dans une science politique fiction. Mais la réalité des effets politiques récoltés par les deux partenaires et spécialement pour Ségolène Royal n'a rien d'imaginaire et sa capacité subversive n'en est encore qu'à ses prémisses, et cette réalité est autrement inquiétante que ne le fut l'épisode Frêche Lang (indépendamment de son fond structural, évoqué plus haut, indépendant des personnages et qui demeure) Il donne à voir une convergence plus profonde de politiques conscientes surfant si l'on ose dire, sur des processus lourds touchant l'instauration de post-démocraties (selon la juste déclaration du président tchèque insulté dans son propre palais par l'aventurier des temps nouveaux qu'est Daniel Cohn-Bendit) dans les sociétés de la mondialisation, et pas seulement un arrangement de bêtes de scènes cherchant les caméras. On voit que l'on est passé de l'hypothèse modérée d'une pathologie de la décentralisation, (certes en danger de dérives de par les thématiques délétères et ethnicisantes de l'Europe des régions, qui reculaient d'ailleurs depuis le 11 septembre 2001 et le 21 avril 2002), à une propulsion de la scène régionale à la scène nationale des possibilités d'intervention du pivot ne demandant qu'à devenir acteur au sens plein Georges Frêche : ses objectifs visibles sont des plus clairs, au minimum reconquérir une place dans l'appareil du parti en instrumentalisation  à son profit la crise finale du PS pour en devenir aux côtés de Ségolène Royal, un des jokers, au maximum dans une alternative stratégique nationale liée au sort de Ségolène Royal au sommet des institutions de la (post?) république. Qu'on pense à l'éventuelle adéquation de son propos antimusulman et à virtualité raciste survivant de la Guerre d'Algérie du temps de Guy Mollet, avec une radicalisation huntingtonnienne d'une rampante guerre des civilisations que tant de forces mènent déjà ouvertement en France comme ailleurs en Europe et aux Etats-Unis. Et c'est évidemment cette perspective de la conjonction de la joueuse de flute de la débandade de la raison politique bien au delà des essais Frêchiens, et du parrain de croisade racialiste, que d'aucun pourraient penser terrifiante. C'est là qu'il faut désormais penser eu égard à la configuration complémentaire des deux nouveaux alliés. Pour autant évidemment que l'alliance s'approfondisse et ne s'institue dans le parti d'abord ( si c'est encore nécessaire) dans l'Etat enfin ?

Quelle singularité avec la substitution de Ségolène Royal à Jack Lang ?

 La nouveauté radicale réside en effet dans le formatage présidentiable probabilitairement crédible de la nouvelle venue sans cesse réitéré et le cas échéant induit par les media qui restent l'expression directe de la financiarisation mondialiste du "secteur culturel et créatif" qui constitue un pan fondamental, le plus totalitaire, il faut oser le mot, du Traité de Lisbonne.  Le programme du nouveau personnage féminin qui vient croiser la saga sinistre de l'homme de Montpellier, ne s'exprime t il pas résolument dans ce qu'on pourrait qualifier d'immoralisme radical d'un j'moi-mêmisme (Renaud Camus, La grande déculturation,  Fayard 2008) infantile et pervers, son Désir de ...tout, ses j'aime.. j'aime pas. Aimez-moi, Aimons nous les uns les autres (répugnante instrumentalisation du sacré !).,  qui se condensent encore mieux dans sa litanie du J'ai envie de.. sa loi et ses prophètes. Mais on ne peut en rester à une critique morale ou psychologique quoique on touche là à des composantes essentielles du nihilisme chosifiant qui est le discours latent de la mondialisation et, dans les mœurs le discours manifeste des classes parlantes qui le relaient.  En tout cela l'essentiel est qu' elle a radicalement coupé les ponts avec l'esprit des lois comme avec la common decency républicaine. A l'instar de Nicolas Sarkozy, dira-t-ton ? Certes il y a convergence, mais l'homme de Neuilly fasciné par l'hyperbourgeoisie américaine, s'ancre encore dans des références historiques et mémorielles ;  il bouscule les institutions met en pièce certains garants civilisationnels de l'ordre sociétal, le droit du travail le rapport aux temps sacrés etc.

Ségolène ou la prédation active de la raison politique en symbiose avec le discours latent des media et le discours manifeste d'une partie de leurs maîtres.

Mais c'est Ségolène Royal qui met en pièce dans ses modes d'exposition prédateurs le lien fondateur entre la raison et la politique. Son génie, si l'on peut dire est dans cette indépassable radicalité dont le pendant est dans la société comme dans le parti l'appel contre la fonction réflexive et médiatrice des représentants, aux multitudes sans culture politique, ou, au sein des audiences médiatiques, à la fraction massifiable d'individus séparés de leurs communautés, ou à certains resurgissements des communautés en perdition, tel un certain catholicisme d'ancien régime de l'ouest de la France, sa terre d'élection.  Ainsi identifié à ce niveau civilisationnel où interfèrent rien moins que le langage et la politique, cet autisme répétitif de l'affect et de l'instinct relié à une information binaire virtuellement manichéiste, serait déjà une première compréhension  utile pour des esprits névrosés et critiques (Dany Robert Dufour) issus des Lumières et de la Révolution française,  si la désintellectualisation par le haut de l'époque en cours n'avait pas tant refoulé l'intelligence de l'apport freudien et  nécrosé la culture de l'histoire nationale support irremplaçable de l'intelligence politique ! Celle qui compte, pour capter des partisans, essentiellement sur la réduction de tout message à un arc réflexe de la séduction ou de la répulsion, mu par le çà instinctif de l'émotion immédiate et de l'affectivité fusionnelle,  peut certes être pensée de façon indulgente comme le  médiocre instrument d'une mondialisation liquidatrice de toute culture politique démantelée par l'action massifiante de ses écrans financiarisés dont la fonction spécifique d'un point de vue civilisationnel, est de transformer les peuples en masses[2]  Cette autre alliance là, absolument manifeste et pour le moins structurelle, entre une candidate à la fonction républicaine suprême et les écrans de la massification, même si elle peut  être pensée comme mutuellement instrumentale ne constitue-t-elle pas déjà en elle-même un inquiétant symptôme de la crise de la culture politique démocratique reposant en son cycle de 2500 ans, depuis l'agora d'Athènes, sur un discours rationnel invoquant des valeurs fondatrices d'une communauté politique? Son extrémisme dans l'expression est une autre évidence indiscutable et c'est une prodigieuse aubaine pour les media de la spectacularisation financièrement valorisable, sans fin ni limite. Qu'importe ici de distinguer entre une hystérisation symptôme personnel et/ou jeu maîtrisé de la spectacularisation dont sont affamés les media, la psychologisation serait ici déplacée. Ce qui est manifeste aussi c'est l'audace avec laquelle  elle se surpasse sans fin, au delà de tout cynisme dans le dépassement permanent de la, jusque là, common decency politique et républicaine la plus élémentaire. On pense à sa mise en spectacle au zénith cet automne. De ce point de vue son jumeau au pouvoir, est largement surclassé quoique jouant en grande partie dans les mêmes registres.

Une psychologie ad hoc ? Mais là n'est pas la question.

Les folies de la société trouvent toujours leurs types de personnalité adaptées et d'un point de vue relativiste normales. Sur ce point toute une littérature critique du 20° siècle de Bruno Bettelheim à Georges Devereux par Emmanuel Todd, doit être relue d'urgence.

Elle en fait tant, Ségolène ( au passage notons la dépatronymisation des identités qui est plus qu'un symptôme de la crise culturelle en même temps que celle de S.G.)  avec une telle candeur délirante et mimée ou si l'on préfère, une telle impudeur déroutante, que l'analyste trop intellectualisé pourrait, guetté par la tentation légitime du simple mépris, pourrait la réduire au registre un peu vain du pur spectacle au point que sa performance politique en tant que telle ( l'emprise fusionnelle sur des esprits, finalisée sur la prise du pouvoir politique) en semblerait presque irréelle. A un autre niveau d'anlyse, le déréalisme (Devereux, Essais d'ethnopsychiatrie générale, Gallimard), référé à la raison politique sublimée de la tradition démocratique, est peut-être aussi un se ses symptômes - le paralogisme de tant de propos ne peut tenir dans la durée qu'étayé sur un fond schizoïde-; mais cette structure de la personnalité n'est-elle pas commune, - à lecture de l'ethnopsychiatrie de Devereux à D N Dufour - à nos contemporains voire à nous même ; le Todd de Le  fou et le prolétaire le confinant au 20° siècle totalitaire mériterait d'être relu avec une vision élargie. Qu'importe ce débrayage apparent d'avec une certaine réalité n'en est pas moins d'évidence chez elle manifestement exacerbé, et il est comme elle, bien réel. Les effets de son pouvoir d'influence sur une société politique à tous égards déboussolée, porté (suscité ?)  par les media financiarisés pourraient, si le corps politique (la nation instituée) ne se ressaisissait pas à temps, peser du plomb sur des populations affolées, - pensons aux années Trente-, par les effets peut-être cataclysmiques de la crise du monde qui se creuse chaque jour. Et ce jour qui pourrait être le moment d'une radicale mutation de la politique - d'ailleurs largement entamée par l'occupant actuel -,  n'est pas si lointain. Institutionnellement, l'horizon c'est trois ans et demi, mais rien ne prouve que Nicolas Sarkozy, son compère au pouvoir et rival en modernisation de la démocratie, pourra tenir jusqu'au bout. Sa propre logique d'excès - agonistique ?- face à la crise systémique va de plus en plus montrer les limites de ses verbalismes brutaux et de ses réformes prédatrices.

La vraie nature du duo  : -

- un simple épisode de la prise du pouvoir au PS ?

-le catalyseur d’une métamorphose déjà entamé du système politique français vers  une oligarchie démagogique  de media ?

-ou, déjà l’amorce d’une diarchie singulière entre un pôle jouant sur le maternalisme castrateur, tel que le décrivait déjà sur des données américaines le Georges Devereux des années 60 et un pôle caudilliste tendance réseaux clientélaires, pour rester dans une expression modérée.

- et de facto en termes d'assises territoriales dans la France-diversité de F Braudel à E Todd, une conjonction des pathologies politiques propres aux décompositions sociétales de l'Ouest français (S. R.), et des pathologies politiques d'un Sud-est (G. F) bien connu de la géopolitique critique de l'espace français (Y Lacoste et la revue Hérodote)

- La fiabilité culturelle et politique d'une telle alliance ne saurait donc s'analyser uniquement au travers de la scène centrale que nous avons principalement évoqué ici avec un rôle dominant des media, mais passerait par la mise en musique d'une résultante plus ou moins durable d'une telle conjonction qui semble dérouter, à ce niveau des cultures régionales, toute logique et tout antécédence historique.

- Peut-être donc que cette conjonction ne pourra rien fonder mais sa fonction prédatrice est d'ores et déjà irréversible sur le Parti socialiste où le renfort des voix méridionales clientélaires de son nouvelle allié  a donné à S.R. ces quasi cinquante pour cent de voix qui lui permettent de rendre la vie impossible à l'élue légitime héritière de la tradition démocratique du dernier grand parti qui pouvait en revendiquer une après l'alignement brutal de l'UMP à la tyrannie de spectacle et de réseaux de Nicolas Sarkozy.

Imaginons donc, ce qui n'est que jeu nécessaire mais purement hypothétique,  que sonne l'heure de cette alliance de Georges Frêche et de Ségolène Royal et sa victoire au sommet de l’Etat. Il le faut. Cela n’a rien d’impossible. On sait désormais que leurs sorts sont liés, mais on ne peut dans l’état actuel de la saga que comparer les attributs respectifs et non penser leur résultante, là où réside le plus grand péril. Certes elle n'a pas les mêmes modalités de brutalité, doublée sur l'insulte, genre un tantinet mineur, c'est elle qui va le plus loin dans la destruction systématique de toutes les médiations idéelles de la pensée réflexive dans un discours politique. C’est elle qui assène à jet continu des absolus réduits au binaire manichéen dans une incantation sans fin. Certes Frêche banalise l'inégalitarisme et le mépris raciste, mais c'est dans la forfanterie et le scandale dont il se délecte en narcissique vaguement ridicule, sans oublier la pêche aux voix pieds-noirs irréductibles mais c'est Royal, beaucoup plus radicale dans la prédation anthropologique, qui désymbolise tous les adultes assez âgés, - pour représenter l'autorité civilisationnelle de l'ascendance (Son père et les pères, les institutions, les statuts et valeurs de son parti), - pour être porteurs de mémoire et/ou représentants, intermédiaires démocratiques nécessaires entre populations relativement massifiés et pouvoir émetteur. Au nom de ce jeunisme à connotation toujours fascisante dans l'histoire contemporaine, les dits éléphants du PS et d'ailleurs, sont démolis en chœur par madame Royal et ses media. G Frêche est plus circonspect. D'autre part, issu des terres méridionales d'une culture juridique du préciput et du paterfamilias il pourrait avoir du mal à intégrer l'effondrement symboliques des pères qui semble l'axe biographique principal de sa comparse. Evidemment ils ont d'égales capacités à invoquer la base contre les sortants, et toute démagogie qui puisse être relayée par les media de la mondialisation, mais c'est elle qui a le plus éprouvé les virtualités lyncheuses (elle l'a prouvé) du jeunisme, d'un pseudo-féminisme rance, de l'encouragement donné à délation dressée contre de supposés déviants sexuels.

 En tout cas l'ensemble ainsi collecté à charge des réalités manifestes et des perceptions plus largement admises de son action que thésaurisent ses détracteurs, apporte plus d'arguments qu'il n'en faut à  Lionel Jospin qui a eu la contr'audace - alors que la candidate de la légitimité d'une tradition politique séculaire, Martine Aubry,  semble médusée et déjà vaincue -  de radicaliser une interprétation fondé sur la comparaison historique. Selon lui SR, dont le discours constitue la plus radicale et élémentaire novlang[3] d'une époque qui, à l'instar des années Trente, en a vu surgir de partout, fait irrésistiblement penser quiconque garde une culture historique, à ce néo-socialisme d'avant-guerre ( et d'abord de Marcel Déat), qui fut d'abord, sous couvert d'appels plus ou moins hystérisés à la modernisation,  une des modalités du fascisme auquel il se rallia au détour la défaite.

Quelles défaites pour quelle mutation ?

 Les défaites qui nous guettent à cette orée d'une crise systémique sans précédent dans l'histoire humaine, seront d'un autre ordre que l'effondrement militaire - et d'abord moral sans doute - de juin 1940, mais elles sont aussi prévisibles qu'elles sont déjà légions, morales, intellectuelles,  politiques, sociales, quoique  aucune ne soit jamais fatale. Peut-être Jospin exagère t il  par dépit ? L'homologie heuristique et critique ne saurait dispenser de l'analyse nécessaire de multiples et radicales nouveautés sans sombrer dans les leurres, gros d'impuissance présente, de l'anachronisme. Notre thèse est que toute interprétation et donc toute prospective concernant SG doit passer désormais par l'évaluation de la résultante que peut engendrer son duo avec GF. Notre intuition d'historien c'est qu'il est possible sinon sur qu'avec cette rencontre de deux modes de perversions politiques, également avérées, c'est là que tout a commencé[3]. Tout mais quoi ? Le duo dont la radicalité de la lutte au sein du parti socialiste et l'incroyable partage en deux a précipité ressemble à tout sauf à une anecdote mais peut-on déjà dire que vient de se profiler une diarchie ? Les personnalités d'évidence complémentaires, (mais on ne sait rien de leur compatibilité durable) et leur conjonction appelée à durer ( la conquête du pouvoir reste à faire), renvoient plutôt à un récit noir désormais embrayé, profondément troublant, terriblement suggestif.. Mais de quoi ? L'histoire qui galope en ces années 2000, risque de vite trancher. Il importe que dans cette histoire encore suspendue, il reste des sujets pour la faire. Les sujets c'est tout ce que tout, de la mondialisation à la déresponsabilisation idéologique relayée par le sociologisme, en passant par les media massifiant, tend à détruire. Devereux notait déjà dès les Essais d'ethnopsychiatrie générale que c'est l'adulte normal, concept anthropologique très précisément élaboré, qui tendait à s'effacer. Mais ce sont aussi dans le registre du politique les sujets collectifs qui semblent plus cruellement encore, aujourd'hui faire défaut. Un sujet historique c'est toujours la combinaison d'une conscience (si possible réflexive en l'occurrence mais ce n'est hélas pas général) et d'une force sociale indexée à des ensembles sociaux aux intérêts et aux valeurs relativement unifiables, au sein d'un Etat ou pour en détruire ou construire un. Pensons en attendant mieux (toutes les forces organisées classiques des deux siècles précédents, s'étant à peu près effondrées symboliquement et politiquement), à cultiver au moins ce qui dépens de nous, la réflexion, et pour cela le savoir, notamment historique, la vigueur critique, et la vertu de force.

Quel jeu sur les champs nouveaux de la lutte politique entre ce qui dépend de "nous", sous réserve de réseaux, le web, et ce qui n'en dépend plus depuis longtemps, le pouvoir médiatique ?

Désormais c'est entre la spectacularisation dépolitisante du politique par les media[4]   et la relative anarchie de l'expression - cependant très manipulée par les réseaux- par le canal des sites web relayée par les moteurs de recherche, qu'l convient de chercher les symptômes visibilisés des transformations sociétales. Il est d'autant plus significatif de constater que les multiples sites relais en réseaux qu'actionnent les appareils post-politiques, ont concernant Ségolène Royal, été capables de littéralement inonder le web d'un leurre protecteur pour invisibiliser ce pacte qui a visiblement fait scandale et que ses auteurs considèrent sans doute désormais comme trop précocement avancé. Ces sites relais convergents ont systématiquement rediffusé des déclarations antérieures de plusieurs années qui font apparaître en première page des moteurs de recherche, une condamnation et non une défense de Georges Frêche par Ségolène Royal. Cette manipulation grossière montre la force des réseaux ségoléniens qui passent, nous en avons de multiples preuves sur le terrain nantais, par le quadrillage de multiples associations ou organes micro-presse culturelle locale. Il serait en effet sans doute naïf d'accuser les moteurs de recherche eux-mêmes comme sujets politiques directs quoique ce soit un objet de vigilance à ne pas oublier. Elle montre aussi la faiblesse de l'opposition socialiste ou autre à SR, contrairement au mythe entretenu d'un bloc TSS (Tout Sauf Ségolène) ils n'ont dans les écosystèmes d'expression des media et du web, pas de cohérence stratégique résultant d'une convergence des actions spécifiques à ces nouveaux champs d'expression. Ils ne font pas assez nombre pour peser sur la résultante la plus précieuse politiquement, la captation de la première page des moteurs de recherche. 

Le joueur (la joueuse) de flute massifiante [5] et le parrain croisé ? Cela pourrait provisoirement baliser les quelques interrogations urgentes que l'on suggère d'approfondir si on refuse la tentation d'autres formules des années 30 qu'on aimerait croire anachroniques?

   Une chanson des temps passés, nous a trop de fois parlé - d'une rose sur la chaussée... - du château d'un duc insensé et des cygnes (des signes) dans les fossés.... et si c'est en général au creux des désastres, c'est aussi à l'heure où naissent les résistances.[6]

Jacky Réault
 


 


Notes de Comment résister à la débandade de la raison (texte de 2006, revu 2008)

[1] Ce texte est une version un peu étoffée (en novembre 2008, lorsque Ségolène Royal rejoint la bande des copains de Georges Frêche) du texte Comment résister à la débandade de la raison,  titre de la première édition sur ce site d'un courriel de  (<jacky.reault@wanadoo.fr>Date : Wed, 15 Feb 2006 15:09:54 +0100 À : LDH-Nantes ldh.nantes@rezocitoyen.org Objet : Re: Communiqué LDH "Après la « racaille », les « sous-hommes »), envoyé à la LDH 44. Le style originaire réactif d'un courrier explicitement militant subsiste sans retouche, le texte étant édité dans une Tribune, donc doublement réfutable.
[2] borderline diraient les psychiatres.
[3] Guy Bois, Une nouvelle servitude, essai sur la mondialisation. François-Xavier de Guibert. 2003.
[4] France-Info. Information entendues lors de l’émission débat sur la chaîne LCI le 18 février 2006 avec P. Buisson, St. Rozès, etc.
[5] J Claude Michéa George Orwell anarchiste tory. Editions Climats.
[6] Sur le Langisme, ouvre l’ouvrage référentiel de Fumarolli inventeur de la formule de l’Etat culturel,  lire la conférence du journaliste culturel  d’investigation, Jacques Bertin sur la newsletter du Lestamp http://www.sociologie-cultures.com, ou sur son propre site.                                                                                   [7] Sur le site de Jack Lang, un texte se borne à neutraliser et à justifier l’incident rapporté à une interpellation inattendue d’un représentant des harkis, et ne dit mot de ce détail, "les sous-hommes".
[8] Sur cette courbe historique sinon évolutive (les inversions viendront ?) Michel Del Castillo, Sortie des artistes, De l’art à la culture, Chronique d’une chute annoncée. Seuil 2004.
[9] Sous la direction d’Yves Lacoste. Seuil.
[10] J Réault, Apocalypse à Manhattan. In Libre Prétexte. Nantes, Lestamp 2002, reproduit in Pour un lieu commun des sciences sociales, la newsletter Lestamp, www.sociologie.cultures.                                                                [11]Emprunté à Guy Bois citant, à propos des sociétés et des intellectuels de la mondialisation, Jean Delumeau, historien lui aussi de la précédente grande crise d’un encore virtuel « occident », celle du 14° siècle.  Crise du féodalisme. P.F.N.S.P., 1981.                                                                                                                                   
[12] Nous avons répondu par courriel à ceci : ----- Original Message -----From: Infocom Ldh <mailto:infocom-ldh@ldh-france.org>Sent: Monday, February 13, 2006 6:08 PM Subject: [infocom-ldh] Communiqué LDH "Après la « racaille », les « sous hommes", texte intégral en annexe. Les  trois derniers paragraphes très remaniés sont datées des 12 novembre 2008 quand le texte initial fut revu corrigé complété. Avant le pacte de Georges Frêche et de Ségolène Royal qui a inspiré une postface, immédiatement indexée à cet évènement historique, ce que n'était pas la grossière complicité de larrons apparemment ordinaires avec J Lang.                                                                                                                            ___________________

Notes de la postface 2008

[1] LEMONDE.FR avec AFP | 18.11.08 | 17h52 Royal prend la défense de Georges Frêche Ségolène Royal a estimé, mardi 18 novembre, qu'il y avait eu "beaucoup d'injustice" envers Georges Frêche, exclu du PS en 2007 après les dérapages à répétition de l'homme fort de Montpellier. LePost  Lundi 10 novembre 2008, 18h50 : Georges Frêche réintégré? "Ségolène Royal n'est pas une femme de manigances." "Si Ségolène Royal gagne, je serai réintégré." C'est ce qu'affirme, le plus simplement du monde, Georges Frêche, dans Dimanche Plus, sur Canal Plus. La leader socialiste a-t-elle donc dit à l'exclu qu'il serait réintégré en échange son soutien? "Bien entendu", répond le ..président du conseil régional de Languedoc-Roussillon. On laissera ici la question de son sexe, elle qui joue pourtant cyniquement et hystériquement de son genre, qui risquerait d'inclure dans ce propos  une confusion inutile, ouf Martine Aubry est une femme.                                                                                              [1a]et on le redit la conjoncture du monde depuis le 11 septembre à Manhattan et dans le monde, et plus encore avec la crise est plutôt dans un certain retour certes précaire des états nations que dans leur déréliction radicale,  Sur ce point on renvoie aux analyses de l'édition 2008 de Ramsès, relative autorité en langue française de l'analyse des conjonctures géopolitiques, et aux analyses unanimes du retour des Etats depuis l'automne 2008       [2] Sur la nécessité de mettre au centre de l'analyse, comme dans la premier vingtième siècle, la grammaire désormais bien connue et les enjeux (dé) civilisationnels de la massification, on renvoie aux fondamentaux que la sociologie disciplinaire, dans son rapport phobique à la psychologie sociale n'enseignent plus. (A Nantes, toujours exemplaire dans ce registre du nivellement des savoirs non disciplinaires, elle a été supprimée du cursus étudiant à la rentrée 2008-9). On citera pour mémoire outre Gustave Le Bon (ses préjugés d'époque ne suppriment pas son rôle fondateur) et Gabriel Tardé (sur le mimétisme),  les Essais de psychanalyse du Freud de la Première guerre  mondiale, et la synthèse magistrale de Serge Moscovici. L'homme des foules.                                                        [3]Novlang, Archélang, renvoie très volontairement au Discours de la méthode des temps qui adviennent, le 1984, d'Orwell.                                                                                                                                                                    [4]I Télé par exemple diffuse en direct la moindre déclaration de SR, et ne cite que par allusion réductrice toutes celles de la secrétaire générale du PS, Martine Aubry qui n'a donc plus ni voix ni discours                           [5]Il importe de ne pas oublier les thèmes primordiaux de l'imaginaire germanique quand la raison romaine du droit et ses montages civilisationnels (P. Legendre) reculent dans les institutions et pas seulement dans la socialité .On sait que le personnage musique du  joueur de flute est un jeune homme séduisant dont la musique entraîne tous les enfants dans les profondeurs de l'étang                                                                                                                                                                       [6]Aragon 1940, "J'ai traversé les ponts de Cé. C'est là que tout a commencé". Les yeux d'Elsa.1942. Seghers. 1962 p.55.

ANNEXE

COMMUNIQUÉ LDH
Paris, le 13 février 2006   
Après la « racaille », les « sous-hommes ».

Une fois de plus, le président de la Région Languedoc-Roussillon Georges Frêche a tenu en public des propos scandaleux. La Ligue des droits de l'Homme s'indigne de ce que, lors d'un rassemblement organisé par lui samedi 10 février devant la Maison des rapatriés de Montpellier, où il a regretté la suppression de l'alinéa 2 de l'article 4 de la loi du 23 février 2005 qui soulignait le „ rôle positif ‰ de la colonisation, et vanté longuement les bienfaits de celle-ci, il s'en est pris violemment à un représentant d'une association de harkis. Selon la presse, Georges Frêche a tenu les propos suivants : « Vous faites partie des harkis qui ont vocation à être cocus jusqu'à la fin des temps [...] Vous êtes des sous-hommes ! Vous n'avez rien du tout, vous n'avez aucun honneur ! » ; « les harkis se sont fait égorger comme des porcs ». Étant donnée l'appartenance politique de Georges Frêche et la présence du député PS du Pas-de-Calais Jack Lang à ce rassemblement, la Ligue des droits de l'Homme attend du Parti socialiste une condamnation claire de ces propos.

 

 
 

 

 


 


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